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Même si l’après-Mjid ne sera pas facile : “Le tennis national est en mesure de compter sur des potentialités de valeur”


Propos recueillis par Khalil Benmouya
Jeudi 30 Avril 2009

Même si l’après-Mjid ne sera pas facile : “Le tennis national est en mesure de compter sur des potentialités de valeur”
Aziz  Tifnouti,
président 
du  Royal 
Tennis  Club 
de Marrakech,
en  homme 
de communication, dresse le bilan
du  club, parle 
de  l’organisation 
de  manifestations
 et  de ses projections  sur  l’avenir.

Libé :   Quelle  lecture  faites- vous  de  votre  parcours  à  la  tête  du  RTCMA ?

Aziz Tifnouti :   Je  tiens  à  préciser  d’abord  que  ce  que  nous  avons  réalisé  est  un  travail  d’équipe.  En  1999, lorsque  j’ai  été  élu  président  du  Royal  Tennis  Club  de  Marrakech, nous  avons  constaté  que  le  club  ne  participait  pas  à  beaucoup de  manifestations  à  travers  le  Royaume. Alors, la  première  des  choses  à  laquelle  nous  avons  pensé, c’est  la  catégorie  des  jeunes. On  a  confié  l’école  à  l’époque  à  Brahim  Bartaî, et  ensemble  nous  avons  fait  une  très  bonne  année. Ensuite, nous  avons  pensé  à  l’organisation  d’une  manifestation  de   grande  envergure, puisque  le  tournoi  Hassan  II  que  nous  accueillions  depuis  cinq  ans  est  passé  à  Casablanca. Donc,  on a  organisé  d’abord  le  tournoi  national  auquel   tous  les  clubs  du  pays  ont  pris  part, toutes  catégories  confondues. A  partir  de  2000- 2001 et  sur   une  période  de  six  ans, on  a  organisé  le  tournoi  des  Futures. De  ces  différentes  manifestations, le  club  a  pris  une  autre  allure. Notre  académie  a  gagné  en  maturité  et  nos  jeunes  ont  commencé  à  prendre  part  à  tous  les  meetings  nationaux. Par  la suite, on  a  donné  la  priorité  à  l’extension  du  club  et  à  l’éclairage  de  plusieurs  courts  pour  permettre  aux  jeunes  de  s’entrainer  le  soir. Tous  ces  efforts  ont  été  fructueux  pour  le  club  puisqu’en  2003  on  a  eu  l’honneur  d’organiser  la  Coupe  Davis  contre  l’Italie. Cet  événement  a  été  une  réussite  sur  tous  les  plans : l’organisation, aux  dires  des  spécialistes, était  impeccable  et  la  victoire  est  revenue  à  notre  équipe  nationale  menée  par  Younès  El Aynaoui. Sur  ce  point,  il  faut  préciser qu’en  plus  des  aides  qui  nous  ont  été  attribuées, les  membres  du  RTCMA  ont  participé  matériellement, car  le  but  de  tous,  était  de  relever  et  de  gagner  le  défi. En  2006, quand  la  SNRT  a  pensé  au  Morocco  Tennis  Tour, Marrakech  a  été  choisie  pour  abriter  la  quatrième  étape  de  ce  challenge. Aujourd’hui  on  en est  à  la  troisième  édition et  si  tout  le  monde  est  convaincu  du  bon  déroulement  des  différentes  manifestations , le  mérite  revient  au  comité  du  club  et  aux  adhérents, aux  divers  partenaires  qui  nous  ont  toujours  soutenus, en  particulier  à Monsieur Mjid qui nous a toujours répondu positivement.

Justement, pour  le  Morocco  Tennis  Tour, comment  expliquez-vous que  l’étape  de  Marrakech  est  la  mieux  dotée ?

Je  pense  que  si nous sommes   arrivés  aujourd’hui  à  125.000 dollars, c’est  grâce  à  nos  réussites  lors  des  deux  premières  éditions. Les  témoignages  qui  nous  ont  été  faits  exprimaient  une  énorme  satisfaction  pour  ce  qui  est  de  l’organisation, sans  oublier  bien  sûr  la  valeur  et  la  qualité  des  joueurs  qui  ont  évolué  sur  les  courts  du  RTCMA. Tout  le  monde  se  rappellera la  victoire  en finale  de  Younès  El Aynaoui, du  passage  victorieux  de  Gael  Monfils, en  plus  de  la  participation  des  joueurs  tels  Fredirico  Gil, Peter  Luczak  ou  Rabie  Chaki  entre  autres. Le  Royal  Tennis  Club  de  Marrakech  a  gagné  la  confiance  des  organisateurs  grâce  à  sa  réputation, son  sérieux  et  son  sens  de  la  responsabilité.

Qu’est-ce  que  le  club  a  gagné  de  ces  manifestations ? 

Du  côté  tennistique, on  a  gagné  en  réputation  du  club. Lorsque  les  joueurs  étrangers  rentrent  chez  eux  ou  évoluent  dans  d’autres  pays, ils  se  racontent  ce  qu’ils  ont  vécu, et  cela  ne  peut  qu’être  bénéfique  pour  le  Maroc  en  général  et  Marrakech  en  particulier. Pour  ce qui  est  du  club  et des  adhérents, on  sait  tous  que  les  jeunes  ont  souvent  besoin  de  s’identifier  à  une  idole. Lorsque  ces  joueurs  se  produisent  devant  eux, ils  leur  donnent  un  autre  souffle, c’est  un  grand  rêve  qui  se  réalise  pour  eux, et  c’est  surtout  un  exemple   à  suivre  et  une  motivation  pour  faire  plus. Il  y  a  autre  chose, c’est  que  ces manifestations  permettent  aux  membres  du  club  de  sortir  de  la  monotonie  et  de  vivre  une  semaine  bien  chargée  en  émotion, en  contact  et  en  échange  avec  des  personnes  qui  ont  un  autre  tennis, une  autre  culture  et  une  autre  mentalité. Par  ailleurs, ces  tournois  permettent  aux  joueurs  marocains  de  gagner des  points  au  classement  mondial. Ces  mêmes  joueurs  qui, à  une  époque  pas  très  loin,  étaient  obligés  d’aller  à  l’étranger  et  pour  acquérir  de  l’expérience  et  pour  chercher  des  points, ne  sont  plus  contraints  à  le  faire, car  aujourd’hui  leur  pays  leur  offre  cette  possibilité  chez  eux.

Comment  expliquez-vous qu’en  dehors  de  certains  noms  du  passé, le  club  n’a  plus  connu  d’éclosion  de  stars ?

C’est un  fait. Néanmoins, il  ne  faut  pas  oublier  tout  de  même  que  Talal  Ouahabi, en  fin  de  carrière  certes, est  toujours l’idole  d’une  majorité  de  nos  jeunes. Il  a  joué,  il y a  quelques  jours,  la  finale  des  Futures  en  Egypte. Pour  ce  qui  est de  la  question, il  faut  savoir  que  le  tennis  a  beaucoup changé : hier  encore, un  joueur  marocain  pouvait  être  bon  en  étudiant  et  en  pratiquant  le  tennis. Aujourd’hui, ce  n’est  plus  possible, le  niveau  a  beaucoup  évolué  et  il  faut  faire  un  choix, sinon  ce sont les  responsables  qui  doivent  penser  au  « tennis- études ». De  nos  jours, deux  heures  d’entraînements  par  jour  ne  pourront  jamais  faire  un  grand  tennisman. On  avait  dans  notre  club  de  très  bons  joueurs, je  cite  par  exemple  Zakaria  Ben Sayid, Chaima  Missouli  et  d’autres.
Le  problème  c’est  lorsque  ces  jeunes  arrivent  à  un  âge  où  il  doivent  faire  un  choix  entre  le  tennis  et  les  études, là,  généralement  les   parents  viennent  nous  voir  pour  nous  signifier  qu’il  serait  impossible  de  laisser  tomber  son  avenir  pour  miser  sur  le  tennis.  Tout  compte  fait, on  doit  dire que  ce  n’est  pas  uniquement  au  RTCMA  qu’on  n’arrive  plus  à  faire  de  grands  noms, mais  c’est  un  peu  partout  au  Maroc, et  je  suis  sûr  que  cela  durerait  tant  que  les  responsables  n’optent  pas  pour  la formule  « tennis-études ».

A  votre  avis, qu’est-ce  qui  empêche  une  option  pareille  de  voir  le  jour ?

Franchement  je  ne  sais  pas. Toutefois,  je  me  demande  pourquoi  devant  l’impossibilité  de  créer  le  «tennis- études», on  ne  penserait  plutôt  pas  à  créer  dans  les  lycées  par  exemple, ce  qu’on  appelle  des  sections  sportives. Les  élèves  passeraient  la  matinée  au  lycée  à  assister  aux  cours, et  l’après-midi  ils  rejoindraient   leurs  écoles  de  formation  pour  s’entraîner. Et  là, en  tant  que  responsable  de  club, je  dirais  haut  que  notre  mission  à  nous  serait  d’encadrer  ces  jeunes  et  de  mettre à  leur  disposition  tout  ce  qui  peut  les  aider  à  atteindre  les  sommets.
Ceci  ne  pourrait  se  réaliser  que  s’il  y  a  une  grande  et  parfaite  coordination  entre  les  ministères  de  la  Jeunesse  et  des  Sports, de  l’Education  nationale  et  bien  sûr  la  Fédération.

Sur  un  autre  volet, quelles  seraient, selon  vous,  les  raisons  du  report  de  l’assemblée  générale  de  la  fédération  qui  devait  avoir  lieu à  Marrakech ?

Aucune  idée. Tout  a  été  fait  pour  que  l’assemblée  ait  lieu  à  Marrakech. Il  y  avait  une  liste  à  la  tête  de laquelle il y  avait  Rachid  Lamrabet,  et  au  dernier  moment  je  reçois  un  coup de  téléphone  de  la part  du  délégué  de  la  Jeunesse  et  des  Sports  m’apprenant  que  la  réunion  avait  été  annulée.     

Le  report  ne  serait  pas  lié  par  hasard  au  mode  de  scrutin….. ?

Pas  du  tout. J’ai  assisté  à  l’assemblée  générale  à  Khémisset  et  je  vous  assure  que  tout  s’est déroulé   dans  la transparence. Monsieur  Mjid  a  eu  le  quitus  aussi  bien  sur  le  rapport  moral  que  financier, on  a  constitué  un  comité  provisoire  avec   à  sa  tête  M. Mjid  et  ce  comité  a  décidé  de  gérer  la  période  creuse  jusqu’à  l’assemblée  générale  qui  a  été  annoncée  pour  le  21  mars mais qui a été annulée à la dernière minute et reportée à une date non encore fixée.

Comment  envisageriez-vous  la  période  post-Mjid ?

A  mon  sens  elle  va  être  un  peu  difficile, mais  je  crois  qu’on  a  des  potentialités  et  des  personnes  qui  peuvent  permettre  au  tennis national  de  rester  sur  la  bonne  voie. On  parle  de  Lamrabet  et  de  Laâraichi ; qu’il  s’agisse  de l’un  ou  de  l’autre, il n’y aurait vraiment pas de différence. Les deux  hommes  sont  connus   pour  leur  sérieux  et  leur  dévouement  pour  le  tennis.

Votre  nom figure  sur  la  liste  des  11. Si  jamais  vous  êtes  élu, est-ce  que  vous  disposez  d’un  programme ?

On ne peut parler de programmes individuels, d’autant plus qu’en ce qui me concerne, je  ne  prétends  pas  à  la  présidence  de  la  FRMT.
Le programme, ce sera celui du futur président et, par là même, celui de toute l’équipe appelée à travailler à ses côtés.  Je  vais  être  franc  et  honnête.
Tout  ce que  je  souhaite, c’est  que  le  Royal  Tennis  Club  de  Marrakech  soit  représenté  à  la  Fédération, et  même  si  on  ne  l’est  pas, cela  ne  nous  posera  pas  de  problème, car  l’essentiel  pour  nous, c’est de  travailler  en étroite collaboration avec   la  Fédération, l’essentiel  est  d’avoir  une  Fédération ; avec  des  gens  compétents, intègres, honnêtes    qui  cherchent  à  œuvrer   pour  l’intérêt  général  et  à  hisser  le  niveau  tennistique. 


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