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Le tour de Moscou en trois jours et quelques heures... (3/3)

Lénine, réveille-toi, ils sont devenus forts !




Mohamed Laroussi admiratif  à ce qu’il paraît devant la statue de Lénine. Chassez le marxisme- léninisme, il revient au galop.
Mohamed Laroussi admiratif à ce qu’il paraît devant la statue de Lénine. Chassez le marxisme- léninisme, il revient au galop.
Ce voyage à Moscou, j'en ai rêvé alors que j'étais encore ado, disons post-ado. J'étais encore jeune étudiant en France et déjà apprenti-révolutionnaire, et Moscou, à l’époque capitale de l’ex-URSS, était considérée comme un peu La Mecque des marxistes-léninistes-humanistes-idéalistes dont je faisais plus ou moins ouvertement partie. Ensuite, beaucoup plus tard, adulte, vacciné, marié, père de famille et presque embourgeoisé, j'ai failli y aller, encouragé en cela par une grande amie et collègue de travail, russe par sa mère. Et c'est seulement il y a quelques jours que j'ai réussi enfin à réaliser ce rêve que j'avais presque oublié, mais qui avait émergé très naturellement dès qu’on avait commencé à parler du Mondial en Russie. La réalisation de ce rêve, je la dois à mon appartenance toute récente à la FIJET – Fédération internationale des journalistes et écrivains du tourisme et à l’AMJET sa section locale, et dont votre modeste serviteur est l’actuel secrétaire général. En effet, c'est grâce à cette grande organisation professionnelle que j'ai été invité par le département des  Sports et du Tourisme  du gouvernement de Moscou pour un voyage de presse destiné à faire connaître et à promouvoir le tourisme à Moscou, au lendemain de la Coupe du monde 2018 et qui a été organisée avec le succès et le brio que l'on sait.  
C'est ce court mais si intense voyage que je vais essayer de vous raconter dans cette mini-série de 3 articles, durant cette semaine.  








Je dois vous avouer que je ne suis pas très fier du titre que j'ai donné à ce 3ème et dernier article sur ma récente visite à Moscou. D'autant plus que l'appel à Lénine à titre posthume qui avait été écrit sur les murs de Prague, et son contexte tragique n'ont plus rien à avoir ni avec ce que les Russes ont réalisé comme performances économiques et sociales ni avec ce qu'est devenue Moscou, l'ex-capitale de l'ex-URSS. Je pense que si Lénine retournait en vie aujourd'hui et visitait Moscou, il serait sûrement content de voir comment elle est capable de rivaliser avec ses consoeurs européennes ou américaines, dans presque tous les domaines. Il est vrai qu'on est un peu loin des objectifs qui avaient été tracés par le père de la Révolution bolchévique et par ses compères communistes, notamment en termes d'égalité et de justice sociale, mais peut-être qu'eux aussi, tout généreux et humanistes qu'ils étaient, ils avaient surestimé leurs capacités ou pas assez rationalisé leurs souhaits pour le peuple russe et les autres peuples de la région et du monde. J’'ai déjà visité de nombreuses villes à travers le monde, pas autant que j'aurais souhaité, mais assez pour constater et déduire que Moscou est vraiment une cité à part. La Russie compte plusieurs siècles d''histoire, parfois glorieuse, parfois tragique, parfois rayonnante et parfois pas très reluisante. Mais, toujours est-il, la Russie est un grand pays qui a marqué l'histoire. En tout cas, les Russes semblent revendiquer leur histoire, et ils veulent nous la raconter. Comme je l'avais précisé auparavant, ma visite à Moscou entre dans le cadre d'un voyage de presse organisé par le gouvernement de Moscou et plus précisément par le département des Sports et du Tourisme. Oui, vous avez bien lu  : Sports et Tourisme. Etrange, non? Hé bien non. Quand nous avons été reçus par M. Nikolai Gulyaev, le chef de ce département, j'en avais profité pour lui faire part de mon étonnement. Et c'est ainsi que nous avons appris que cette alliance quelque peu anachronique, est effectivement unique au sein la Fédération de Russie, et qu’elle ne date que de 2016.. De là, nous pouvons en déduire que cette juxtaposition est d’ordre stratégique et que les responsables de Moscou avaient bien compris que le succès escompté par l’organisation du Mondial du foot, un événement à l’impact planétaire, pouvait et devrait devenir le tremplin pour un nouveau tournant pour l’histoire de cette grande métropole, et partant pour l’ensemble du pays. D’ailleurs, M. Nikolai Gulyaev, un homme au charme et au sourire dévastateurs n’a pas manqué de souligner l’importance de l’histoire de son pays et il a souhaité que nos guides et nos accompagnateurs sachent comment nous la raconter.
Des histoires, on nous en a raconté plusieurs, que ce soit par les responsables dédiés dans les nombreux sites que nous avons visités, ou bien par notre guide Julie, dans le bus lors des longs trajets que nous avons effectués à travers durant ces 3 jours. Toutes ces histoires concernaient aussi bien l’histoire ancienne, celle de l’ère du tsarisme teintées d’héroïsme et d’extravagance, celle du bolchevisme et du stalinisme, avec ses héritages et ses dérapages, que l’histoire du régime actuel, encore fraîche, mais qui ne manque ni de gloire ni de piquant.
On m’a toujours rapporté que les Russes prennent un peu de temps avant de s’ouvrir. Vu, justement, le peu de temps qui m’a été imparti lors de cette visite, je ne pourrais apporter plus d’éclaircissement à ce propos. Cependant, j’ai pu remarquer que leur volonté de s’ouvrir est encore à ses balbutiements.
J’en donne pour preuve le programme très chargé et très concentré de notre visite, et la manière trop encadrée et trop rigide de cette visite. Nous avions l’impression que nos hôtes voulaient nous en mettre plein la vue, et très vite, ce qui a agacé pas mal de mes confrères et consoeurs qui ont bénéficié de ce voyage.
Nous n’avions presque pas le temps de souffler. Nous avons pu quand même le faire deux fois. La première, c’était lors du magnifique Festival international de la musique militaire auquel nous avons été conviés le premier soir. Deux heures et demie d’un spectacle grandiose de lumière, de musique, de sons et d’effets spéciaux, animé par des groupes venus de plusieurs pays, sur la grande et mythique Place Rouge. Et la 2ème fois, c’était durant la mini-croisière sur la rivière Moskova sur un magnifique bateau où nous avons pu déguster un délicieux déjeuner tout admirant de très beaux sites touristiques et monuments historiques. Pour finir, j’ai le sentiment profond que, tôt ou tard, Moscou va devenir une grande destination touristique. D’ailleurs, cela a déjà bien commencé : durant cette seule année, la ville a reçu pas moins de 20 millions de touristes. C’est vrai que 2018 a été une année très spéciale, mais je suis certain que Moscou est bien partie pour concurrencer les villes-stars du tourisme mondial comme Paris, Londres ou Barcelone. D’ailleurs, moi, depuis que je suis rentré de cette visite-éclair à Moscou, je n’ai plus qu’une seule envie : y retourner, mais pour beaucoup de plus de temps. Priez pour moi.

 * laroussimo@hotmail.com

Par Mohamed Laroussi
Vendredi 7 Septembre 2018

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