Les transformations géopolitiques que connaît le monde aujourd'hui ne permettent aucune forme de naïveté dans le traitement d'un dossier aussi lourd et complexe que celui du Sahara

Moussaoui El Ajlaoui anime une conférence de l'USFP sur la Cause nationale


Elias Rayane
Jeudi 19 Mars 2026

Autres articles
Moussaoui El Ajlaoui, chercheur au Centre Afrique-Moyen-Orient pour les études et professeur d'histoire contemporaine à l'Université Mohammed V de Rabat, a animé, récemment, une conférence sur la Cause nationale après la résolution 2797 du Conseil de sécurité en octobre 2025, conférence organisée par le secrétariat provincial du Parti de l'USFP à Salé.

Il a entamé son intervention en affirmant que l’USFP joue un rôle important dans la formation de générations d'étudiants, d'élèves et de cadres, et dans l'enrichissement du débat intellectuel et politique au Maroc.

Il a indiqué que parler de la récente résolution onusienne ouvre la porte à une série de questions liées à l'avenir de la Cause nationale, considérant que ce dossier reste complexe compte tenu de ses prolongements historiques, juridiques et politiques.

Dans ce contexte, le chercheur a retracé le parcours historique de la présentation de la question du Sahara au sein des Nations unies depuis 1963 dans le cadre du processus de décolonisation, soulignant que le Maroc était à l'époque l'un des pays pionniers dans la défense des causes de libération nationale au sein de l'organisation onusienne, qu’il s’agisse de la question algérienne pendant la période coloniale ou du soutien aux mouvements de libération en Afrique et dans les colonies portugaises.

Il a rappelé que le Maroc a continué à défendre ce dossier au sein des Nations unies jusqu'en 1974, avant que la région ne connaisse des changements politiques majeurs suite aux tentatives de partition du Sahara, ce qui a poussé le Maroc à recourir à la Cour internationale de justice de La Haye pour prouver les liens historiques et juridiques unissant les tribus sahraouies au Trône Alaouite.

Moussaoui El Ajlaoui s'est arrêté sur l’épopée de la Marche Verte qu'il a qualifiée de moment charnière dans l'histoire du Royaume, où le Maroc, sous la conduite de Feu SM le Roi Hassan II, a réussi à déjouer toutes les manœuvres visant son intégrité territoriale, affirmant que ce moment historique a incarné le consensus du peuple marocain autour de la question du Sahara en tant que Cause centrale de la nation marocaine.

Sur les plans juridique et politique, il a précisé que les récentes résolutions onusiennes ont clairement insisté sur le fait que la solution au conflit doit être politique, et non militaire, et que les parties concernées sont appelées à s'engager dans un processus politique réaliste et durable.

Moussaoui El Ajlaoui a indiqué que le Maroc a renforcé sa position depuis 2007 lorsqu'il a présenté le plan d'autonomie, que la communauté internationale considère comme une initiative sérieuse et crédible, soulignant que cette initiative repose sur l'octroi d'une autonomie aux provinces du Sud dans le cadre de la souveraineté marocaine, l'Etat conservant les grandes prérogatives régaliennes.

Il a également expliqué que le Maroc a œuvré pour donner plus de force à cette initiative à travers des réformes constitutionnelles et institutionnelles qui ont renforcé sa position au niveau international.

Dans son analyse des dimensions régionales du conflit, Moussaoui El Ajlaoui a fait savoir que ce dossier ne peut être dissocié des relations du Maroc avec l'Algérie et la Mauritanie, notant que la question des frontières dans la région demeure étroitement liée à la résolution de la question du Sahara.

Il a également évoqué le rôle joué par d'éminentes personnalités nationales dans la défense de la Cause nationale au sein des instances internationales, parmi lesquelles Abderrahim Bouabid, Ali Yata, Abdelkrim El Khatib et Mahjoubi Aherdane, qui ont contribué à faire connaître la justesse de la position marocaine auprès de nombreux pays.

Lors du débat qui a suivi son intervention, Moussaoui El Ajlaoui a apporté une série de clarifications liées aux développements actuels de la Cause nationale. Dans ce contexte, il a mis l’accent sur l'importance de recenser la population des camps de Tindouf, considérant que la mention faite dans le discours de S.M le Roi Mohammed VI de «nos frères à Tindouf» fait essentiellement référence aux Marocains se trouvant dans ces camps, et non à des personnes d'autres nationalités comme c'est le cas pour certaines composantes du polisario.

Il a également insisté sur le fait que les transformations géopolitiques que connaît le monde aujourd'hui ne permettent aucune forme de naïveté dans le traitement d'un dossier aussi lourd et complexe que celui du Sahara, affirmant que le Maroc a réussi, au fil des décennies, à gérer les grands tournants qu'a connus ce dossier avec beaucoup de sagesse et de compétence.

Dans le même ordre d'idées, il a salué le rôle joué par les médias marocains dans la défense de la Cause nationale et sa promotion aux niveaux national et international, estimant que la bataille autour du Sahara n'est pas seulement diplomatique ou politique, mais aussi médiatique et culturelle.

Moussaoui El Ajlaoui a affirmé que la diplomatie marocaine s'est distinguée ces dernières années par un caractère pragmatique, expliquant que les relations internationales dans la pratique diffèrent grandement de ce qui est enseigné dans les universités, ce qui explique le succès de l'approche marocaine qui repose sur le réalisme.
Dans ce cadre, il a estimé que la diplomatie marocaine a obtenu des résultats importants grâce à la Vision clairvoyante de S.M le Roi Mohammed VI.

Il s'est également arrêté sur la position exprimée par le Souverain à maintes reprises, fondée sur la main tendue pour le dialogue et le maintien de la porte ouverte à une solution politique au conflit, ce qui reflète, selon Moussaoui El Ajlaoui, une approche sage qui parie sur les solutions politiques plutôt que sur l'escalade.

Le chercheur a conclu son intervention en précisant que le dossier du Sahara se trouve aujourd'hui en mains sûres, compte tenu de la clarté de la vision stratégique du Maroc et de son attachement à ses constantes nationales, en premier lieu desquelles la souveraineté complète sur ses provinces du Sud.

Elias Rayane

Elias Rayane
Jeudi 19 Mars 2026
Lu 141 fois
Dans la même rubrique :