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“Moulat El Kheir’’, premier social business monté au Maroc

La pomme de terre dans tous ses états pour répondre à des besoins sociaux à Berrechid




 Muhammad Yunus, économiste et entrepreneur bangladais connu pour avoir fondé, en 1976, la première institution de microcrédit, la Grameen Bank, qui lui avait, d’ailleurs, valu en 2006, le prix Nobel de la paix était à Casablanca pour participer à la 3è édition des ‘’Rencontres Responsabilité & Performance’’ qui se tient les 1er et 2 novembre sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI et dont  ‘’L'innovation sociale au service d’une croissance durable’’, en est le thème.
Mercredi s’est donc tenu un point de presse dans un hôtel de la place afin de présenter un projet de 3 MDH auquel on aura conféré la douce appellation toute de chez nous et qui en dit long sur la culture de sociabilité au Maroc, «Moulat El Kheir». Le projet en lui-même, né de la coopération entre, justement, le prix Nobel de la Paix Muhummad Yunus, l'entreprise canadienne McCain et trois acteurs marocains de l'agroalimentaire à savoir Agropros (production et distribution de semences), Label'Vie (grande distribution) et Yozifood (distribution produite de la mer et pommes de terre auprès des professionnels) consiste à la culture et à la distribution de la pomme de terre. La réalisation de ce premier projet « social business » est tout à fait dans l’esprit du prix Nobel de la paix, l’un des principaux acteurs du développement inclusif et durable et partisan d’un modèle entrepreneurial à forte valeur ajoutée sociale.
Dans un premier temps et à partir de janvier 2018, on aura porté le choix du projet-pilote, à la région de Casablanca-Settat, à Berrechid au Douar Lambarkyne plus exactement. Ce projet qui devrait bénéficier à des ouvriers agricoles en extrême pauvreté et soutiendrait la scolarité des petites filles (quelque 300 écolières) dans la région de Berrechid, impactera une quinzaine de familles rurales. Les ouvriers de la société Moulat El Kheir en plus de la couverture sociale verraient leur salaire grimper à plus de douze fois.  
Louable quand on sait que, selon le HCP, le Maroc compte quelque 1,6 million de personnes touchées par la précarité et que près de 80% étaient issues du monde rural.
D’un autre côté, les actionnaires dans un premier et qui ont investi dans ce projet ne toucheront aucun dividende et ne récupèreront donc leur investissement que bien des années après, les bénéfices générés seront injectés dans Moulat El Kheir à des fins de pérennité pour rester fidèle aux principes du pionnier du “social business”:  «On démarre tout petit pour mieux se développer. Plusieurs « social business » montés au Bangladesh sont maintenant de grosses structures qui respectent toujours ces mêmes valeurs ».
La culture de la pomme de terre de Moulat El Kheir est aussi un acte écoresponsable car elle devrait, par respect pour l’environnement, se faire par rotation, histoire de ne pas épuiser les sols, céréales et légumineuses lui emboiteront le pas.
La patate de Moulat El Kheir dans tous ses états (rouge, blanche, ou les deux, bio ou frites) produite en ces contrées n’aura donc pas à craindre grand-chose quant aux aléas du démarrage et à son proche avenir, Agropros sans trompette de la renommée, s’étant engagé à acheter les invendus.  Quant au groupe des Canadiens Mc Cain et le partenaire de Carrefour, Label’Vie, si les premiers mettent en avant l’homme par rapport à l’entreprise, la seconde même à perte est prête à vanter ce produit des nouveaux temps dans ses rayons. Yozifood se chargera de la vente des frites aux restaurants que des ouvrières harizies se sont occupées de transformer ainsi.

Mohamed Jaouad Kanabi
Samedi 4 Novembre 2017

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