Un jeune prodige construit et fait voler un avion bimoteur : Berrechid en émoi


Nezha Mounir
Vendredi 31 Aout 2012

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En inventant son petit avion, Mohamed Nahmed n’a pas produit l’effet escompté. Source de tracas, son invention est loin de lui valoir toute l’admiration méritée. Certes, il a été médiatisé mais plus pour l’intérêt que lui ont porté les sécuritaires que pour l’invention elle-même. Et pourtant, les inventeurs ne courent par les rues encore moins ceux d’avions. Ceci est d’autant plus vrai qu’au Maroc la recherche scientifique est le parent pauvre du système éducatif.
L’information a été relayée, dans un premier temps par divers sites électroniques. Un jeune Marocain, originaire de douar Lahssasna, près de la ville de Berrechid âgé de 22 ans a inventé un petit bimoteur avec une puissance à 12 chevaux, d'une longueur de 3 mètres, d'une envergure de 4 mètres et 64 centimètres. Fabriqué avec du matériel rudimentaire, l'avion pèse 140 kg et il est  doté de deux moteurs de voiture à essence d’une capacité de six litres chacun. Nul besoin donc de kérosène. Dans les airs, l’appareil pourrait voler pendant 20 minutes à une vitesse maximale de 200 km/h. D’ailleurs, le petit avion aurait fait ses preuves dans le ciel de Berrechid. Effectuer un essai en l’absence de toute autorisation de vol n’a sans doute pas été du goût des sécuritaires.
Certes, c’est une grande prouesse technologique, mais cela fait quand même désordre aux yeux des autorités. Un vent de panique les a fortement secouées. C’est dans cet esprit qu’une  délégation composée de membres de la Gendarmerie Royale et de la DST a rendu visite au jeune homme. Il y va de la sécurité de l’Etat et des citoyens. Dans ce cadre, moult questions méritent d’être élucidées. Et puis un encadrement s’impose afin qu’une telle invention ne soit utilisée à mauvais escient.
Quoi qu’il en soit, le jeune homme ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. La presse rapporte à cet effet que notre inventeur a déjà entamé la construction d’un second appareil. Et pourquoi pas un hélicoptère. En tous les cas, c’est l’ambition de ce génie des temps modernes dont le cursus scolaire, précisons-le, s’est arrêté au   baccalauréat (sciences expérimentales).
Espérons que tous les fâcheux remous provoqués par cette affaire ne seront plus qu’un lointain souvenir et que les prouesses  scientifiques  de Mohamed Nahmed finiront par susciter l’intérêt des responsables du département de la recherche scientifique. Peut-être bien qu’il rejoindra les rangs d’un quelconque établissement de l’aviation civile où ses dons seront mieux exploités. Le Maroc gagnerait à encourager les porteurs de projets de grande envergure.

Nezha Mounir
Vendredi 31 Aout 2012
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