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Comédienne, romancière et réalisatrice française, Sylvie Testud a maintes fois été
récompensée pour ses
prestations. Elle a reçu le César de la meilleure actrice et le Prix Lumière pour
«Stupeur et tremblements» d’Alain Corneau et, entre autres, le Prix de la
meilleure actrice européenne pour son interprétation
dans “Lourdes” de Jessica Hausner.
La copine de mistoufle de
la “Môme” dans le film d’Olivier Dahan était, cette année, membre du jury de la compétition “Ciné-Ecoles” du Festival international
du film de Marrakech.
Entretien.
Libé: Vous découvrez pour la première fois le Royaume. Quel regard portez-vous sur le 7ème art marocain?
Sylvie Testud : Je sens qu’au Maroc il y a une véritable énergie créatrice. Je suis surprise de la cinéphilie et de l’engouement. Par exemple, la salle du Palais des congrès de Marrakech était remplie pour toutes les projections. Je voudrais que le cinéma marocain se développe encore et qu’il devienne plus grand public.
Que pensez-vous des jeunes réalisateurs en compétition?
Je suis admirative de leur travail. Les courts-métrages que nous avons visionnés ne sont pas scolaires et ne ressemblent pas à des films d’école. Bien au contraire, ils semblaient être de véritables films d’auteur.
Me concernant, je viens d’une famille modeste d’origine italienne qui mettait tous ses espoirs en l’école. Le problème est que, quand un jour dans sa vie on a été scolaire, il est très difficile d’acquérir une liberté après coup et de se détacher de ce schéma pointilleux.
Ce n’est pas forcément une bonne chose que d’être bon élève. Par exemple, mon fils veut devenir musicien, et il est très difficile de lui donner un espace de liberté tout en le laissant commettre des erreurs. Se tromper fait partie de l’être humain et il faut prendre ce risque.
Quand vous avez visionné ces 10 films, tous ne vous ont pas forcément plu.
Il y a bien évidemment des images et des acteurs qui nous ont touchés plus que d’autres. Le jury n’avait aucunement envie de se dresser en critique. Nous avons alors décidé de discuter de nos préférences plutôt que de procéder à la destruction des différentes œuvres, car cela n’est en rien constructif.
Une thématique particulière s’est-elle dégagée de ces œuvres?
Nous avons souvent suivi des histoires familiales avec une figure patriarcale forte. Nous avons perçu des envies de liberté, pour se démarquer des us et coutumes prégnants. En somme, beaucoup d’énergies positives qui encouragent à aller de l’avant.
Ces courts-métrages sont souvent associés au sexe ou à la violence. Qu’en pensez-vous ?
Cela donne matière à réflexion. Ceci dit, le travail de l’artiste est de proposer des réflexions sur des sujets qui l’interpellent. Il est donc important de ne pas s’autocensurer.