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Les PDG africains optimistes sur le commerce intra-régional

84% des chefs d’entreprise déclarent avoir des attentes élevées concernant l’environnement local des affaires




Une large majorité des PDG africains s'est dite optimiste concernant le commerce intra-régional et les perspectives économiques locales pour les 12 prochains mois, ressort-il du Business Barometer 2019, sondage réalisé par le cabinet d’intelligence économique et de conseil d’Oxford Business Group (OBG).
Ainsi, rapporte la MAP, plus de quatre cinquièmes (84%) des chefs d’entreprise ont déclaré avoir des attentes élevées ou très élevées concernant l’environnement local des affaires pour l’année à venir et 78% d’entre eux ont annoncé que leur entreprise devrait réaliser un investissement significatif dans les prochains mois, précise OBG dans cette étude.
Le cabinet fait également savoir qu’une proportion de 72% des dirigeants sondés est convaincue que la zone de libre-échange continentale (ZLEC) aurait un impact positif ou très positif sur le commerce intra-régional, rappelant que cet accord vise à créer un marché africain unique pour les biens et les services et à permettre la libre-circulation des hommes et femmes d’affaires et des capitaux. 
"Bien que les dirigeants interrogés par OBG soient majoritairement confiants sur l’avenir, ils sont conscients que des événements externes risquent d’affecter les marchés africains sur le court et moyen termes", souligne la même source. 
Ladite étude révèle aussi que pour le plus grand nombre de sondés (38% d’entre eux), essentiellement des chefs d’entreprise des pays producteurs de pétrole comme le Nigeria, l’Algérie, le Ghana et le Kenya, le facteur le plus susceptible d’impacter leur économie serait une hausse des prix du pétrole. En deuxième position, l’instabilité dans les pays voisins a été désignée par 23% des chefs d’entreprise interrogés, ajoute-t-elle.
L’un des objectifs majeurs de la ZLEC est la création d’emplois, qui est d’autant plus urgente que 10 à 12 millions de jeunes entrent chaque année sur le marché du travail régional, relève OBG, précisant que plus d’un tiers (36%) des dirigeants, interrogés sur la compétence dont leur pays a le plus besoin, ont évoqué la compétence de leadership, tandis que la recherche, le développement et l’ingénierie ont été désignés par 14% des sondés.
D’après Souhir Mzali, la directrice éditoriale d'OBG pour l’Afrique, les raisons de l’optimisme qui règne parmi les chefs d’entreprises sont multiples. Elle a notamment mentionné l’intérêt croissant pour le continent africain de la part de la Chine et d’autres pays, et les investissements qui se sont ensuivis, ainsi que le lancement de programmes d’investissement publics pour développer les infrastructures. 
Bien que la mise en œuvre de la ZLEC soit loin d’être simple, elle pourrait booster les volumes commerciaux de façon notable, a-t-elle ajouté.
"Par rapport aux autres blocs régionaux, l’Afrique est actuellement en retard en matière de commerce avec seulement 16% du volume des échanges commerciaux intracontinentaux, contre plus de 50 % pour l’Asie et plus de 60 % pour l’Europe", a expliqué Mme Mzali, estimant que "de nombreux défis devront être surmontés avant que les effets de l’accord ne se fassent pleinement sentir : retards en infrastructures, instabilité de l’alimentation électrique, lourdeur de l’administration et corruption". Elle a, en outre, fait remarquer que "l'Afrique a, toutefois, de bonnes raisons d’être optimiste avec l’entrée en vigueur de la ZLEC qui est prévue dans le mois suivant le dépôt des signatures requises au siège de l’Union africaine", soulignant le rôle essentiel que jouerait la transformation numérique dans la création d’emplois bien nécessaires pour la main-d’œuvre croissante de la région. D'après elle, "seuls 22% des foyers du continent ont accès à Internet".
Dans le cadre de sa deuxième enquête sur l’économie africaine, le cabinet international d’intelligence économique et de conseil a posé une série de questions en tête-à-tête à 787 hauts-dirigeants de huit pays africains, afin d’évaluer la confiance des entreprises.

Libé
Lundi 13 Mai 2019

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