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Avec "Le Gâteau du président", Caméra d'or et prix du public de la Quinzaine des cinéastes à Cannes, le jeune cinéaste irakien Hasan Hadi se place à hauteur d'enfant pour autopsier la dictature de Saddam Hussein, "un cancer" qui a, selon lui, "laissé le pays en ruines".
Pour son premier film, le réalisateur âgé de 37 ans a puisé dans ses propres souvenirs d'enfance, quand l'Irak, sous sanctions internationales après son invasion du Koweït en 1990, manquait de tout mais devait célébrer avec faste chaque anniversaire du dictateur.
"C'était une des nombreuses contradictions avec lesquelles il fallait vivre", se rappelle Hasan Hadi dans un entretien à l'AFP.
Le rituel forcé s'immisçait jusque dans les salles d'école où un tirage au sort désignait chaque année celui ou celle qui devait préparer un gâteau d'anniversaire en l'honneur du dictateur, quitte à mettre sa vie en danger pour dénicher farine, levure ou sucre.
Dans "Le Gâteau du président", cette mission impossible incombe à Lamia (Baneen Ahmed Nayyef, bluffante non-professionnelle), une écolière de 9 ans qui va braver les dangers de la ville pour tenter de réunir les précieux ingrédients et échapper au châtiment qui attend ceux qui échouent.
"On avait des stratagèmes pour éviter d'être désigné: se réfugier aux toilettes pendant le tirage au sort, prétendre être malade et rester chez soi, corrompre le professeur", énumère Hasan Hadi.
Le cinéaste y a lui-même échappé mais a gardé en mémoire le sort tragique d'un de ses camarades qui n'avait pas réussi à préparer le fameux gâteau: exclu de l'école, il avait été enrôlé, enfant, dans l'armée irakienne et était mort quelques années plus tard.
Signaux d'alerte
"Par le fait du hasard et de l'absurdité, quelque chose d'aussi stupide que le fait d'échouer à préparer un gâteau pouvait changer votre destin à tout jamais!"
Sans occulter l'impact des sanctions et des bombardements américains qui frappaient alors l'Irak, "Le Gâteau du président" dissèque les effets délétères de la dictature imposée par Saddam Hussein pendant ses années au pouvoir (1979-2003).
"La dictature ne détruit pas simplement la liberté d'expression", expose Hasan Hadi. "Elle attaque les éléments qui font de vous un humain, elle vous fait mentir, vous rend hypocrite, manipulateur et produit ses effets longtemps après sa propre fin", ajoute le cinéaste, qui s'inquiète de "nombreux signaux d'alerte" d'un retour en force des régimes autoritaires.
Avec "Le Gâteau du président", Hasan Hadi espère administrer une piqûre de rappel dans son pays où "cette période n'a pas été assez explorée" par les réalisateurs.
Un temps florissant, le cinéma irakien peine encore à se remettre du chaos traversé par le pays, qui a plongé dans la guerre civile après l'invasion américaine de 2003 et la chute de la dictature de Saddam Hussein, période noire pour le 7e art.
Du fait des sanctions, l'exportation de bobines de films vers l'Irak était interdite parce qu'un de ses composants pouvait entrer dans la fabrication d'armes chimiques. "Quelque part, tous les films étaient interdits", observe Hasan Hadi, qui s'est construit sa culture cinéphilique grâce à des cassettes VHS passées sous le manteau.
Dans un pays qui ne compte plus qu'une quarantaine de salles de cinéma, "Le Gâteau du président" a été très compliqué à produire. Mais Hasan Hadi, qui a été un temps professeur de cinéma à New York, a pu compter sur un soutien inattendu venu des Etats-Unis: le réalisateur Chris Columbus ("Gremlins", "Harry Potter"...) qui a "flashé" sur le film et en est le producteur exécutif.
Le sacre au festival de Cannes du "Gâteau du président" et sa sortie à l'international lui ont donné raison et sont désormais un motif d'espoir pour Hasan Hadi: "J'espère que les gens seront plus réceptifs aux films irakiens."
Pour son premier film, le réalisateur âgé de 37 ans a puisé dans ses propres souvenirs d'enfance, quand l'Irak, sous sanctions internationales après son invasion du Koweït en 1990, manquait de tout mais devait célébrer avec faste chaque anniversaire du dictateur.
"C'était une des nombreuses contradictions avec lesquelles il fallait vivre", se rappelle Hasan Hadi dans un entretien à l'AFP.
Le rituel forcé s'immisçait jusque dans les salles d'école où un tirage au sort désignait chaque année celui ou celle qui devait préparer un gâteau d'anniversaire en l'honneur du dictateur, quitte à mettre sa vie en danger pour dénicher farine, levure ou sucre.
Dans "Le Gâteau du président", cette mission impossible incombe à Lamia (Baneen Ahmed Nayyef, bluffante non-professionnelle), une écolière de 9 ans qui va braver les dangers de la ville pour tenter de réunir les précieux ingrédients et échapper au châtiment qui attend ceux qui échouent.
"On avait des stratagèmes pour éviter d'être désigné: se réfugier aux toilettes pendant le tirage au sort, prétendre être malade et rester chez soi, corrompre le professeur", énumère Hasan Hadi.
Le cinéaste y a lui-même échappé mais a gardé en mémoire le sort tragique d'un de ses camarades qui n'avait pas réussi à préparer le fameux gâteau: exclu de l'école, il avait été enrôlé, enfant, dans l'armée irakienne et était mort quelques années plus tard.
Signaux d'alerte
"Par le fait du hasard et de l'absurdité, quelque chose d'aussi stupide que le fait d'échouer à préparer un gâteau pouvait changer votre destin à tout jamais!"
Sans occulter l'impact des sanctions et des bombardements américains qui frappaient alors l'Irak, "Le Gâteau du président" dissèque les effets délétères de la dictature imposée par Saddam Hussein pendant ses années au pouvoir (1979-2003).
"La dictature ne détruit pas simplement la liberté d'expression", expose Hasan Hadi. "Elle attaque les éléments qui font de vous un humain, elle vous fait mentir, vous rend hypocrite, manipulateur et produit ses effets longtemps après sa propre fin", ajoute le cinéaste, qui s'inquiète de "nombreux signaux d'alerte" d'un retour en force des régimes autoritaires.
Avec "Le Gâteau du président", Hasan Hadi espère administrer une piqûre de rappel dans son pays où "cette période n'a pas été assez explorée" par les réalisateurs.
Un temps florissant, le cinéma irakien peine encore à se remettre du chaos traversé par le pays, qui a plongé dans la guerre civile après l'invasion américaine de 2003 et la chute de la dictature de Saddam Hussein, période noire pour le 7e art.
Du fait des sanctions, l'exportation de bobines de films vers l'Irak était interdite parce qu'un de ses composants pouvait entrer dans la fabrication d'armes chimiques. "Quelque part, tous les films étaient interdits", observe Hasan Hadi, qui s'est construit sa culture cinéphilique grâce à des cassettes VHS passées sous le manteau.
Dans un pays qui ne compte plus qu'une quarantaine de salles de cinéma, "Le Gâteau du président" a été très compliqué à produire. Mais Hasan Hadi, qui a été un temps professeur de cinéma à New York, a pu compter sur un soutien inattendu venu des Etats-Unis: le réalisateur Chris Columbus ("Gremlins", "Harry Potter"...) qui a "flashé" sur le film et en est le producteur exécutif.
Le sacre au festival de Cannes du "Gâteau du président" et sa sortie à l'international lui ont donné raison et sont désormais un motif d'espoir pour Hasan Hadi: "J'espère que les gens seront plus réceptifs aux films irakiens."
Bouillon de culture
Semaine culturelle marocaine au Mexique
La deuxième édition de la Semaine culturelle marocaine au Mexique a pris fin, samedi à Álamos, dans l'Etat de Sonora, en présence d’un parterre d’artistes et de créateurs marocains, venus représenter la richesse et la diversité des expressions artistiques et du patrimoine culturel du Royaume.
Organisée par l’ambassade du Maroc à Mexico en partenariat avec le ministère du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, et la Chambre de l’artisanat de la région de Rabat-Salé-Kénitra, cette manifestation culturelle s’est achevée sur une participation distinguée du Royaume en tant qu’invité d’honneur à la 41ème édition du Festival Alfonso Ortiz Tirado, l’un des plus importants rendez-vous culturels et artistiques du Mexique.
Cet événement haut en couleur a été marqué par la présence de nombreuses personnalités du monde de la culture, des arts, de la diplomatie et du sport, outre des membres de la communauté marocaine établie au Mexique.
La deuxième édition de la Semaine culturelle marocaine au Mexique a pris fin, samedi à Álamos, dans l'Etat de Sonora, en présence d’un parterre d’artistes et de créateurs marocains, venus représenter la richesse et la diversité des expressions artistiques et du patrimoine culturel du Royaume.
Organisée par l’ambassade du Maroc à Mexico en partenariat avec le ministère du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, et la Chambre de l’artisanat de la région de Rabat-Salé-Kénitra, cette manifestation culturelle s’est achevée sur une participation distinguée du Royaume en tant qu’invité d’honneur à la 41ème édition du Festival Alfonso Ortiz Tirado, l’un des plus importants rendez-vous culturels et artistiques du Mexique.
Cet événement haut en couleur a été marqué par la présence de nombreuses personnalités du monde de la culture, des arts, de la diplomatie et du sport, outre des membres de la communauté marocaine établie au Mexique.