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Le mal des montagnes




Le mal des montagnes
Généralement bénin, le mal aigu des montagnes (MAM), qui touche des milliers d'alpinistes ou de trekkeurs chaque année et aurait entraîné le décès de quatre alpinistes dans l'Everest ce week-end, peut parfois être fatal.
Maux de tête, nausées, sommeil difficile, vertiges : ces signes le plus souvent bénins surviennent quelques heures après l'arrivée en altitude. Ce mal des montagnes traduit une acclimatation incomplète à l'altitude.
Au-dessus de 3.500 mètres une personne sur deux est atteinte de MAM bénin et une sur cent de complications graves (oedème pulmonaire et oedème cérébral), selon la Fédération française de la montagne et de l'escalade. Il ne faut pas minimiser ces signes d'une mauvaise adaptation à l'altitude. Le mal de tête peut être soulagé par la prise d'aspirine ou de paracétamol et si on ne monte pas trop vite, en respectant une progression par pallier de 400 mètres entre deux nuits, on peut continuer.
En revanche, si de forts maux de tête persistent, avec des vomissements, voire que l'on ne marche pas droit, il faut redescendre, recommande le Dr Guy Duperrex de l'Institut de formation et de recherche en médecine de montagne (Ifremmont). L'organisme a besoin de temps pour s'adapter au manque d'oxygène (hypoxie). "Mais au-delà de 8.000 mètres, comme dans l'Everest, aucune population ne vit, c'est autre chose, c'est dangereux d'où l'appellation de "zone de la mort". "Le simple fait de se retrouver bloqué parce qu'il fait mauvais, vous êtes épuisé et vous ne pouvez plus redescendre et c'est fini", selon ce spécialiste.
Mais plus généralement, quelles que soient leur forme et les précautions prises, 3% à 5% des gens sont génétiquement incapables de s'adapter à l'altitude, sans qu'on sache pourquoi, relève le Dr Duperrex.Les troubles surviennent le plus souvent à partir de 3.500 mètres, parfois plus bas. Ils peuvent s'accompagner de gonflements des mains, des chevilles. Une fatigue anormale, un essoufflement au repos et une baisse de volume des urines qui s'y ajoutent doivent alerter.
L'oedème pulmonaire de haute altitude peut survenir brutalement (sensation d'étouffement, respiration bruyante, des lèvres bleuies...) et parfois ressembler à une bronchite. L'oedème cérébral est caractérisé par une fatigue extrême, des vomissements, un mal de tête insupportable, de la peine à tenir debout et des troubles de comportement et le coma survient rapidement. Parfois, le mal de tête est absent et les symptômes peuvent se limiter à une grande lassitude ou des troubles de l'équilibre ou du comportement (agressivité ou abattement). Ces deux complications sont des urgences extrêmes, la redescente et le placement en caisson hyperbare s'imposent.
Selon le médecin de l'Ifremmont, moins d'une dizaine de cas de ces complications du MAM, surtout d'oedème pulmonaire ont lieu chaque année sur le Mont-Blanc.

Mardi 30 Mai 2017

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