Les minerais critiques constituent aujourd’hui l’ossature invisible de secteurs stratégiques majeurs : mobilité électrique, transition énergétique, semi-conducteurs, infrastructures d’intelligence artificielle ou encore technologies de défense. Toute rupture d’approvisionnement ou volatilité excessive des prix se répercute désormais bien au-delà des marchés, affectant directement la stabilité économique mondiale et les équilibres de sécurité. Ces ressources ne sont plus perçues comme de simples commodités, mais comme de véritables actifs souverains.
Une cinquantaine de pays, réunissant les Etats du G7, pour contrecarrer la chine
C’est dans cet esprit que plus de cinquante pays, réunissant les Etats du G7, des producteurs émergents et des exportateurs clés, se sont retrouvés à Washington à l’occasion d’un Conseil ministériel consacré aux minerais critiques. Les échanges ont porté sur le renforcement de la coopération internationale autour des chaînes d’approvisionnement, avec une attention particulière accordée aux enjeux économiques, industriels et de sécurité nationale.
A cette occasion, le vice-président américain J.D. Vance a présenté une initiative visant la création d’une zone commerciale préférentielle dédiée aux minerais critiques. Cette proposition prévoit l’instauration de prix plancher à différents niveaux de la chaîne de valeur, dans le double objectif de stabiliser les marchés et de protéger les producteurs partenaires face à une concurrence à bas coûts, associée aux chaînes d’approvisionnement chinoises.
Une telle approche marque une rupture notable avec les pratiques traditionnelles, la formation des prix ayant historiquement été laissée aux seuls mécanismes du marché. Elle pourrait ainsi annoncer une inflexion structurelle profonde dans la manière dont des ressources comme les terres rares, le lithium, le cuivre ou le cobalt sont désormais valorisées à l’échelle mondiale.
Les Etats-Unis, premier stock stratégique de minerais critiques
Parallèlement, les États-Unis ont annoncé la constitution de leur premier stock stratégique de minerais critiques, soutenue par un investissement public de dix milliards de dollars, complété par près de deux milliards de financements privés. Cette réserve vise à renforcer sa résilience face aux chocs d’approvisionnement, qu’il s’agisse de restrictions soudaines à l’exportation ou de flambées brutales des prix.
En filigrane de l’ensemble des discussions, la question du rôle dominant de la Chine dans l’extraction, le raffinage et la transformation des minerais critiques, notamment les terres rares et les métaux destinés aux batteries, s’est imposée comme un moteur central des échanges. Les initiatives présentées s’inscrivent ainsi dans une stratégie plus large de diversification des chaînes d’approvisionnement, visant à réduire les vulnérabilités liées à une dépendance excessive envers un fournisseur unique.
Le Maroc représenté au plus haut niveau diplomatique traduisant l’importance stratégique qu’il accorde aux enjeux liés aux minerais critiques
Le Maroc était représenté à ce sommet par Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger. Cette présence au plus haut niveau diplomatique traduit l’importance stratégique que Rabat accorde aux enjeux liés aux minerais critiques, désormais au cœur des équilibres économiques et géopolitiques mondiaux.
A cette occasion, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a publiquement souligné le «rôle clé» joué par le Maroc dans les efforts internationaux visant à sécuriser et à diversifier les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques. Il a mis en avant à la fois le potentiel minéral du Royaume et sa volonté affirmée de s’engager dans des activités de transformation, de coopération industrielle et de partenariat stratégique. Une reconnaissance explicite du Maroc comme acteur crédible et structurant aux yeux de Washington.
Cette rencontre a ainsi renforcé la visibilité du Maroc comme partenaire stratégique dans un secteur devenu déterminant. Au-delà de son rôle dans la transition énergétique et les technologies de pointe, véhicules électriques, semi-conducteurs, infrastructures numériques, le Maroc apparaît de plus en plus comme un acteur de résilience géopolitique et de structuration industrielle. La reconnaissance américaine laisse entrevoir un positionnement qui dépasse celui de simple exportateur de matières premières, pour intégrer la transformation, la normalisation et la co-construction de chaînes de valeur durables.
Une dynamique qui ouvre plusieurs perspectives structurantes
Cette dynamique ouvre un champ de perspectives structurantes pour le Maroc, bien au-delà d’une simple reconfiguration sectorielle. Elle s’inscrit d’abord dans une trajectoire de diversification économique assumée, qui vise à faire évoluer le pays d’un modèle fondé sur l’exportation de ressources brutes vers une logique de montée en gamme, portée par la transformation industrielle, l’intégration technologique et la création de valeur locale. Elle agit ensuite comme un puissant signal à destination des investisseurs internationaux : la coopération stratégique avec les Etats-Unis et d’autres partenaires de référence renforce la crédibilité du Royaume et accroît son attractivité pour des flux d’investissements directs orientés vers les infrastructures minières, industrielles et logistiques, véritables colonnes vertébrales des chaînes de valeur futures. Enfin, cette reconnaissance sur la scène internationale, matérialisée par la participation à un événement réunissant plus de cinquante pays, consolide le positionnement géopolitique du Maroc comme acteur légitime de la gouvernance industrielle et stratégique des ressources critiques à l’échelle mondiale.
Dans ce contexte en pleine recomposition, la question n’est plus de savoir si le Maroc a une carte à jouer, mais comment il peut activer, articuler et amplifier les leviers dont il dispose pour consolider durablement son positionnement et capter une part croissante de valeur au sein des chaînes mondiales des minéraux.
Le Maroc, quels leviers pour une plateforme industrielle intégrée, durable et souveraine ?
L’histoire économique regorge d’exemples de pays riches en ressources naturelles, mais pauvres en développement durable. Le « piège des ressources » ne tient pas à la rareté géologique, mais à la faiblesse des choix stratégiques. Pour le Maroc, l’enjeu n’est donc pas d’extraire davantage, mais de transformer mieux, plus intelligemment et plus durablement. Plusieurs leviers sont à activer de manière cohérente et synchronisée pour donner corps à une plateforme industrielle intégrée, durable et véritablement souveraine.
Faire de la «valeur par tonne» l’indicateur central de la stratégie minière
Le volume exporté ne peut plus servir de boussole à une politique minière ambitieuse. Il mesure le mouvement, mais ignore le sens. Il comptabilise la sortie de matière, sans interroger ce qui reste sur le territoire. Dans une économie de montée en gamme, ce qui importe n’est pas ce que l’on extrait, mais ce que l’on transforme. Faire de la «valeur par tonne» l’indicateur central de la stratégie minière revient à changer de grammaire économique. Ce choix impose de privilégier les produits transformés, semi-finis ou intégrés dans des chaînes industrielles, plutôt que l’exportation de matières brutes à faible valeur ajoutée. Il déplace l’attention de la quantité vers la qualité, de la vitesse vers la maîtrise.
Ce changement d’indicateur agit comme un puissant levier d’alignement. Il oriente naturellement les investissements vers la transformation locale, guide la fiscalité vers l’incitation à la montée en gamme, et conditionne les autorisations d’exploitation à des trajectoires claires de création de valeur. L’emploi qualifié, l’innovation industrielle et l’apprentissage technologique cessent d’être des effets secondaires ; ils deviennent des objectifs explicites. Faire de la valeur par tonne l’indicateur central, c’est affirmer que la richesse minière ne se mesure pas à ce qui est exporté par le pays, mais à ce qui s’y construit.
Capturer la rente de manière transparente et l’investir comme un «dividende du futur»
La rente minière ne doit pas être traitée comme un revenu courant, mais comme un actif intergénérationnel. Elle relève du temps long et engage une responsabilité envers les générations futures. La confondre avec une ressource budgétaire ordinaire, c’est exposer l’économie aux cycles, aux déséquilibres et à la dilution du sens.
La création de fonds de stabilisation et de fonds souverains dédiés permet d’introduire une distance stratégique entre l’extraction et la dépense. Ces instruments amortissent la volatilité des prix, préviennent les effets de surchauffe et garantissent la continuité de l’action publique au-delà des aléas des marchés. L’enjeu est alors de transformer une richesse finie en capacités durables. Orienter la rente vers l’éducation, la recherche et développement, les infrastructures structurantes et la transition énergétique, c’est convertir la valeur du sous-sol en intelligence collective, en autonomie productive et en résilience économique. Capturer la rente comme un « dividende du futur », c’est refuser de consommer l’avenir. C’est inscrire la richesse minière dans un projet collectif durable, transmissible et orienté vers la montée en puissance du pays.
Une cinquantaine de pays, réunissant les Etats du G7, pour contrecarrer la chine
C’est dans cet esprit que plus de cinquante pays, réunissant les Etats du G7, des producteurs émergents et des exportateurs clés, se sont retrouvés à Washington à l’occasion d’un Conseil ministériel consacré aux minerais critiques. Les échanges ont porté sur le renforcement de la coopération internationale autour des chaînes d’approvisionnement, avec une attention particulière accordée aux enjeux économiques, industriels et de sécurité nationale.
A cette occasion, le vice-président américain J.D. Vance a présenté une initiative visant la création d’une zone commerciale préférentielle dédiée aux minerais critiques. Cette proposition prévoit l’instauration de prix plancher à différents niveaux de la chaîne de valeur, dans le double objectif de stabiliser les marchés et de protéger les producteurs partenaires face à une concurrence à bas coûts, associée aux chaînes d’approvisionnement chinoises.
Une telle approche marque une rupture notable avec les pratiques traditionnelles, la formation des prix ayant historiquement été laissée aux seuls mécanismes du marché. Elle pourrait ainsi annoncer une inflexion structurelle profonde dans la manière dont des ressources comme les terres rares, le lithium, le cuivre ou le cobalt sont désormais valorisées à l’échelle mondiale.
Les Etats-Unis, premier stock stratégique de minerais critiques
Parallèlement, les États-Unis ont annoncé la constitution de leur premier stock stratégique de minerais critiques, soutenue par un investissement public de dix milliards de dollars, complété par près de deux milliards de financements privés. Cette réserve vise à renforcer sa résilience face aux chocs d’approvisionnement, qu’il s’agisse de restrictions soudaines à l’exportation ou de flambées brutales des prix.
En filigrane de l’ensemble des discussions, la question du rôle dominant de la Chine dans l’extraction, le raffinage et la transformation des minerais critiques, notamment les terres rares et les métaux destinés aux batteries, s’est imposée comme un moteur central des échanges. Les initiatives présentées s’inscrivent ainsi dans une stratégie plus large de diversification des chaînes d’approvisionnement, visant à réduire les vulnérabilités liées à une dépendance excessive envers un fournisseur unique.
Le Maroc représenté au plus haut niveau diplomatique traduisant l’importance stratégique qu’il accorde aux enjeux liés aux minerais critiques
Le Maroc était représenté à ce sommet par Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger. Cette présence au plus haut niveau diplomatique traduit l’importance stratégique que Rabat accorde aux enjeux liés aux minerais critiques, désormais au cœur des équilibres économiques et géopolitiques mondiaux.
A cette occasion, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a publiquement souligné le «rôle clé» joué par le Maroc dans les efforts internationaux visant à sécuriser et à diversifier les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques. Il a mis en avant à la fois le potentiel minéral du Royaume et sa volonté affirmée de s’engager dans des activités de transformation, de coopération industrielle et de partenariat stratégique. Une reconnaissance explicite du Maroc comme acteur crédible et structurant aux yeux de Washington.
Cette rencontre a ainsi renforcé la visibilité du Maroc comme partenaire stratégique dans un secteur devenu déterminant. Au-delà de son rôle dans la transition énergétique et les technologies de pointe, véhicules électriques, semi-conducteurs, infrastructures numériques, le Maroc apparaît de plus en plus comme un acteur de résilience géopolitique et de structuration industrielle. La reconnaissance américaine laisse entrevoir un positionnement qui dépasse celui de simple exportateur de matières premières, pour intégrer la transformation, la normalisation et la co-construction de chaînes de valeur durables.
Une dynamique qui ouvre plusieurs perspectives structurantes
Cette dynamique ouvre un champ de perspectives structurantes pour le Maroc, bien au-delà d’une simple reconfiguration sectorielle. Elle s’inscrit d’abord dans une trajectoire de diversification économique assumée, qui vise à faire évoluer le pays d’un modèle fondé sur l’exportation de ressources brutes vers une logique de montée en gamme, portée par la transformation industrielle, l’intégration technologique et la création de valeur locale. Elle agit ensuite comme un puissant signal à destination des investisseurs internationaux : la coopération stratégique avec les Etats-Unis et d’autres partenaires de référence renforce la crédibilité du Royaume et accroît son attractivité pour des flux d’investissements directs orientés vers les infrastructures minières, industrielles et logistiques, véritables colonnes vertébrales des chaînes de valeur futures. Enfin, cette reconnaissance sur la scène internationale, matérialisée par la participation à un événement réunissant plus de cinquante pays, consolide le positionnement géopolitique du Maroc comme acteur légitime de la gouvernance industrielle et stratégique des ressources critiques à l’échelle mondiale.
Dans ce contexte en pleine recomposition, la question n’est plus de savoir si le Maroc a une carte à jouer, mais comment il peut activer, articuler et amplifier les leviers dont il dispose pour consolider durablement son positionnement et capter une part croissante de valeur au sein des chaînes mondiales des minéraux.
Le Maroc, quels leviers pour une plateforme industrielle intégrée, durable et souveraine ?
L’histoire économique regorge d’exemples de pays riches en ressources naturelles, mais pauvres en développement durable. Le « piège des ressources » ne tient pas à la rareté géologique, mais à la faiblesse des choix stratégiques. Pour le Maroc, l’enjeu n’est donc pas d’extraire davantage, mais de transformer mieux, plus intelligemment et plus durablement. Plusieurs leviers sont à activer de manière cohérente et synchronisée pour donner corps à une plateforme industrielle intégrée, durable et véritablement souveraine.
Faire de la «valeur par tonne» l’indicateur central de la stratégie minière
Le volume exporté ne peut plus servir de boussole à une politique minière ambitieuse. Il mesure le mouvement, mais ignore le sens. Il comptabilise la sortie de matière, sans interroger ce qui reste sur le territoire. Dans une économie de montée en gamme, ce qui importe n’est pas ce que l’on extrait, mais ce que l’on transforme. Faire de la «valeur par tonne» l’indicateur central de la stratégie minière revient à changer de grammaire économique. Ce choix impose de privilégier les produits transformés, semi-finis ou intégrés dans des chaînes industrielles, plutôt que l’exportation de matières brutes à faible valeur ajoutée. Il déplace l’attention de la quantité vers la qualité, de la vitesse vers la maîtrise.
Ce changement d’indicateur agit comme un puissant levier d’alignement. Il oriente naturellement les investissements vers la transformation locale, guide la fiscalité vers l’incitation à la montée en gamme, et conditionne les autorisations d’exploitation à des trajectoires claires de création de valeur. L’emploi qualifié, l’innovation industrielle et l’apprentissage technologique cessent d’être des effets secondaires ; ils deviennent des objectifs explicites. Faire de la valeur par tonne l’indicateur central, c’est affirmer que la richesse minière ne se mesure pas à ce qui est exporté par le pays, mais à ce qui s’y construit.
Capturer la rente de manière transparente et l’investir comme un «dividende du futur»
La rente minière ne doit pas être traitée comme un revenu courant, mais comme un actif intergénérationnel. Elle relève du temps long et engage une responsabilité envers les générations futures. La confondre avec une ressource budgétaire ordinaire, c’est exposer l’économie aux cycles, aux déséquilibres et à la dilution du sens.
La création de fonds de stabilisation et de fonds souverains dédiés permet d’introduire une distance stratégique entre l’extraction et la dépense. Ces instruments amortissent la volatilité des prix, préviennent les effets de surchauffe et garantissent la continuité de l’action publique au-delà des aléas des marchés. L’enjeu est alors de transformer une richesse finie en capacités durables. Orienter la rente vers l’éducation, la recherche et développement, les infrastructures structurantes et la transition énergétique, c’est convertir la valeur du sous-sol en intelligence collective, en autonomie productive et en résilience économique. Capturer la rente comme un « dividende du futur », c’est refuser de consommer l’avenir. C’est inscrire la richesse minière dans un projet collectif durable, transmissible et orienté vers la montée en puissance du pays.
Leviers pour une plateforme industrielle intégrée durable et souveraine
Transformer les contrats miniers en leviers de montée en compétences
Les contrats miniers ne devraient plus être pensés comme de simples droits d’extraction, mais comme de véritables instruments de politique industrielle et de souveraineté productive. Ils ne se limitent pas à autoriser l’accès à une ressource ; ils peuvent structurer l’apprentissage, orienter les transferts de savoir-faire et organiser la création de valeur bien au-delà du minerai extrait.
Intégrer dans ces contrats des obligations claires et mesurables en matière de formation, de transfert technologique, de recherche appliquée et de contenu local permet de transformer chaque projet minier en accélérateur de compétences nationales. L’enjeu n’est pas uniquement d’employer, mais de former ; pas seulement de produire, mais de maîtriser.
Ainsi conçus, les projets miniers deviennent des plateformes d’apprentissage industriel. Ils contribuent à faire émerger des écosystèmes locaux durables : PME spécialisées, centres de formation, partenariats universitaires, capacités d’ingénierie et de maintenance. La valeur créée ne disparaît pas avec l’épuisement du gisement ; elle s’ancre dans le territoire, dans les compétences et dans les institutions.
Transformer les contrats en leviers de montée en compétences, c’est déplacer le centre de gravité de la rente vers le savoir. C’est faire du temps d’exploitation un temps d’accumulation de compétences collectives, au service de la résilience industrielle et de l’autonomie stratégique du pays.
Développer des corridors de transformation en clusters industriels intégrés
Une mine isolée extrait une ressource, puis se retire. Elle laisse peu de traces durables dans le tissu économique, peu de compétences transférables, peu de dynamiques collectives. Elle fonctionne comme un point, là où le développement exige des lignes, des flux et des continuités. A l’inverse, les corridors de transformation transforment l’extraction en système. En articulant extraction, raffinage, transformation industrielle, logistique, services et intégration aux écosystèmes locaux et régionaux, ils permettent de structurer de véritables clusters industriels intégrés. La valeur ne circule plus à sens unique vers l’export ; elle se déploie, se transforme et se multiplie sur le territoire.
Ces corridors favorisent les synergies entre acteurs publics et privés, réduisent les coûts logistiques, mutualisent les infrastructures et créent des effets d’échelle propices à l’innovation. Ils offrent aux investisseurs un environnement lisible, connecté et sécurisé, capable d’absorber des projets complexes et de long terme. Surtout, ils ancrent la valeur ajoutée dans la durée. Là où la mine est finie, le corridor est évolutif. Il crée des emplois qualifiés, attire des activités connexes et transforme des zones d’extraction en pôles de production, de savoir-faire et de compétitivité régionale.
Développer des corridors de transformation, c’est passer d’une logique de sites à une logique de systèmes. C’est faire du territoire non plus un simple support d’exploitation, mais un acteur à part entière de la création de valeur.
Exploiter l’avantage énergétique du Maroc
Le Maroc dispose d’un avantage comparatif structurant : une énergie renouvelable compétitive, abondante et de plus en plus décarbonée. Intégrer pleinement cet atout dans la chaîne de transformation minière permet de dépasser la simple extraction pour positionner le Royaume comme un hub de transformation bas carbone, aligné avec les exigences industrielles du XXIᵉ siècle.
Dans un contexte de durcissement des normes environnementales et de montée en puissance des mécanismes carbone aux frontières, cette différenciation devient un levier stratégique d’accès aux marchés. Elle renforce la compétitivité des produits transformés, sécurise leur acceptabilité réglementaire et crée un avantage décisif face aux concurrents à forte intensité carbone.
Faire de l’énergie verte un pilier de la stratégie minière, c’est transformer une contrainte globale en opportunité nationale. C’est attirer des investisseurs responsables, ancrer la valeur ajoutée sur le territoire et inscrire la montée en puissance minière du Maroc dans une trajectoire crédible, durable et différenciante.
Adopter une flexibilité géopolitique et commerciale
La diversification des partenaires, des marchés et des technologies constitue un pilier fondamental de la souveraineté économique, non comme un réflexe défensif, mais comme une stratégie de maîtrise du risque et d’élargissement du champ des possibles. Toute dépendance excessive à un client unique, à un bloc géopolitique dominant ou à une technologie verrouillée fragilise la capacité de décision du pays, l’exposant à des chocs exogènes, à des ruptures d’approvisionnement et à des formes de pression qui dépassent le seul registre économique. A l’inverse, une approche résolument multi-partenariale permet au Maroc de transformer la pluralité de ses alliances en levier de stabilité et de négociation, en renforçant sa marge de manœuvre stratégique, sa résilience face aux recompositions géopolitiques et sa capacité à arbitrer ses choix industriels selon ses propres priorités de développement.
Construire une capacité nationale de normalisation
La maîtrise des normes, qualité, traçabilité, certification, standards environnementaux, est un levier de pouvoir souvent sous-estimé. Développer une capacité nationale de normalisation permet non seulement de contrôler l’accès aux marchés internationaux, mais aussi d’influencer les règles du jeu. Cette capacité renforce la crédibilité industrielle du pays et protège les producteurs locaux face aux exigences croissantes des chaînes de valeur mondiales.
Anticiper les enjeux environnementaux et hydriques
La durabilité sociale et environnementale n’est plus un facteur périphérique, mais une condition de viabilité stratégique. L’anticipation des impacts environnementaux, en particulier sur les ressources hydriques, est essentielle pour préserver l’acceptabilité sociale des projets miniers.
Des standards élevés en matière de gestion de l’eau, de réhabilitation des sites et de dialogue avec les communautés locales renforcent la légitimité des projets et réduisent les risques sociaux, juridiques et réputationnels.
Les contrats miniers ne devraient plus être pensés comme de simples droits d’extraction, mais comme de véritables instruments de politique industrielle et de souveraineté productive. Ils ne se limitent pas à autoriser l’accès à une ressource ; ils peuvent structurer l’apprentissage, orienter les transferts de savoir-faire et organiser la création de valeur bien au-delà du minerai extrait.
Intégrer dans ces contrats des obligations claires et mesurables en matière de formation, de transfert technologique, de recherche appliquée et de contenu local permet de transformer chaque projet minier en accélérateur de compétences nationales. L’enjeu n’est pas uniquement d’employer, mais de former ; pas seulement de produire, mais de maîtriser.
Ainsi conçus, les projets miniers deviennent des plateformes d’apprentissage industriel. Ils contribuent à faire émerger des écosystèmes locaux durables : PME spécialisées, centres de formation, partenariats universitaires, capacités d’ingénierie et de maintenance. La valeur créée ne disparaît pas avec l’épuisement du gisement ; elle s’ancre dans le territoire, dans les compétences et dans les institutions.
Transformer les contrats en leviers de montée en compétences, c’est déplacer le centre de gravité de la rente vers le savoir. C’est faire du temps d’exploitation un temps d’accumulation de compétences collectives, au service de la résilience industrielle et de l’autonomie stratégique du pays.
Développer des corridors de transformation en clusters industriels intégrés
Une mine isolée extrait une ressource, puis se retire. Elle laisse peu de traces durables dans le tissu économique, peu de compétences transférables, peu de dynamiques collectives. Elle fonctionne comme un point, là où le développement exige des lignes, des flux et des continuités. A l’inverse, les corridors de transformation transforment l’extraction en système. En articulant extraction, raffinage, transformation industrielle, logistique, services et intégration aux écosystèmes locaux et régionaux, ils permettent de structurer de véritables clusters industriels intégrés. La valeur ne circule plus à sens unique vers l’export ; elle se déploie, se transforme et se multiplie sur le territoire.
Ces corridors favorisent les synergies entre acteurs publics et privés, réduisent les coûts logistiques, mutualisent les infrastructures et créent des effets d’échelle propices à l’innovation. Ils offrent aux investisseurs un environnement lisible, connecté et sécurisé, capable d’absorber des projets complexes et de long terme. Surtout, ils ancrent la valeur ajoutée dans la durée. Là où la mine est finie, le corridor est évolutif. Il crée des emplois qualifiés, attire des activités connexes et transforme des zones d’extraction en pôles de production, de savoir-faire et de compétitivité régionale.
Développer des corridors de transformation, c’est passer d’une logique de sites à une logique de systèmes. C’est faire du territoire non plus un simple support d’exploitation, mais un acteur à part entière de la création de valeur.
Exploiter l’avantage énergétique du Maroc
Le Maroc dispose d’un avantage comparatif structurant : une énergie renouvelable compétitive, abondante et de plus en plus décarbonée. Intégrer pleinement cet atout dans la chaîne de transformation minière permet de dépasser la simple extraction pour positionner le Royaume comme un hub de transformation bas carbone, aligné avec les exigences industrielles du XXIᵉ siècle.
Dans un contexte de durcissement des normes environnementales et de montée en puissance des mécanismes carbone aux frontières, cette différenciation devient un levier stratégique d’accès aux marchés. Elle renforce la compétitivité des produits transformés, sécurise leur acceptabilité réglementaire et crée un avantage décisif face aux concurrents à forte intensité carbone.
Faire de l’énergie verte un pilier de la stratégie minière, c’est transformer une contrainte globale en opportunité nationale. C’est attirer des investisseurs responsables, ancrer la valeur ajoutée sur le territoire et inscrire la montée en puissance minière du Maroc dans une trajectoire crédible, durable et différenciante.
Adopter une flexibilité géopolitique et commerciale
La diversification des partenaires, des marchés et des technologies constitue un pilier fondamental de la souveraineté économique, non comme un réflexe défensif, mais comme une stratégie de maîtrise du risque et d’élargissement du champ des possibles. Toute dépendance excessive à un client unique, à un bloc géopolitique dominant ou à une technologie verrouillée fragilise la capacité de décision du pays, l’exposant à des chocs exogènes, à des ruptures d’approvisionnement et à des formes de pression qui dépassent le seul registre économique. A l’inverse, une approche résolument multi-partenariale permet au Maroc de transformer la pluralité de ses alliances en levier de stabilité et de négociation, en renforçant sa marge de manœuvre stratégique, sa résilience face aux recompositions géopolitiques et sa capacité à arbitrer ses choix industriels selon ses propres priorités de développement.
Construire une capacité nationale de normalisation
La maîtrise des normes, qualité, traçabilité, certification, standards environnementaux, est un levier de pouvoir souvent sous-estimé. Développer une capacité nationale de normalisation permet non seulement de contrôler l’accès aux marchés internationaux, mais aussi d’influencer les règles du jeu. Cette capacité renforce la crédibilité industrielle du pays et protège les producteurs locaux face aux exigences croissantes des chaînes de valeur mondiales.
Anticiper les enjeux environnementaux et hydriques
La durabilité sociale et environnementale n’est plus un facteur périphérique, mais une condition de viabilité stratégique. L’anticipation des impacts environnementaux, en particulier sur les ressources hydriques, est essentielle pour préserver l’acceptabilité sociale des projets miniers.
Des standards élevés en matière de gestion de l’eau, de réhabilitation des sites et de dialogue avec les communautés locales renforcent la légitimité des projets et réduisent les risques sociaux, juridiques et réputationnels.
Abderrazak Hamzaoui
Intégrer la boucle de recyclage dès l’amont
La stratégie minière ne peut plus ignorer l’économie circulaire. L’intégration de filières de recyclage dès la conception des projets permet de réduire la dépendance aux ressources finies, de sécuriser l’approvisionnement et de créer de nouvelles chaînes de valeur, ossature du développement. Le recyclage devient ainsi un complément stratégique à l’extraction, renforçant la résilience industrielle du pays.
En articulant ces leviers de manière cohérente, le Maroc peut transformer ses ressources minérales en bien plus qu’un avantage comparatif : une plateforme industrielle intégrée, durable et souveraine. L’enjeu n’est pas seulement d’éviter le piège des ressources, mais de faire des minerais critiques un vecteur de montée en gamme économique, de stabilité géopolitique et de projection stratégique à long terme.
Par Abderrazak Hamzaoui
Email : hamzaoui@hama-co.net
www.hama-co.net
La stratégie minière ne peut plus ignorer l’économie circulaire. L’intégration de filières de recyclage dès la conception des projets permet de réduire la dépendance aux ressources finies, de sécuriser l’approvisionnement et de créer de nouvelles chaînes de valeur, ossature du développement. Le recyclage devient ainsi un complément stratégique à l’extraction, renforçant la résilience industrielle du pays.
En articulant ces leviers de manière cohérente, le Maroc peut transformer ses ressources minérales en bien plus qu’un avantage comparatif : une plateforme industrielle intégrée, durable et souveraine. L’enjeu n’est pas seulement d’éviter le piège des ressources, mais de faire des minerais critiques un vecteur de montée en gamme économique, de stabilité géopolitique et de projection stratégique à long terme.
Par Abderrazak Hamzaoui
Email : hamzaoui@hama-co.net
www.hama-co.net