Le lycée Imam Malik à Casablanca dans les années 70: Les métamorphoses d’une génération


Par Mustapha Jmahri
Mardi 16 Novembre 2021

Le lycée Imam Malik à Casablanca dans les années 70. Les métamorphoses d’une génération» est un livre collectif publié en langue arabe par les chercheurs Ahmed Layouni et Mustapha Jmahri en collaboration avec Mohammed Sof, Hammadi Guerroum et M’barek Bidaki. Les auteurs et les participants à cette œuvre collective sont des anciens dudit établissement lors de la période 1967-77.
Selon l’introduction de l’ouvrage, l’idée de ce livre est née à la suite de la rencontre culturelle organisée au sein de ce même établissement en 2013 et à laquelle participait un groupe d’anciens élèves. La discussion engagée à la fin de cette rencontre a porté sur l’utilité de collecter des témoignages d’anciens élèves, notamment des années 70, et de les publier en un recueil dans le but de faire connaître, un tant soit peu, l’histoire de cet établissement et, plus généralement, l’histoire de l’enseignement public au Maroc. Le résultat est cet échantillon d’une quinzaine de récits d’anciens élèves et de professeurs, riches en noms, lieux, faits, sensations et sentiments.
Le lycée Imam Malik, sis au quartier Belvédère, était, à l’origine, un groupe scolaire français, appelé « Ecole de la Gare». Créée en 1936 et dotée d’un internat, l’école accueillait aussi bien les enfants des colons des régions limitrophes que ceux du quartier. Repris par l’enseignement marocain en 1961, il devint lycée public en 1966. Son internat recevait, alors, des élèves pris dans un rayon de 200 km autour de Casablanca.
Le choix de la décennie étudiée 1967-1977 a été motivé par le fait d’assurer le recul nécessaire afin d’aborder cette période sensible de l’histoire du Maroc et du monde. En mettant le doigt sur les métamorphoses d’une génération, le titre de l’ouvrage a tenté de traduire les changements intervenus sur la personnalité de ces «témoins». Les participants, aujourd’hui septuagénaires, sont unanimes à déclarer qu’en quittant la vie familiale dans leurs lieux de vie pour rejoindre la vie « agréable» de l’internat dans un lycée historique de la métropole casablancaise, ils avaient, en fait, changé d’époque et non pas tout simplement changé de lieu.
Les quatorze témoins réunis dans cet ouvrage ont eu des carrières et des itinéraires tout à fait différents mais leur passage dans ce même lycée les a profondément marqués. Il s’agit de Mohammed Atifi (professeur universitaire), M’barek Bidaki (administrateur retraité), Mohammed Dahi (professeur universitaire), Larbi Erbati (professeur universitaire), Lakbir Fadel (ancien greffier en chef), Hammadi Guerroum (critique de cinéma), Mustapha Jmahri (écrivain), Kamal Abdellatif (professeur universitaire), Mustapha Kholal (écrivain), Ahmed Laayouni (chercheur en histoire locale), Ahmed Lahlal (ancien inspecteur du travail), Bouchaib Marjani (professeur retraité), Mohammed Raghi (cadre retraité des finances), et Mohammed Sof (romancier et traducteur).
Au Maroc, très rares sont les écrits de ce genre : souvenirs d’anciens élèves et récits de jeunesse. Ainsi, le groupe qui a mené ce travail espère modestement contribuer à l’histoire de l’école marocaine et des apprentissages. La couverture du livre est illustrée d’une photo de l’établissement datant de 1965. 



 


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