L'avantage du terrain et du public
Walid Regragui l'a seriné tout au long du tournoi, avec la verve qui le caractérise: "J'attends beaucoup du public. S'ils viennent au stade pour prendre des selfies ou manger des petits fours, ils ne nous servent à rien".
Le sélectionneur du Maroc a été entendu et les Lions de l'Atlas ont pu compter durant la compétition sur la ferveur et le soutien de tout un peuple, croyant plus que jamais à un second sacre, 50 ans après l'unique Coupe d'Afrique remportée par le Maroc.
Les Nigérians ont pu s'en apercevoir mercredi en demi-finale quand tous les spectateurs du stade Moulay Abdellah de Rabat, lieu de la finale et tanière des Lions de l'Atlas, les ont sifflés 120 minutes durant dans un vacarme assourdissant. Sadio Mané et ses partenaires sont prévenus.
Le sens tactique de Regragui
Regragui, cible des critiques des journalistes marocains et de la rue pour le jeu proposé par ses joueurs, est en train de retourner les esprits à la faveur des deux prestations livrées en quart face au Cameroun (2-0) et en demie face au Nigeria (0-0, 4 t.a.b. à 2), où il a montré son sens tactique aigu.
Face à l'impressionnante densité physique camerounaise, il a répondu par un pressing de tous les instants, étouffant les Lions indomptables. En demi-finales, il a réussi à museler la spectaculaire armada offensive nigériane en coupant les ailes des Super Eagles, sevrant de ballons ses stars Victor Osimhen et Ademola Lookman.
Une défense de fer
Le Maroc, très dépendant de Brahim Diaz en attaque, possède une force collective défensive sans commune mesure durant cette CAN. En six rencontres, les Lions de l'Atlas, meilleure défense, n'ont encaissé qu'un seul but et savent qu'ils peuvent s'appuyer sur leur gardien Yassine Bounou, probablement le meilleur portier du tournoi.
Bilal El Khannouss et Ayoub El Kaabi, deux joueurs offensifs, sont les deux premiers défenseurs qui harcèlent l'équipe adverse dès sa mise en jeu. Les Marocains, à l'image de leurs deux autres milieux Ismael Saibari et Neil El-Aynaoui, vont chercher leur adversaire très haut, l'empêchant de développer son jeu.
La fatigue se fait sentir
C'est le revers de la médaille de ce plan énergivore. Très en jambes face au Nigeria toute la première période, les joueurs marocains se sont petit à petit éteints lors de la seconde puis au cours de la prolongation, incapables de mettre ce surcroit d'énergie pour apporter le danger sur le but des Super Eagles.
Brahim Diaz, héros marocain avec ses cinq buts inscrits en six rencontres, a été très discret mercredi, ses tâches défensives dont il s'est parfaitement acquitté le privant du jus nécessaire pour peser offensivement.
La pression encore et toujours
Autre écueil : si le Maroc peut compter sur le soutien de son public, celui-ci n'est pas indéfectible, une donnée que les Lions connaissent depuis le début du tournoi.
Ils sont condamnés à remporter la Coupe d'Afrique et le gèrent plus ou moins bien : lors du match d'ouverture face aux modestes Comoriens (2-0), ils ont paru totalement tétanisés par l'enjeu avant de parvenir à se libérer un peu au cours de la partie.
Rebelote lors du huitième face à la Tanzanie (1-0), où leur premier match à élimination directe les a paralysés, bien plus que le faible niveau de leur adversaire.









Comment le Maroc peut prendre le dessus tactiquement sur le Sénégal



