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Le tourisme gadiri boucle l’année sous le signe de la résilience




La fréquentation touristique s’est maintenue au même niveau que l’an passé

La première station balnéaire du Maroc boucle l’année 2016 sous le signe de la résilience. La fréquentation touristique s’est maintenue au même niveau que l’an passé grâce principalement à la clientèle nationale qui a pu combler le recul des marchés émetteurs traditionnels dans une conjoncture internationale difficile, rapporte la MAP. 
"Le secteur touristique à Agadir a encore une fois confirmé sa forte résilience dans une période caractérisée par de grandes turbulences à l’échelle internationale", relève le directeur du Conseil régional du tourisme (CRT), Fouad Hajoui qui note que l’année devrait se terminer avec un taux d’accroissement compris entre 2 et 4%. 
De -9% au cours du premier semestre, le nombre de visiteurs a en effet passé sur les 11 premiers mois de l’année à 2%.
Le marché national maintient sa position de principale demande touristique à destination d’Agadir avec 325.766 visiteurs et un taux d’accroissement de 9,2%. 
Malgré sa régression de 15%, le marché français se maintient en seconde position avec 116.273 touristes, suivi du marché allemand avec 85.829 et un taux d’accroissement de 5,3%. Le marché anglais avec 68.881 a marqué, quant à lui, une baisse de 5,6%.
Pour nombre de professionnels, il s’agit là d’une performance au vu du contexte international dans lequel le secteur touristique a évolué. 
Le ralentissement de la croissance économique mondiale, les répercussions des tourments sécuritaires dans nombre de pays arabes et les dommages collatéraux des attentats terroristes en France et en Belgique avec une montée du discours de haine et de peur ont fortement affecté l’industrie du tourisme. 
De l’avis de Guy Marrache, président du CRT d’Agdir Souss-Massa, face à ces facteurs exogènes, le Maroc a incontestablement fait preuve d’une forte capacité de résilience.
"Nous bénéficions de ce que l’on appelle +l’exception marocaine+", relève -t-il.
Le Royaume est l’unique pays au sud de la Méditerranée qui a été classé par le ministère français des Affaires étrangères, le Foreign Office britannique et le Département d’Etat américain, comme une destination sûre.
M. Marrache qui préside un groupe hôtelier actif dans plusieurs villes du Royaume, n’en relève pas moins l’importance aujourd’hui pour les professionnels de la destination Agadir de s’adapter à la "révolution numérique" ainsi qu’aux nouveaux modes de gestion qui caractérisent le secteur.
Le client n’est plus obligé de passer par l’agence pour l’achat d’un package. Avec Internet, les To online et les compagnies aériennes Low Cost, le client confectionne lui-même son voyage à la maison. 
"Notre approche de promotion et de commercialisation doit donc évoluer et s’adapter à ce nouveau comportement", insiste-t-il.
En vue de relancer la destination, le CRT en concertation avec les autorités locales, les élus et autres partenaires comme l’ONMT et la RAM, est engagé dans un vaste chantier.
La diversification du produit balnéaire par une valorisation des potentialités culturelles et naturelles régionales est au cœur du plan mis en place qui comporte aussi des actions de promotion et de communication à destination des principaux marchés émetteurs, la prospection de nouveaux marchés émergents tels que le marché russe et ceux de l'Europe de l'Est, la promotion des réseaux de vente, de l’événementiel avec l’organisation de congrès des TO online, des compétitions de golf et de surf, outre des campagnes de promotion sur le marché national. 
Autre tâche aussi urgente concerne, indique-t-on, l’harmonisation du message autour de la destination pour qu’elle soit en phase avec l’image nationale. L’Office nationa marocain de tourisme s’attelle à cette mission de branding essentielle.
S’agissant de l’aérien, élément clé du développement des flux touristiques, le CRT a annoncé avoir entrepris les démarches auprès de différentes compagnies aériennes nationales et étrangères régulières et Low Cost pour mettre en place une base aérienne à Agadir, susceptible de répondre aux besoins des différents marchés et d'assurer de nouvelles fréquences.
Cette base aérienne permettra, par ailleurs, de développer les fréquences domestiques entre Agadir et Casablanca. Dans ce sens, le soutien du conseil régional par la création d’un fond d’aide aux compagnies aériennes est jugé indispensable pour réussir un tel pari par la mise en place d’un appareil capable de desservir les 14 routes hebdomadaires et renforcer les dessertes point à point.
Dans un contexte international qui n’est pas appelé à changer de sitôt, seul un travail de fond de la part des opérateurs et des différents acteurs du secteur au niveau régional et national est à même de permettre à Agadir de garder toute son attractivité et gagner davantage de parts de marché dans une industrie des plus compétitives. 

Libé
Mercredi 21 Décembre 2016

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