Cette rencontre, qui a connu la participation d’intellectuels, anthropologues et experts dans le domaine du patrimoine culturel marocain, a mis en exergue la forte symbolique de la célébration de cette fête nationale, vecteur d’enrichissement de l’identité culturelle du Royaume et outil de préservation et de rayonnement de sa composante amazighe.
Dans une allocution introductive, l’ambassadeur du Maroc en Belgique et au Grand-Duché de Luxembourg, Mohamed Ameur, a souligné que Yennayer constitue, bien plus qu’une autre date dans notre agenda, un acte de mémoire et de fierté, notant qu’en décidant d’instaurer ce jour comme fête nationale officielle, SM le Roi Mohammed VI a consacré une vérité historique et une réalité fondamentale, l’amazighité étant le socle premier de notre identité et la base sur laquelle s’est édifiée au fil des millénaires la personnalité marocaine.
"Cette identité amazighe est le miroir de l’âme marocaine, qui façonne notre rapport à la terre, ce lien sacré au territoire qui définit le Marocain et infuse les valeurs les plus nobles, le sens de la communauté, de la dignité et une spiritualité faite de tolérance et de partage", a-t-il souligné.
De son côté, le secrétaire général du Département des Marocains résidant à l'étranger, Ismail Lamghari, a mis l’accent sur l’importance de la célébration de Yennayer, qui est aujourd’hui inscrit autant dans le calendrier officiel du Royaume que dans le cadre de tous les aspects culturels, y compris en relation avec la diaspora marocaine.
Il a aussi relevé que dans tous les programmes déployés par le Royaume du Maroc en faveur de ses ressortissants à l’étranger, la dimension culturelle est souvent présente, notamment à destination des jeunes en vue de faire connaître plusieurs composantes de l’identité culturelle marocaine et promouvoir la richesse multiculturelle des Marocains du monde.
Pour sa part, Amina Ibnou-Cheikh, journaliste et directrice du journal "Le Monde amazigh", a affirmé que le 14 janvier est une date à forte charge culturelle, historique et identitaire, dont la célébration vient réconcilier les Marocains avec leur histoire, grâce à la Vision éclairée de SM le Roi Mohammed VI qui s’est concrétisée tout au long d’un processus de réhabilitation et de promotion de la langue et de la culture amazighes, depuis le Discours d’Ajdir en 2001 et jusqu’à l’instauration en 2023 du jour de l’An amazigh en tant que jour férié national officiel payé.
Quant à Mustapha Jlok, anthropologue et expert dans le patrimoine culturel marocain, il a indiqué que la reconnaissance et la célébration de Yennayer rendent hommage à l’aspect immatériel du patrimoine marocain et consacrent la question des droits culturels, à savoir le droit d’accès à la culture et le droit d’exercer son patrimoine, en harmonie avec la convention de l’Unesco de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.
L’officialisation de Yennayer en tant que premier jour de l’année amazighe et jour férié a permis de sortir la célébration de ce rituel de son cadre purement symbolique pour gagner une reconnaissance institutionnelle avec des conséquences juridiques palpables, a-t-il noté, appelant toutefois à ne pas négliger l’aspect festif et familial qui fait vivre cette tradition.
De son côté, Brahim El Mezned, acteur culturel et artistique, a mis l’accent sur la présence accrue de la culture amazighe sur la scène artistique nationale, ce qui a pour effet d’enrichir les expressions artistiques marocaines et de préserver cette identité plurielle d’une société marocaine en pleine mutation, ayant des racines profondes tout en étant ouverte sur le monde et sur la modernité.








La mémoire tatouée

