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A l’orée de l’unisson, se réjouissait, éclatante, une violette malgré la tristesse éclose sur sa corolle. Au fil des soupirs au goût d’épine et de pétales éblouis, les jours s’effeuillent comme un oxymore. Nous conjurions le temps, féaux de la soif bleue et du myrte, le chant frissonnant, le vin ardent et la parole unissante, tous, consentants.
Je nommerai flétrissure, l’absence de ton visage, et frondaison la mémoire de tes yeux prompts à la mélancolie quand la nostalgie les sertit. La violette demeure disséminée dans les coupes du soleil couchant et des heures violacées des après-midi chantants. Les lettres de ton prénom sont une mélopée. Au cœur de l’euphonie, tu loues, jusqu’aux larmes, les litanies limpides de «l’astre de l’Orient», par la voix d’Ahmed Chawki :
Demandez aux coupes de vin si elles ont effleuré ses lèvres/ Et au vin s’il a caressé ses dents/ Elle a passé la nuit à me servir au jardin un nectar cristallin/Que ni la fleur de la vigne ni la rose n’ont le parfum.
Quand il te souvient du thrène andalou, tu loues les cordes de Cordoue par les rimes d’Ahmed Ibn Zaydun et la mélodie d’Ahmed Al Bidaoui :
O brise matinale, porte mon salut/A celle qui, fut-elle de loin, en me le rendant nous ressuscitait.
Dans la fièvre pudique de l’ivresse, Ahmed Al-Moutanabbi, toute fierté tue, est ton commensal :
J’ai blâmé les amoureux jusqu’au jour j’ai goûté à l’amour/ Je me suis étonné alors comment mourir quand on n’a jamais aimé.
Flagellé par un chagrin constellé, tu aimais la femme jusqu’aux solitudes nocturnes de la lanterne. Hélé par la mort, tu tenais toujours à la celer par de fulgurantes lueurs à l’insu des ténèbres de la douleur. Passant pressé dans un Casablanca rugueux à la fragrance tarie, tu as célébré dans un ultimo trago l’amitié, fredonnant, comme Hölderlin, « Mais où sont-ils ceux que j’aimais ?». Ta complainte ruisselait, la nuit tombée, dans les entrailles de tes semblables vivants et dans les tombes des convives d’antan. Tu aimais la vie jusqu’ à la déserter dans une foudre d’été.
Loué sois-tu, sanglot violet.
Je nommerai flétrissure, l’absence de ton visage, et frondaison la mémoire de tes yeux prompts à la mélancolie quand la nostalgie les sertit. La violette demeure disséminée dans les coupes du soleil couchant et des heures violacées des après-midi chantants. Les lettres de ton prénom sont une mélopée. Au cœur de l’euphonie, tu loues, jusqu’aux larmes, les litanies limpides de «l’astre de l’Orient», par la voix d’Ahmed Chawki :
Demandez aux coupes de vin si elles ont effleuré ses lèvres/ Et au vin s’il a caressé ses dents/ Elle a passé la nuit à me servir au jardin un nectar cristallin/Que ni la fleur de la vigne ni la rose n’ont le parfum.
Quand il te souvient du thrène andalou, tu loues les cordes de Cordoue par les rimes d’Ahmed Ibn Zaydun et la mélodie d’Ahmed Al Bidaoui :
O brise matinale, porte mon salut/A celle qui, fut-elle de loin, en me le rendant nous ressuscitait.
Dans la fièvre pudique de l’ivresse, Ahmed Al-Moutanabbi, toute fierté tue, est ton commensal :
J’ai blâmé les amoureux jusqu’au jour j’ai goûté à l’amour/ Je me suis étonné alors comment mourir quand on n’a jamais aimé.
Flagellé par un chagrin constellé, tu aimais la femme jusqu’aux solitudes nocturnes de la lanterne. Hélé par la mort, tu tenais toujours à la celer par de fulgurantes lueurs à l’insu des ténèbres de la douleur. Passant pressé dans un Casablanca rugueux à la fragrance tarie, tu as célébré dans un ultimo trago l’amitié, fredonnant, comme Hölderlin, « Mais où sont-ils ceux que j’aimais ?». Ta complainte ruisselait, la nuit tombée, dans les entrailles de tes semblables vivants et dans les tombes des convives d’antan. Tu aimais la vie jusqu’ à la déserter dans une foudre d’été.
Loué sois-tu, sanglot violet.