Quand Attajdid s’en prend à 2M : La télévision qui fait peur aux islamistes


N.R
Mardi 27 Mars 2012

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A travers son ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, le PJD entend avoir la mainmise sur les médias publics. Dans cette entreprise de contrôle, c’est particulièrement 2M qui est visé. Cette télévision dérange et sa liberté de ton ne semble pas du tout être du goût des islamistes au pouvoir. Vendredi, un éditorial d’Attajdid, le journal du PJD dont l’ancien directeur n’était autre que Mostafa El Khalfi, est venu confirmer la nervosité de la famille politique d’Abdelilah Benkirane face à une télévision qui lui échappe. C’est la dernière édition de « Moubacharatane maakoume », brillamment animée par Jamaa Goulahcen, qui a agacé les PJDistes. Consacrée à l’affaire Amina Filali et à la violence faite aux femmes, l’émission a eu un taux d’audience record, avec plus de 2 millions de téléspectateurs. Pour le PJD, la table ronde n’était pas représentative car les oulémas n’y étaient pas conviés. Que feraient les hommes de religion dans un débat consacré au code pénal et à la suppression d’un article qui absout un violeur s’il épouse sa victime ? Pour les islamistes  aux commandes du pouvoir, et malgré la présence d’officiels sur le plateau, les franges les plus conservatrices de la société devaient être invitées à l’émission, pensant sûrement à ceux qui font des fatwas autorisant le mariage des petites filles de 9 ans.  
Péremptoire, l’éditorialiste d’Attajdid décrète que le vent de la démocratie n’a pas soufflé sur 2M. Probablement parce qu’avec courage et professionnalisme, cette télévision n’hésite jamais à braquer les projecteurs sur les maux de la société marocaine et que les Marocains n’ont pas besoin de voir ailleurs pour découvrir l’horreur : petites bonnes frappées jusqu’à la mort, pédophilie, suicide d’une victime mariée à son violeur…
Difficile  de reprocher à cette télévision de contribuer à l’information de l’opinion publique, à l’évolution des mentalités et surtout à faire bouger les lignes. Au lieu de crier au loup et à la théorie du complot, « Attajdid », en porte-parole des islamistes du gouvernement, devrait tirer les enseignements d’un débat télévisé consacré à l’affaire de Larache. Mercredi, « Moubacharatane maakoume » a fait 25% de parts d’audience.  Le décryptage  du thermomètre de la  société est un exercice qui visiblement échappe au PJD dont  deux ministres, Bassima Haqqaoui et Mostafa Ramid  sont directement concernés par les causes du suicide d’Amina Filali.

N.R
Mardi 27 Mars 2012
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