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Les stars confinées surfent sur la vague du podcast





Les stars confinées surfent sur la vague du podcast
Cloîtrés et désoeuvrés, de plus en plus d’acteurs, personnalités politiques et stars de la téléréalité se lancent dans le podcast en pleine pandémie, transformant leur salle de bain ou leur dressing en studio d’enregistrement improvisé. Il y en a pour tous les goûts. Quand Demi Moore narre d’une voix suave des aventures érotiques dans “Dirty Diana”, Jamie Lee Curtis et Matthew McConaughey donnent de la voix dans les fictions audio pour enfants “Letters from Camp” et “Hank the Cowdog”.

Depuis fin juillet, l’ex-Première dame Michelle Obama discute de sujets intimes dans son podcast simplement baptisé “The Michelle Obama Podcast” et les acteurs comiques Jason Bateman, Sean Hayes et Will Arnett s’essaient à l’interview d’autres célébrités dans “Smartless”. Même l’ancien avocat de Donald Trump, Michael Cohen, mène une croisade contre son ex-patron dans son podcast “Mea Culpa” depuis septembre.

Meghan Markle et le prince Harry ont eux décidé de se confier sur leur expérience de la pandémie dans le premier épisode d”Archewell Audio”, dévoilé en décembre. Les vedettes de la téléréalité ne sont pas en reste. Paris Hilton devrait lancer son premier podcast fin février chez le géant de la radio iHeartMedia et Kim Kardashian a signé cet été avec Spotify pour développer une émission consacrée à la justice pénale. Si les podcasts de stars ne sont pas nouveaux, leur multiplication est une “conséquence naturelle” de la pandémie, estime Nicholas Quah, créateur du blog Hot Pod. “La plupart de ces stars ne peuvent plus participer à des productions télévisuelles ou cinématographiques”, mises en pause pour limiter la propagation du virus, explique-til. “C’est une opportunité pour eux de continuer à toucher leurs fans et toucher le public”. Beaucoup sont attirés par la flexibilité de ce média justement parce qu’il ne nécessite ni décor, costume ou caméra et garantit des conditions de travail en toute sécurité vis-àvis du Covid-19. Pour la fiction “Dirty Diana”, co-produite par la société QCode, chaque acteur s’est enregistré chez lui, raconte à l’AFP son fondateur Rob Herting. “Ils devaient trouver la meilleure pièce dans leur maison. Pour Demi (Moore) c’était la salle de bain. C’était très drôle. On a eu d’autres acteurs qui s’enregistraient dans des placards, ou bien là où il y avait la meilleure acoustique”, détaille-til.

Autre avantage: la rapidité d’exécution et le coût. “Dirty Diana” a été enregistrée en mai puis publiée en juillet, alors que plusieurs années peuvent séparer le tournage d’un film et sa sortie officielle. Le budget moyen des fictions de la société QCode, dont certaines comptent des acteurs oscarisés comme Rami Malek, oscille entre 100.000 à 500.000 dollars, quand même un film à petit budget coûte au moins “un million”, précise M. Herting. Les recettes générées par l’industrie du podcast sont toutefois beaucoup moins importantes que celles de l’industrie du cinéma, de la musique ou de la télévision, même si en forte augmentation. Les revenus publicitaires des podcasts devraient en effet progresser de 15% aux Etats-Unis en 2020 malgré la pandémie, pour s’approcher du milliard de dollars, selon le rapport annuel IAB/PwC, publié en juillet. “C’est désormais un espace que les gens de l’industrie du divertissement considèrent comme un investissement rentable”, salue Nicholas Quah. Mais “une grande partie de l’argent de ces annonceurs aurait pu aller à des gens qui travaillent dans ce secteur sur le long terme au lieu d’aller en priorité (aux célébrités)”, nuance-t-il.

Pour lui, beaucoup de vedettes voient le podcast uniquement “comme une extension de leur image de marque” et une façon de continuer à capter l’attention médiatique. Les studios de podcasts sont cependant d’autant plus enclins à miser sur des projets avec des stars que leurs fans garantissent une audience, et qu’ils offrent des possibilités d’adaptations au cinéma ou à la télévision. 

Libé
Vendredi 19 Février 2021

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