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Le marché de l’ emploi miné par de nombreuses tares


Faible qualification de la main d’œuvre, mode précaire d’insertion, perception négative des postes occupés…



Le Haut-commissariat au plan (HCP) vient de dresser un tableau noir de la situation du marché du travail au Maroc. Faible qualification de la main-d’œuvre, mauvaise qualité de l’emploi, insertion difficile dansle marché de l’emploi, salariés peu organisés et faiblement protégés et la liste est longue. En détail, la Note d’information du HCP sur les principaux enseignements relatifs à la qualité de l’emploi en 2016 indiqué que 60,4% des actifs occupés âgés de 15 ans et plus,soit 6.426.000 personnes sont sans diplôme, 27,2% (2.900.000) ont un diplôme de niveau moyen et 12,4% (1.316.000) ont un niveau supérieur. Parmi les actifs occupés n’ayant aucun diplôme, 3.337.000 travaillent dans le secteur de « l’agriculture, forêt et pêche» (soit 82,5% de l’emploi total de ce secteur), 676.000 dansles BTP (64,9%), 603.000 dans l'industrie (50,3%) et 1.802.000 dans les services (41,5%). La note du HCP révéle également que parmi les 10.642.000 actifs occupés, 20,5%, exercent un emploi non rémunéré dont 91,2%, en milieu rural, et 9%, un travail à titre d’occasionnel ou de saisonnier. Près de 5% des actifs occupés travaillent le jour et la nuit, 3% alternent le jour et la nuit et 1% travaillent uniquement la nuit. Selon la même source, quatre actifs occupés sur dix (4.325.000 personnes) travaillent plus de 48 heures parsemaine au niveau national, 47% parmi les citadins (2.549.000) et 34,1% parmi les ruraux (1.776.000), un actif occupé sur deux parmi les hommes (3.935.000) et 14,2% parmi les femmes (391.000). Un grand nombre de ces actifs travaillent sans contrat encadrant leur relation avec leur employeur. Près des deux-tiers de ces salariés soit 3.093.000 personnes dont 716.000 dans le secteur des BTP (89,7% de l’emploi total dans ce secteur). La note précise également que 96,6% des actifs occupés ne sont pas affiliés à une organisation syndicale ou professionnelle, 94% en milieu urbain et 99% en milieu rural. Parmi les salariés, cette proportion atteint 94% au niveau national (4.672.000), 92,4% en milieu urbain (3.295.000) et 98,3% en milieu rural (1.377.000). Dansle même chapitre, le HCP indique aussi que 8.344.000 actifs occupés (78,4%) ne bénéficient d’aucune couverture médicale au niveau national, 3.507.000 dans les villes(64,6%) et 4.838.000 à la campagne (92,8%). Cette proportion s’établit parmi les salariés à 58,8% au niveau national (2.922.000), à 50,3% en milieu urbain (1.794.000), et à 80,5% en milieu rural (1.128.000). Un tableau sombre qui a eu des conséquences négatives sur la perception des actifs occupés de leur emploi. En fait, près d’un actif occupé sur cinq (2.278.000 personnes) n’est pas satisfait de son emploi et exprime le désir d’en changer. Ils sont 35,1% parmi les actifs occupés à travailler dans le secteur des BTP (366.000). 71% d’entre eux évoquent le niveau de rémunération, 9,4% des conditions de travail plusfavorables, 9,1% l’instabilité de l’emploi, et 5,1% l’inadéquation de l’emploi à la formation reçue. 3,5% des actifs occupés (373.000 personnes) n’arrivent pas, malgré tous les efforts déployés, à concilier aisément entre leur vie privée et leur vie professionnelle, 16,1% (1.713.000) y arrivent avec beaucoup de difficultés et 30,2% (3.214.000) y parviennent difficilement. L’autre révélation de taille concerne les NEETs, à savoir les jeunes qui sont sans emploi et hors dessystèmes éducatif ou de formation professionnelle. La note du HCP précise que près d’un jeune sur quatre âgés de 15 à 24 ans (1.685.000) au niveau national ne travaille pas, n’est passcolarisé et ne suit aucune formation. Cette proportion atteint 44% parmi les jeunes femmes (1.319.000), et 11,7% parmi les jeunes hommes (366.000). Elle précisé également que parmi la population en âge de scolarisation dans l’enseignement secondaire qualifiant (15-17 ans), 14,2% (300.000 personnes) ne travaillent pas, ne sont passcolarisés et ne suivent aucune formation. Cette proportion est de 24,6% parmi les filles(243.000) et de 5,1% parmi les garçons (58.000). Concernant les 18-24 ans, cette proportion atteint 34,6% (1.385.000 personnes), 53,5% parmi les filles (1.077.000) et 15,5% parmi les gar- çons (308.000). A noter que la population des jeunes NEETs est très hétérogène. Elle est composée de plusieurs sous-groupes, à savoir les femmes au foyer, les jeunes au chô- mage, les malades ou infirmes ainsi que d’autres catégories d’inactifs. Selon des chiffres émanant du ministère de l’Emploi et des Affairessociales, le nombre desjeunes NEETs âgés de 15-24 ans s’inscrit dans une tendance baissière depuis l’an 2000, s’établissant à 1,9 million en 2012,soit un recul de 6 points de pourcentage du taux de NEETs(de 36,5% à 30,6%). Cette baisse est d’autant plus marquée chez les jeunes urbains (de 36,8% à 26,2%) que les jeunes ruraux (respectivement 36,2% et 35,8%). La baisse des jeunes NEETs âgés de 15-24 ans s’explique principalement, selon ce ministère, par la forte augmentation de la part des jeunes élèves et étudiants dans la population totale des jeunes 15-24 ans (passant de 26,7% en 2000 à 42,1% en 2012) en raison de l’allongement de la durée de la scolarité.

Hassan Bentaleb
Dimanche 12 Février 2017

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