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Le magnat hongkongais Li Ka-shing, et le conglomérat CK Hutchison qu'il a fondé, se retrouvent au centre d'un bras de fer entre Pékin et Washington pour le contrôle des ports clés du Canal de Panama.
La famille Li possède 30% de CK Hutchison, un conglomérat diversifié dans les ports, la distribution, les télécoms et les infrastructures.
En mars, l'entreprise avait annoncé la vente, encore non finalisée, de son activité portuaire mondiale, y compris dans le canal de Panama, à un consortium dirigé par les Etats-Unis pour un montant de 19 milliards de dollars. Cette annonce avait suscité des signes de mécontentement de Pékin, qui voit le canal comme un maillon crucial des Nouvelles routes de la soie, réseau de voies commerciales reliant la Chine et ses partenaires.
Une décision jeudi de la Cour suprême du Panama met à présent en péril ces actifs, en annulant la concession permettant à CK Hutchison d'exploiter des ports dans ce canal stratégique pour le commerce.
Surnommé "Superman" pour son sens aigu des affaires et une propension à investir exactement au bon moment, le milliardaire de 97 ans et sa famille sont à la tête d'un empire tentaculaire dirigé depuis Hong Kong.
En janvier, Li Ka-shing était classé au 9ème rang des grandes fortunes d'Asie, selon un classement de l'agence Bloomberg, avec un patrimoine de plus de 42 milliards de dollars.
Ses sociétés CK Hutchison, CK Asset Holdings, et d'autres emploient plus de 300.000 personnes dans une cinquantaine de pays.
Les décisions de l'homme d'affaires emblématique de l'ex-colonie britannique revenue dans le giron de la Chine en 1997 donnent souvent le "la" aux marchés de l'immobilier et des services dans le territoire chinois à statut spécial.
M. Li a longtemps repoussé son départ à la retraite, avant de finalement se retirer en 2018, à 89 ans passés, de la présidence de son entreprise phare CK Hutchison, confiant les rênes de son empire à son fils aîné Victor Li.
Self-made man
Né à Chaozhou, en Chine, en 1928, sa famille fuit à Hong Kong pendant la guerre sino-japonaise (1937-1945). Petit, sur les bancs de l'école, il entend tomber les bombes, se remémore-t-il en 2012 auprès du magazine Forbes.
C'est en 1950 qu'il crée sa première affaire, une fabrique de fleurs en plastique baptisée Cheung Kong, nom cantonais du fleuve Yangtze, avec 8.700 dollars américains.
Il investit ensuite beaucoup dans l'immobilier, faisant fortune dans les années 60, avant de multiplier les incursions dans de nombreux secteurs: distribution, télécoms, services...
Après la répression par Pékin du mouvement prodémocratie de la place Tiananmen en 1989, Li Ka-shing devient le plus important investisseur hongkongais en Chine continentale, principalement dans l'immobilier. Un mouvement à contre-courant de nombreuses entreprises étrangères.
Il entretient des relations étroites avec les dirigeants chinois Deng Xiaoping, Jiang Zemin et Hu Jintao.
Mais après l'arrivée au pouvoir en 2012 de Xi Jinping, Pékin durcit son attitude vis-à-vis des magnats, notamment de Hong Kong, et M. Li subit les critiques de médias liés au pouvoir central.
Car après avoir investi massivement en Chine, M. Li se déleste de nombreux actifs immobiliers et diversifie son empire, se développant notamment à l'étranger, ce qui est perçu comme une perte de confiance dans l'économie chinoise.
Lors des grandes manifestations prodémocratie qui secouent Hong Kong en 2019, Li Ka-shing appelle à la paix, à travers des messages énigmatiques dans la presse, comme un poème appelant les familles à ne pas s'entredéchirer, ou un autre énonçant: "Aimez la liberté, aimez la tolérance".
En mai 2018, lors de son départ à la retraite, il dit à la presse, après sa séance de sport quotidienne: "Je vais continuer à travailler, en faisant juste des choses différentes", et se consacre à des projets philanthropiques tout en gardant un oeil sur les affaires de sa famille.
M. Li est vu par beaucoup de Hongkongais comme un exemple de réussite et d'ascension sociale, mais ses détracteurs voient en lui l'incarnation des inégalités tenaces du territoire, connu pour son coût de la vie parmi les plus élevés du monde.
La famille Li possède 30% de CK Hutchison, un conglomérat diversifié dans les ports, la distribution, les télécoms et les infrastructures.
En mars, l'entreprise avait annoncé la vente, encore non finalisée, de son activité portuaire mondiale, y compris dans le canal de Panama, à un consortium dirigé par les Etats-Unis pour un montant de 19 milliards de dollars. Cette annonce avait suscité des signes de mécontentement de Pékin, qui voit le canal comme un maillon crucial des Nouvelles routes de la soie, réseau de voies commerciales reliant la Chine et ses partenaires.
Une décision jeudi de la Cour suprême du Panama met à présent en péril ces actifs, en annulant la concession permettant à CK Hutchison d'exploiter des ports dans ce canal stratégique pour le commerce.
Surnommé "Superman" pour son sens aigu des affaires et une propension à investir exactement au bon moment, le milliardaire de 97 ans et sa famille sont à la tête d'un empire tentaculaire dirigé depuis Hong Kong.
En janvier, Li Ka-shing était classé au 9ème rang des grandes fortunes d'Asie, selon un classement de l'agence Bloomberg, avec un patrimoine de plus de 42 milliards de dollars.
Ses sociétés CK Hutchison, CK Asset Holdings, et d'autres emploient plus de 300.000 personnes dans une cinquantaine de pays.
Les décisions de l'homme d'affaires emblématique de l'ex-colonie britannique revenue dans le giron de la Chine en 1997 donnent souvent le "la" aux marchés de l'immobilier et des services dans le territoire chinois à statut spécial.
M. Li a longtemps repoussé son départ à la retraite, avant de finalement se retirer en 2018, à 89 ans passés, de la présidence de son entreprise phare CK Hutchison, confiant les rênes de son empire à son fils aîné Victor Li.
Self-made man
Né à Chaozhou, en Chine, en 1928, sa famille fuit à Hong Kong pendant la guerre sino-japonaise (1937-1945). Petit, sur les bancs de l'école, il entend tomber les bombes, se remémore-t-il en 2012 auprès du magazine Forbes.
C'est en 1950 qu'il crée sa première affaire, une fabrique de fleurs en plastique baptisée Cheung Kong, nom cantonais du fleuve Yangtze, avec 8.700 dollars américains.
Il investit ensuite beaucoup dans l'immobilier, faisant fortune dans les années 60, avant de multiplier les incursions dans de nombreux secteurs: distribution, télécoms, services...
Après la répression par Pékin du mouvement prodémocratie de la place Tiananmen en 1989, Li Ka-shing devient le plus important investisseur hongkongais en Chine continentale, principalement dans l'immobilier. Un mouvement à contre-courant de nombreuses entreprises étrangères.
Il entretient des relations étroites avec les dirigeants chinois Deng Xiaoping, Jiang Zemin et Hu Jintao.
Mais après l'arrivée au pouvoir en 2012 de Xi Jinping, Pékin durcit son attitude vis-à-vis des magnats, notamment de Hong Kong, et M. Li subit les critiques de médias liés au pouvoir central.
Car après avoir investi massivement en Chine, M. Li se déleste de nombreux actifs immobiliers et diversifie son empire, se développant notamment à l'étranger, ce qui est perçu comme une perte de confiance dans l'économie chinoise.
Lors des grandes manifestations prodémocratie qui secouent Hong Kong en 2019, Li Ka-shing appelle à la paix, à travers des messages énigmatiques dans la presse, comme un poème appelant les familles à ne pas s'entredéchirer, ou un autre énonçant: "Aimez la liberté, aimez la tolérance".
En mai 2018, lors de son départ à la retraite, il dit à la presse, après sa séance de sport quotidienne: "Je vais continuer à travailler, en faisant juste des choses différentes", et se consacre à des projets philanthropiques tout en gardant un oeil sur les affaires de sa famille.
M. Li est vu par beaucoup de Hongkongais comme un exemple de réussite et d'ascension sociale, mais ses détracteurs voient en lui l'incarnation des inégalités tenaces du territoire, connu pour son coût de la vie parmi les plus élevés du monde.