Le “ri…dicule” qui tue


Mohamed Bouarab
Jeudi 3 Septembre 2009

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Quand le citoyen marocain payeur -obligé- de la redevance télé fait dans le social. C’est un fait. Après les milliards casqués pour mettre en boite les images désolantes d’un championnat de football, voilà, et ce n’est pas la première fois, les soi-disant comiques du terroir qui soulagent les trésoreries de nos deux fameuses chaînes publiques. Sous prétexte que nos humoristes ont produit des sit-coms, livrées en vrac et à la va-vite durant ce mois de Ramadan.
S’il y  a un mérite qui pourrait revenir à ces productions nationales, c’est qu’elles ont pu meubler des heures d’antenne, épargnant aux directions des programmes le recours à l’achat d’émissions à des prix beaucoup plus élevés. Quantitativement, c’est une logique qui peut tenir, mais qualitativement, c’est un fiasco.
Les séries faites donc pour nous arracher un sourire, sont à mourir d’ennui. Des scénarios où il est difficile de dénicher la moindre séquence, mot ou situation, susceptible de déclencher le rire chez les téléspectateurs. Des acteurs offrant une interprétation stéréotypée à tel point que les vieux routiers de la scène sont en train de se faire discréditer et de porter un sacré coup à l’image qu’ils ont forgée tout au long de leur carrière.
Dans ce bide, les comiques marocains cherchent non pas à convaincre par leurs productions, mais à se justifier. Certains d’entre eux tiennent souvent à préciser que s’il est difficile de faire rire le téléspectateur, c’est que leur champ de création est limité. Une excuse que nous avons gobée pendant des années, mais qui ne peut plus tenir debout.
Les meilleurs contre-exemples sont fournis par les deux humoristes marocains Jamel Debbouze et Gad El Maleh. Ces deux lascars ont écrit et interprété des spectacles où ils n’ont pas eu besoin de faire appel à des sujets tabous pour atteindre le but escompté : faire rire et offrir des moments de pur bonheur aux téléspectateurs.
Contrairement aux humoristes du cru qui, sans gêne aucune, ne se soucient guère de l’avis du téléspectateur-contribuable. Le principal bailleur de fonds qui accuse le coup et qui, fort heureusement, a le zapping pour fuir ce pénible sort cathodique.
Bref, dans toute cette multitude de sit-coms diffusées, la palme d’or de la bêtise revient à «Cool Centre». Les auteurs du scénario de cette série sont allés jusqu’à monter tout un épisode où la discrimination raciale à l’encontre des gens de couleur et les personnes asiatiques. Une telle bévue ponctuant un programme diffusé ailleurs aurait suscité un tollé et provoqué une campagne  d’indignation. Chez nous, ça passe et ce n’est pas cool du tout.

Mohamed Bouarab
Jeudi 3 Septembre 2009
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