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Le surfeur Benjamin Sanchis et son monde plus grand que nature


Une grosse vague va plus vite, tu ricoches si tu tombes. Il faut être prêt à se faire tabasser sous l'eau, dixit Sanchis



Moins de 20 mètres de haut, s'abstenir ! Addict à la mer, le Français Benjamin Sanchis s'aventure à travers le monde avec sa planche de surf en quête de vagues, de très grosses vagues, belles et ultra puissantes. Emballé, baladé et parfois broyé, il signe des exploits grand format.
"Une vague classique, ça ne va jamais te tuer. Une énorme vague, quand tu la vois arriver tu te poses la question: 'Est-ce que je veux vraiment la prendre?' Si tu dis 'j'y vais', il faut t'engager à 100%, c'est pas de la rigolade. Une grosse vague va plus vite, tu ricoches si tu tombes. Il faut être prêt à se faire tabasser sous l'eau", raconte à l'AFP Benjamin Sanchis, l'un des meilleurs surfeurs de grosses vagues sur la planète.
Le surfeur de 38 ans livre un chapitre de cette vie extrême dans un film de 52 minutes, "Vague à l'âme", réalisé par Vincent Kardasik et produit par Billabong, où il montre "la satisfaction quand ça marche, l'énervement et la frustration quand ça ne marche pas". "Faire comprendre ce qu'on fait et ce qu'on va chercher. Tu te rends compte qu'on bataille, qu'on galère, qu'on loupe des avions, que le matériel n'arrive pas, tu sens la tension".
Le film commence à Nazare (Portugal), le spot qui propose les vagues les plus monstrueuses au monde. C'est là qu'en décembre 2014, Sanchis, dit 'Sancho', a surfé une vague monumentale de 33 mètres. Jamais une telle vague n'avait été +ridée+. Le Français fait parler de lui à coups de "Waouh!", ses images inondent les réseaux sociaux. Le monde se fascine pour ce Frenchie hors normes, qui a grandi à Hossegor (Landes, sud-ouest de la France) et qui très vite ne s'est pas senti l'âme d'un compétiteur.
"Ce que je voulais, c'était aller découvrir le monde, surfer toutes les vagues possibles que j'avais vues dans les magazines ou les films. Voir de mes propres yeux. Et j'en suis toujours à ce stade-là", souligne ce fils unique, dans le genre plutôt taiseux.
Taillé comme un roc, il roule sa bosse de l'Irlande à Tahiti, sans oublier Hawaï. Il affectionne les Canaries - où il vit -, la France, le Portugal et s'offre quelques virées au Maroc. Ces derniers temps, il regarde attentivement vers la Norvège où il y a des "spots de grosses vagues encore à découvrir". "Je scrute les conditions météo et quand je pense que ça va être bien, je prends ma planche et j'y vais".
Sanchis ne peut pas vivre sans voir la mer. Il aime sentir l'air marin, prendre la mer et nager. "J'ai besoin de ce contact-là. Aller me baigner, tout simplement, me faire rouler dans les vagues", confie-t-il.
Ce sportif de l'extrême n'est pas un casse-cou, il mesure les risques à prendre avant de se lancer et s'entraîne durement. En piscine, en apnée et surtout en boxe thai.
"Il faut être fort pour prendre des coups. Il ne faut pas que ton épaule se déboîte ou que ton genou twiste. Il faut aussi être souple pour ne pas être trop raide et casser", dit-il.
En mai 2013, il a vécu une épreuve terrible. Lors d'une session à Teahupoo (Polynésie française), il a été emporté à l'intérieur de la vague et s'est cogné la tête contre le récif. Il a refait surface, inconscient. Il s'en est sorti avec un traumatisme crânien et une blessure à un pied.
Un accident qui n'a pas altéré sa passion, à laquelle il concède quelques infidélités en faisant... du shopping !
"Parfois, j'aime bien couper complètement et passer 2, 3 jours en ville, voir l'architecture, la mode, la musique, m'acheter de belles chemises, des super 'sapes'. Tu sors de ton monde, de ce que tu es. Il ne faut pas être obsédé par ce qu'on fait", relativise cet "Indien dans la ville" comme il le dit lui-même.

Libé
Lundi 28 Mai 2018

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