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Les exportations TIR menacées par la baisse annoncée du nombre de visas français


Alain Bouithy
Mercredi 6 Octobre 2021

L’ASMEX appréhende la décision de Paris qui pourrait impacter négativement le transport international routier

La décision du gouvernement français de réduire le nombre de visas accordés aux ressortissants marocains, algériens et tunisiens commence sérieusement à inquiéter l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX). Dans un communiqué rendu public récemment, l’organisation professionnelle attire l’attention des parties prenantes sur la menace que cette décision ferait peser sur le transport international routier de marchandises TIR et, par ricochet, sur les exportations marocaines vers l’Europe. Le durcissement des procédures d’obtention de visas français pour les chauffeurs de camions TIR constituerait une sérieuse menace pour l’activité de ces derniers qui, faut-il le rappeler, assurent le transport des marchandises dont des denrées périssables vers l’Hexagone et plus généralement vers l’Europe. Il va falloir donc prendre au sérieux la menace qui se profile dès lors que la décision de Paris à l’égard des pays maghrébins, mise à exécution, tombe au plus mauvais moment. En effet, elle survient au début imminent de la campagne d’exportation des agrumes et primeurs. La situation est préoccupante d’autant plus que, comme le souligne l’association de même source, la conjoncture mondiale actuelle de surchauffe du fret maritime s’est traduite cette année par la rareté des navires, des espaces et des conteneurs réfrigérés utilisés pour l’exportation de ce type de produits. Prenant la mesure des conséquences qui se profilent pour le transport international routier et les exportations de marchandises vers l’Europe, l’ASMEX annonce qu’elle a saisi par courrier le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, le ministère de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau, le ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Economie verte et numérique et l’ambassade de France au Maroc. Au vu de la menace qui se profile et afin de débloquer en urgence la situation, l’ASMEX, présidée par Hassan Sentissi El Idrissi, propose entre autres solutions de prévoir un Fast-Track dédié aux chauffeurs de camions TIR afin d’obtenir ou de renouveler leurs visas dans les plus brefs délais, rappelant à l’occasion que le pavillon étranger monopolise 95% du transport TIR du Maroc. Souhaitant vivement que tout soit mis en œuvre pour débloquer rapidement cette situation, Abdelaziz Mantrach, vice-président de l’Association et président de la Commission logistique, exhorte toutes les instances concernées à intervenir en urgence. Cité par la MAP, ce dernier indique que la rareté des bateaux et de disponibilité des containers est telle que « si en plus on prive les chauffeurs de TIR des visas nécessaires pour l’acheminement des produits vers l’Europe, cela va handicaper nos exportations ». Sans vouloir appeler à des restrictions à l’égard de leurs collègues de l’autre côté de la Méditerranée, l’ASMEX note toutefois que les camions européens bénéficient d’une grande fluidité aux frontières marocaines sans exigence de visas au moment où les chauffeurs marocains sont bloqués. Un triste constat qui se traduit par de lourdes pertes. Pour rappel, mardi 28 septembre dernier, le gouvernement français par la voix de son porte-parole, Gabriel Attal, a annoncé que la France allait durcir les conditions d’obtention des visas pour les ressortissants du Maroc, d’Algérie et de Tunisie. La raison de ces restrictions : le refus des pays maghrébins de délivrer des laissez-passer consulaires indispensables au retour des immigrés refoulés de France. Lesquels documents seraient délivrés au compte-gouttes. Sur les antennes de la radio Europe1, Gabriel Attal a, en effet, expliqué que la décision de Paris avait été « rendue nécessaire par le fait que ces pays n’acceptent pas de reprendre des ressortissants que nous ne souhaitons pas et ne pouvons pas garder en France ». A l’instar des autres pays de la région, le Maroc n’a bien sûr pas tardé à réagir. Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a qualifié cette décision d’« injustifiée ». Rappelons également qu’entre janvier et juillet 2021, la France a délivré quelque 18.579 visas aux ressortissants marocains sur 24.191 demandes, contre 346.000 en 2019 (sur 420.000 dépôts de visas). 


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