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Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a estimé mardi que la Russie "cautionnait" le détournement d'un avion de ligne par le Bélarus en "banalisant" l'affaire et que cela affaiblirait le président Vladimir Poutine lors du sommet avec Joe Biden en juin. "J'imagine que l'initiative a été prise de manière autonome (par le président bélarusse Alexandre Loukachenko) mais je constate aussi que l'absence de réaction de la Russie vaut caution", a déclaré le chef de la diplomatie française sur la chaîne de télévision publique France 2. "Si d'aventure le président Poutine voulait se démarquer du président Loukachenko, il le dirait. Au contraire, il semble bien qu'on banalise (en Russie, ndlr) cet événement qui est un événement très grave", a-t-il ajouté. Jean-Yves Le Drian a en revanche estimé qu'à ce stade la présence d'agents des services russes à bord de l'avion n'était pas avérée. "Je vois qu'on le dit, je n'en suis pas convaincu pour l'instant et c'est l'enquête qui le dira", a-t-il dit. Les autorités bélarusses ont envoyé dimanche des chasseurs dans le ciel afin de "recommander" à un vol commercial de la compagnie irlandaise Ryanair reliant Athènes à Vilnius d'atterrir à Minsk, arguant d'une alerte à la bombe attribuée au mouvement islamiste palestinien Hamas. Mais à l'arrivée, aucune bombe n'a été trouvée et deux des passagers - Roman Protassevitch, un journaliste bélarusse d'opposition âgé de 26 ans et sa compagne russe, Sofia Sapéga - ont été arrêtés, suscitant une vaste réprobation internationale. Le Kremlin a "regretté" la recommandation faite par l'Union européenne à ses compagnies d'éviter l'espace aérien du Bélarus pour punir le régime d'Alexandre Loukachenko, relevant que les passagers en seraient pour leurs frais en raison des coûts supplémentaires induits par le contournement du Bélarus. "Je ne suis pas sûr qu'avec ce qui vient de se passer au Bélarus, le président Poutine arrive en position de force" au sommet avec son homologue américain Joe Biden le 16 juin à Genève, a fait observer Jean-Yves Le Drian. Tout cela n'est "pas très favorable pour lui", a-t-il dit. "L'affaire du Bélarus a inondé l'opinion publique mondiale par sa gravité. C'est quand même énorme, c'est un kidnapping en plein ciel, une piraterie des temps modernes. Tout cela n'est pas acceptable pour l'ensemble de la communauté internationale", a-t-il souligné. Les sanctions immédiatement prises par les Vingt-Sept contre le Bélarus vont porter leurs fruits parce qu'elles auront un impact financier, a-t-il assuré. "Quand on touche au portefeuille ça marche toujours (...) La Biélorussie va être condamnée à l'isolement. C'est difficile pour elle", a-t-il lancé.