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Les îles Gili, paradis des touristes devenu un désert plein d'hôtels à l'abandon


Libé
Vendredi 17 Décembre 2021

Les îles Gili, paradis des touristes devenu un désert plein d'hôtels à l'abandon
Avant la pandémie, Ilhani cuisinait chaque jour des plats japonais pour des touristes du monde entier. Il gagne à présent à peine trois dollars par jour avec des beignets qu'il vend à vélo dans les rues désertées de l'île indonésienne de Gili Trawangan.

La pandémie de coronavirus a poussé vers la fermeture de presque tous les hôtels et restaurants des îles Gili, appréciées pour leurs plages de sable blanc et une mer turquoise abritant des tortues et d'autres espèces marines.

Gili Trawangan, île voisine de Bali, se développait rapidement grâce au tourisme avec quelque 1.500 visiteurs étrangers chaque jour.

Mais après les restrictions imposées par les autorités à partir de mars 2020, puis la fermeture des frontières aux touristes internationaux, le restaurant d'Ilhani n'a pas survécu.
Près de deux ans plus tard, il dit avoir du mal à nourrir sa femme et ses quatre enfants.

"La vie est très difficile maintenant. Je vends des beignets parce que c'est quelque chose que les locaux peuvent se permettre d'acheter", explique-t-il à l'AFP.
"Avant, il y avait des touristes pour acheter tout ce que l'on vendait, mais maintenant vous voyez, l'île est désertée".

L'économie des trois petites îles Gili -- Trawangan, Meno et Air -- était très dépendante du tourisme. Sur quelque 800 hôtels comptant 7.000 chambres environ, seuls une vingtaine d'établissements sont toujours ouverts, selon Lalu Kusnawan, le président de l'Association des hôtels de Gili qui exploite un complexe touristique à Trawangan.

Les magasins, bars et cafés, restent vides, certains sont à vendre et d'autres laissés à l'abandon. La poussière et les toiles d'araignées s'accumulent sur les tables et chaises inutilisées depuis longtemps.
 
 Le personnel qui était employé dans le tourisme a dû trouver d'autres moyens de gagner sa vie. Certains pêchent pour nourrir leur famille.

La pandémie de coronavirus devrait encore faire perdre cette année 2.000 milliards de dollars au secteur touristique mondial, autant qu'en 2020, a averti l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) la semaine dernière, estimant que le redressement sera "fragile" et "lent"'.

Les arrivées de touristes internationaux devraient ainsi rester cette année "de 70 à 75% inférieures" à celles de l'avant-pandémie qui s'établissaient à 1,5 milliard en 2019.

Ilhani craint de devoir encore souffrir alors que les autorités indonésiennes viennent d'imposer de nouvelles restrictions pour prévenir une nouvelle vague pandémique.

Dans le port de Gili Trawangan, la plupart des bateaux, utilisés pour emmener les touristes d'une île à l'autre ou pour aller plonger, sont à l'ancre depuis des mois. Un peu plus loin un ponton est en train de pourrir.

Les frontières ont été rouvertes officiellement aux touristes de quelques pays en octobre. Mais aucune liaison internationale directe vers Bali n'a repris et les touristes font face à une quarantaine et des règles strictes pour les visas, ce qui limite la demande.

Craignant l'impact du nouveau variant Omicron, l'Indonésie a rallongé à 10 jours la période de quarantaine obligatoire dans un hôtel à l'entrée dans le pays, douchant les espoirs d'une reprise du tourisme.

Lalu Kusnawan pense qu'il ne peut pas tenir plus longtemps.
"On est en train de saigner, mais on n'a plus de sang à verser (...) Nous étions déjà en mauvaise posture avant Omicron", se lamente-t-il.

Abdian Saputra, qui a un service de bateaux effectuant la navette entre Bali et les îles Gili, explique avoir dû vendre ses biens et licencier la moitié de ses salariés pour continuer son business.

"Je vois rarement de nouveaux passagers depuis la pandémie. Si nous arrêtons, les autres entreprises comme les hôtels vont mourir. On s'aide les uns les autres pour survivre".
"Mais si ça continue, mon affaire ne pourra durer que jusqu'en janvier ou en février prochain".

Les voyageurs étrangers venus en Indonésie avant la fermeture des frontières, ou ceux qui vivent dans le pays, profitent de l'île paradisiaque à eux seuls.

"Je ne verrai jamais plus l'île comme cela, mais si je devais choisir, je préférerais que les touristes soient de retour (...) parce que les locaux souffrent depuis trop longtemps", observe Nicolas Lindback, originaire de Norvège.


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