Le FMI appelle à davantage de réformes liées au marché du travail

La création d’emplois durables demeure une priorité pressante au Maroc

Mercredi 18 Février 2026

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«La création d’emplois durables demeure une priorité pressante», a affirmé le Fonds monétaire international (FMI) dont une mission a séjourné du 29 janvier au 11 février au Maroc.

A la tête de l’équipe du FMI, Laura Jaramillo a estimé qu’en plus de constituer un défi majeur pour le pays, la création d’emplois durables « nécessite des réformes favorisant un secteur privé plus dynamique et une meilleure réactivité du marché du travail ».
Des mesures complémentaires pour combler l’inadéquation des compétences
Le contexte est tel que l’institution financière internationale a appelé à un climat des affaires plus propice, un secteur privé plus dynamique, et davantage de réformes liées au marché du travail.

«L’accélération des réformes des établissements et entreprises publics visant à améliorer leur performance et leur gouvernance est essentielle pour accroître la concurrence et garantir la neutralité du marché entre les entreprises publiques et privées», a déclaré Laura Jaramillo qui s'est entretenue avec les autorités nationales dans le cadre des consultations au titre de l'article IV pour l’année 2026.

Dans sa déclaration, la cheffe de mission du FMI a relevé les efforts fournis pour mieux cibler le soutien financier et technique accordé aux TPME, à travers la Charte d’investissement, les Centres régionaux d’investissement et le Fonds Mohammed VI pour l’investissement ainsi que la nouvelle Charte TPME, insistant toutefois sur «un suivi étroit des résultats en matière d’emploi».

Prenant note de la mise en œuvre continue de la «Feuille de route pour l’emploi 2030», qui propose un cadre visant à réduire le chômage à travers la modernisation des politiques actives du marché du travail et un soutien renforcé aux jeunes non diplômés, elle a souligné toutefois l’importance de poursuivre les efforts et d’en assurer l’efficacité, notamment par «des mesures complémentaires pour combler l’inadéquation des compétences» par rapport aux besoins du marché.

De l’avis des experts de l’organisme international ayant séjourné au Royaume, les réformes, la gouvernance, le soutien ciblé et la modernisation des politiques de l’emploi sont les leviers clés pour stimuler l’emploi durable.

A titre de rappel, le taux de chômage s’est situé à 13% au niveau national, de 16,9% à 16,4% en milieu urbain et de 6,8% à 6,6% en milieu rural, selon les statistiques relatives à la situation du marché du travail en 2025 publiés en début du mois de février par  Haut-commissariat au plan (HCP).

D’après ces chiffres, « il reste plus élevé parmi les jeunes de 15 à 24 ans (de 36,7% à 37,2%), les diplômés (de 19,6% à 19,1%) et les femmes (de 19,4% à 20,5%) ». En d’autres termes, la situation demeure critique pour ces catégories.

Dans sa note d’information, synthétisant ces différentes évolutions, l’institution publique estime que «le taux de sous-emploi a augmenté de 10,1% à 10,9% au niveau national, de 8,9% à 9,6% en milieu urbain et de 12,2% à 13,2% en milieu rural».

En effet, durant la même période, l’organisme constate que le volume du sous-emploi est passé de 1.082.000 à 1.190.000 personnes au niveau national, de 585.000 à 652.000 en milieu urbain et de 496.000 à 538.000 en milieu rural.  

Il est à rappeler qu’au cours de cette période, le chômage a été marqué par la hausse de la proportion des primo-demandeurs d’emploi et du chômage de longue durée, selon la même source.

Les chiffres montrent que «la part des chômeurs n’ayant jamais travaillé s'est élevée de 49,3% à 52,9% et celle des personnes en situation de chômage depuis un an ou plus de 62,4% à 64,8%», a fait savoir l’institution précisant que la durée moyenne de chômage est passée de 31 mois à 33 mois.

Alain Bouithy

Alain Bouithy
Mercredi 18 Février 2026
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