Mohamed Ali Essaghraoui : Il est très difficile de filmer la vraie vie et les sentiments des gens


C.C
Dimanche 19 Décembre 2021

Comment s’est déroulée votre collaboration avec Merieme Addou ?
C’était notre première collaboration et tout s’est très bien passé. En travaillant avec Merieme Addou, j’ai découvert une personne très ouverte d'esprit et qui ne néglige aucune proposition. De plus, elle prend toutes les situations avec le sourire. Et surtout beaucoup de recul dans le cas des situations les plus tragiques. 

Y a-t-il une différence entre vos projets pour le cinéma et ce documentaire?
Certes, il y a des différences. Mais il ne faut pas oublier que le documentaire c’est du cinéma en quelque sorte. Cela dit, j'avais plus de liberté pour faire ce dont j’avais envie. Pour tester et pour filmer à nouveau. Pour cela, Merieme a été très compréhensive. Elle m’a entièrement fait confiance.

Avez-vous rencontré des difficultés particulières lors du tournage ?
C’est vrai qu’il est très difficile de filmer la vraie vie et les sentiments des gens. Et techniquement, c'était aussi très difficile parce que j'étais seul : pas d'assistant caméra, pas de département lumière. Et à chaque fois je devais tourner avec une caméra différente car au début les moyens étaient très limités.

Quelles sont la part de préparation et la part d'improvisation lors du tournage ?
Il y a une séquence qui répond parfaitement à votre question, en l'occurrence quand Ghita parle au téléphone au mari de sa fille. Au départ, l’idée initiale consistait à filmer Ghita racontant à son ami les procédures et les obstacles qu’elle rencontre pour divorcer. Mais pendant que nous tournions cette séquence, elle reçoit l’appel du mari de sa fille. Une des meilleures séquences du documentaire alors qu’on aurait jamais imaginé y assister et la capturer. 

Le documentaire a été produit sur plusieurs années. Cette situation a-t-elle été difficile à gérer pour vous ?
Pas vraiment. Comme vous le savez, la fiction est un genre cinématographique techniquement plus difficile. Mais humainement, quand Latifa est morte, j'étais très triste. Je n'arrivais pas à le croire et à m’adapter à cette réalité.  Je peux dire que c'est la situation la plus compliquée que j’ai eu à gérer.  Parce que j'étais très confus. Après la disparition de Latifa, je ne savais pas comment filmer de nouveau dans sa maison et avec sa famille. Elle était mon amie.

Propos recueillis par C.C

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C.C
Dimanche 19 Décembre 2021

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