La résolution onusienne 2797 sur la question du Sahara marocain reflète l'engagement de la communauté internationale en faveur de solutions pacifiques, réalistes et pragmatiques aux différends régionaux

L’adoption d’une déclaration finale clôt les travaux du 2ème Congrès international du Réseau MENA-Latina


Alain Bouithy
Dimanche 5 Avril 2026

Le Premier secrétaire a vivement salué la présence remarquée de la Jeunesse ittihadie dans les instances dirigeantes du Réseau MENA-Latina.
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Les travaux du deuxième Congrès international du Réseau MENA-Latina se sont achevés jeudi 2 avril à Tanger, par l’adoption d’une déclaration finale réitérant son ferme engagement en faveur de la démocratie, la paix et la justice et  appelant «à la promotion de solutions politiques pacifiques aux conflits».

Dans sa déclaration finale, le Réseau salue la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité de l'ONU sur la question du Sahara marocain, estimant qu’elle reflète «l'engagement de la communauté internationale en faveur de solutions pacifiques, réalistes et pragmatiques aux différends régionaux».

A cet égard, il «considère l'Initiative d'autonomie comme une solution sérieuse, crédible et réaliste à ce conflit, dans le cadre du respect de la souveraineté nationale et de la stabilité régionale, conformément aux principes des Nations Unies ».

Le texte, lu par la Colombienne Maria Christina, cofondatrice du Réseau, réaffirme en outre son soutien indéfectible à la cause palestinienne et condamne fermement toute législation ou politique ciblant les droits des prisonniers, en particulier les projets de loi concernant l'exécution des prisonniers, expliquant qu’« ils constituent une violation grave du droit international humanitaire ».

Le communiqué appelle également à l'arrêt immédiat de toutes les activités de colonisation, condamne les attaques contre les villages et villes palestiniens et alerte sur la situation humanitaire catastrophique à Gaza.

Condamnant l'agression contre le Liban, les congressistes rejettent «tout plan visant à annexer des territoires libanais ou à saper sa souveraineté et son intégrité territoriale ».
Le document adopté apporte aussi son appui aux processus démocratiques dans les pays d'Amérique latine et rejette « fermement toutes les formes de violence politique et les tentatives de prise de pouvoir par des moyens armés ou anticonstitutionnels ».

Il condamne, par ailleurs, les coups d’Etat militaires en Afrique et l'escalade de la violence dans plusieurs pays africains. Le Réseau MENA-Latina considère «ces pratiques comme sapant les fondements démocratiques et entravant le développement et la stabilité» et appelle à un retour rapide aux processus démocratiques, au respect de la volonté populaire et à la promotion du dialogue pacifique comme seule voie viable pour surmonter les crises.

Dans sa déclaration, le Réseau juge préoccupante la situation en Turquie et la défense de l'Etat de droit. Il s’inquiète «des pressions politiques sur les processus judiciaires ». Dans ce contexte, souligne-t-il, le Réseau MENA-Latina réaffirme son engagement à défendre l'Etat de droit conformément aux valeurs social-démocrates.
Expansion du Réseau Mena-Latina pour une représentation régionale équilibrée
Les forces progressistes expriment également leur «pleine solidarité avec Ekrem İmamoğlu et les autres maires, qui jouent un rôle crucial dans le renforcement de la démocratie et de la gouvernance locale en Turquie». Elles rejettent toute ingérence visant les élus ou sapant leur légitimité précisant que cette position reflète l'engagement du Réseau envers l'universalité des valeurs démocratiques et sa solidarité avec toutes les forces démocratiques en Turquie.
Appel à renforcer la participation des jeunes à la vie politique
et à consolider les mécanismes d'action conjointe en faveur
de la liberté, de la justice sociale et du développement
Il est à souligner que, dans le cadre du processus de structuration en cours du Réseau MENA-Latina et en application des décisions adoptées lors des précédentes réunions tenues en Colombie et au Maroc, les congressistes ont procédé à l'expansion du Réseau par une représentation régionale équilibrée. Ils ont ainsi adopté une structure organisationnelle composée de : Hend Mgaieth (présidente du Réseau), Jesus Tapia (vice-président), Ayoub Elhachmi (secrétaire général), Mohamed Jenhani (coordinateur exécutif) ainsi que des coordinateurs régionaux Luis Páez (Amérique latine), Melis Asya (Méditerranée et Caucase), Omar Awad (Moyen-Orient) et Ali Abderrahmane (Afrique).

Précisons que la représentation institutionnelle des jeunes est assurée par El Hassan Lachguar (coordinateur des jeunes parlementaires) et Salek Moussaoui (coordinateur des jeunes conseillers) qui siègent en tant que membres de droit.

Les participants ont conclu leurs travaux en insistant sur l'importance de «renforcer la coopération entre les forces progressistes du monde entier et d'intensifier les efforts conjoints pour défendre la démocratie et les droits de l'Homme, tout en relevant les défis communs grâce à la solidarité internationale ».

Ils ont également appelé à renforcer la participation des jeunes à la vie politique et à consolider les mécanismes d'action conjointe en faveur de la liberté, de la justice sociale et du développement.

Enfin, le Front de lutte populaire palestinien a été admis en tant que membre à part entière du Réseau MENA-Latina.

Organisé à l’initiative du parti de l’Union socialiste des forces populaires, le Congrès a réuni des responsables et représentants d’une quarantaine d’organisations issues d'Afrique du Nord, du Moyen-Orient, d'Amérique latine et du bassin méditerranéen.

Deux jours durant, les forces progressistes internationales ont échangé autour des préoccupations du monde d’aujourd’hui, abordant notamment les transformations géopolitiques actuelles et l'impact des guerres et des conflits sur la stabilité politique et économique, les implications de la migration et la montée des réseaux transnationaux de crime organisé.

Figuraient également au menu des échanges, les défis des politiques commerciales internationales dans un contexte de tensions mondiales ainsi que la question de la paix fragile en Afrique et en Amérique du Sud et les moyens de la soutenir et de la renforcer.

Tanger - Alain Bouithy


 

El Hassan Lachguar : Coordinateur du Forum international des jeunes parlementaires socialistes
Nous sommes très satisfaits du déroulement et des conclusions
 
La tenue de ces assises a principalement permis de restructurer l'organisation du Réseau MENA-Latina avec une équipe qui sera en charge pour la période à venir. Nous sommes très satisfaits des résolutions adoptées à l’issue de ce congrès, en particulier celles auxquelles nous attachons une grande importance au sein du Réseau.
Parmi ces résolutions, il y a le soutien à la résolution du Conseil de sécurité concernant le Sahara marocain, rappelant ainsi la légitimité de la position marocaine, comme c'est souvent le cas dans nos congrès.
Une autre résolution concerne le soutien à nos camarades du CHP turc, face aux difficultés qu'ils rencontrent aujourd'hui en Turquie, notamment les arrestations de plusieurs de leurs maires.
Nous avons également réaffirmé notre engagement envers la cause palestinienne, dénonçant les agressions commises en Cisjordanie, à Gaza et, récemment, au Liban.
Ces assises ont été aussi l’occasion de rappeler les valeurs que nous partageons. On peut dire, de manière globale, que nous sommes très satisfaits du déroulement et des conclusions.

Mohamed Jenhani : Coordinateur général du congrès
Un réseau en pleine expansion
 
Tanger est une ville symbolique pour nous, car le premier grand événement du Réseau MENA-Latina y a été organisé en 2021, durant la période de Covid, avec 23 jeunes participants, après un premier événement tenu en 2019 en Colombie où nous n’étions que huit personnes.
Aujourd’hui, nous sommes 55 personnes représentant 35 organisations. C'est le fruit d’un long travail.
Nous avons également organisé le Forum international des jeunes parlementaires sociaux-démocrates à Marrakech en 2025, auquel ont participé 85 jeunes parlementaires de 65 pays. Nous avons aussi mis en place des académies réunissant des jeunes responsables politiques d’Afrique du Nord et d’Amérique latine.
Nous espérons que ce réseau continuera de grandir après ce congrès.
Je suis vraiment satisfait de l'organisation, même si d’autres personnes de la région du Moyen-Orient et d’Afrique n’ont pu venir en raison de l’annulation de vols de certaines compagnies aériennes, causée par la guerre en Iran.

Fadi Ouakili Assraoui, secrétaire général de la Chabiba ittihadia et membre du BP de l’USFP
Une coordination politique concrète qui se met en place
 
Le Congrès Mena-Latina s’est déroulé dans une ambiance engagée avec une vraie dynamique de coopération entre jeunes socialistes et sociaux-démocrates de nos régions. Les discussions ont porté sur des enjeux majeurs et très actuels : les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, les conflits et la paix fragile en Afrique et en Amérique latine, ainsi que l’immigration, le crime organisé et les politiques commerciales internationales.
Ce qui est important, c’est que ce ne sont pas seulement des échanges, mais une coordination politique concrète qui se met en place. Nous sommes dans un cycle rapide où les jeunes d’aujourd’hui seront les décideurs de demain. Construire ces relations dès maintenant est stratégique pour défendre nos causes nationales, notamment la question du Sahara, et avancer sur des combats communs à l’échelle internationale.

Joao Martins Pereira, président des jeunes socialistes européens
Elaborer des réponses partagées face aux grands enjeux de notre époque
 
Ces espaces permettent de travailler ensemble afin de trouver des solutions communes aux problèmes internationaux. Ils permettent également à la famille socialiste mondiale d’élaborer des réponses partagées face aux grands enjeux de notre époque, notamment face à une extrême droite qui, elle aussi, s'internationalise et dispose de moyens importants.
Il est donc vital pour nous de renforcer ces connexions afin de pouvoir, au final, améliorer concrètement la vie des populations et apporter des réponses rapides et efficaces aux défis auxquels elles sont confrontées partout dans le monde.

Assétou Sangaré Robichaud, présidente du Parti pour le renouveau et le développement (PRD-Mali)
Les échanges nous ont permis de voir d’autres angles d’analyse des conflits
 
Je suis honorée d'être aujourd'hui ici à Tanger, au Maroc, pour le Congrès 2026 du Réseau MENA-Latina, et j’en suis à ma deuxième participation. J’étais à Rabat en 2023 et cela a été une très belle expérience de coopération Sud-Sud.
J’ai donc eu l’immense honneur d’être invitée cette année également pour participer à ce Congrès 2026, où plusieurs thèmes sont abordés, notamment les conflits au Sahel ainsi que la situation vécue en Palestine.
Il s’agit de différents conflits qui sont en train de menacer la paix dans le monde et qui rendent l’expérience humaine de plus en plus difficile et inconfortable. Au-delà de porter une idéologie ou une pensée, nous sommes avant tout des êtres humains. Ces échanges nous ont donc édifiés et nous ont permis de voir d’autres perspectives et d’autres angles d’analyse de ces conflits.

Propos recueillis par A.Bouithy

Alain Bouithy
Dimanche 5 Avril 2026
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