Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Recherche plombier, pâtissier, mécanicien, pour expérience unique sur la banquise




Recherche plombier, pâtissier, mécanicien, pour expérience unique sur la banquise
En quête du grand frisson? L'Institut polaire français a lancé une campagne de recrutement sur Internet pour trouver des volontaires parlant le français prêts à vivre pendant un an une expérience unique: biologistes, vétérinaires, mais aussi mécaniciens, plombiers et même pâtissiers.
Basé près de Brest en Bretagne (ouest), l'Institut polaire Paul-Emile Victor (IPEV) est chargé de financer et de mettre en oeuvre les programmes de recherche français dans les régions polaires, en collaboration avec des laboratoires internationaux. Avis aux amateurs de l'extrême: une quarantaine de personnes sont invitées à rejoindre l'une des six bases scientifiques situées dans l'Arctique (Spitzberg), l'Antarctique (Dumont d'Urville et Concordia) et les îles subantarctiques (Amsterdam, Crozet et Kerguelen). "Chaque année, nous recrutons du personnel pour relever celui en place", explique à l'AFP Laurence André Le Marec, responsable du recrutement.
Sur les 40 postes offerts, trente sont réservés à des volontaires de service civique, nourris et logés et dont la rémunération est de 1.024 euros nets par mois.
Bardeur, magasinier, menuiser, plombier, mécanicien, électronicien, logisticien, biologiste, chimiste, mais aussi scaphandrier, vétérinaire, boulanger ou encore pâtissier... la palette des métiers concernés est vaste et parfois l'institut peine à attirer les candidats qu'il lui faut.
"On reçoit beaucoup de profils de biologistes mais pas assez de mécaniciens ou d'outilleurs car ces derniers ne nous connaissent pas", regrette Mme André Le Marec.
Au-delà des compétences requises, tout le monde n'est pas en mesure de vivre pendant un an, voire 14 mois, loin de tout.
"Il faut être passionné par son métier, mais aussi en bonne santé", souligne la responsable du recrutement.
Les candidats à l'aventure passent une visite médicale d'aptitude, qui inclut des tests psychologiques.
"On vérifie qu'ils sont aptes physiquement à faire ce type de mission et, psychologiquement, qu'ils sont aptes à vivre sur un site isolé, en collectivité et dans des conditions parfois extrêmes".
Le prochain mécanicien qui partira travailler sur la base Concordia, au coeur du continent Antarctique, au sein d'une équipe franco-italienne de 14 personnes en hiver (de mi-février à octobre) et d’une soixantaine en été, devra ainsi supporter des températures pouvant atteindre les -80°!
"Pas de retour possible en cours d'hivernage", prévient d'emblée la fiche de poste disponible sur le site de l'institut.
Concordia est l'une des trois bases permanentes situées à l'intérieur des 14 millions de kilomètres carrés du continent antarctique, l'une des régions les plus isolées et inhospitalières de la planète.
"Toutes les bases ne sont pas sur ce niveau de température", s'empresse de souligner Laurence André Le Marec.
Le biologiste qui sera recruté sur l'île d'Amsterdam, à la limite des océans Indien et austral, pourra travailler "en tee-shirt", assure-t-elle.
"C'était génial", se souvient Claire Le Calvez, ancienne hivernante sur la base de Dumont d'Urville, en 2003, en tant que chimiste-glaciologue, puis en 2005 lors du premier hivernage à Concordia en tant que responsable technique.
"Au niveau découverte du milieu naturel, c'est génial, ce sont des souvenirs dont on garde la trace toute sa vie", explique-t-elle à l'AFP.
"Ça change complètement la façon de voir les choses de se retrouver au pied d'icebergs qui font 40 mètres de haut, c'est exceptionnel", poursuit cette chimiste embauchée à l'IPEV, qui compte une cinquantaine de permanents, à la suite de son séjour sur la base Dumont d'Urville.
Celle-ci est connue pour son blizzard, ses longues nuits polaires et ses vents pouvant dépasser les 300 km/h.
Mais les femmes restent peu nombreuses sur les bases de l'institut polaire. D'ailleurs, jusqu'en 2000 l'hivernage leur était interdit en Antarctique. A Dumont d'Urville, il n'y a actuellement que six femmes pour 24 hommes.
"Je n'arrive pas à avoir la parité", regrette Laurence André Le Marec.
Pour inciter davantage de femmes à se porter candidates, l'Institut polaire a, pour la première fois cette année, produit six vidéos dans lesquelles six anciennes hivernantes témoignent de leur expérience.

 

Mercredi 14 Février 2018

Lu 190 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Archives | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | Rebonds | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










Mots Croisés