La France, pays le plus visité du monde

L'Espagne talonne de près


Libé
Jeudi 19 Février 2026

Autres articles
La France, qui a accueilli 102 millions de visiteurs étrangers en 2025, reste la première destination mondiale mais face à la menace de l'Espagne, où les touristes dépensent beaucoup plus, le gouvernement veut inciter les voyageurs à prolonger leurs séjours.

Dans le sillage de la bonne santé du tourisme mondial, qui a connu une année 2025 record avec environ 1,52 milliard de personnes qui ont voyagé à l'étranger, selon l'ONU Tourisme, la France a reçu 2 millions de touristes de plus qu'en 2024.

Elle conserve son statut de "pays le plus visité du monde", selon le ministère du Tourisme, mais l'écart se resserre avec l'Espagne, qui a revendiqué 97 millions de visiteurs étrangers en 2025.
Surtout, les étrangers qui choisissent l'Espagne y ouvrent davantage leurs portefeuilles que ceux qui privilégient la France.

Les Espagnols ont revendiqué en janvier 135 milliards d'euros de recettes touristiques internationales en 2025. Ce chiffre est contesté par Atout France, l'agence qui promeut le tourisme français à l'étranger. Elle les évalue autour de 105 milliards d'euros, estimant que l'Espagne a une conception plus large des dépenses.

En France, ces recettes ont progressé de 9% sur un an pour atteindre 77,5 milliards d'euros en 2025, "un niveau record", avec un écart "qui se stabilise" avec l'Espagne, se félicite le ministère.

"L'Espagne est un pays de destination le plus souvent, nous sommes un pays de flux", a affirmé le ministre du Tourisme Serge Papin, lors d'une conférence de presse.
"Mais on doit aussi progresser sur notre offre et faire durer les gens plus dans notre pays", a-t-il ajouté, rappelant l'objectif de 100 milliards d'euros de recettes d'ici à 2030.

En moyenne, un touriste étranger reste près de sept jours en Espagne, selon les autorités locales, contre "cinq jours" en France, selon le directeur général d'Atout France, Adam Oubuih, qui appelle également à une "montée en gamme" pour faire progresser les recettes.

"La caractéristique de l'Espagne, c'est qu'elle concentre un tourisme plus tôt dans l'année (...) avec des volumes d'offres très importants sur l'Andalousie, les Canaries, les Baléares, avec des hubs aériens", ce qui fait baisser les prix et les offres, a expliqué Christian Mantei, président d'Atout France.

Point positif: la dépense moyenne d'un touriste international lors de son séjour en France a progressé de 7% en 2025, atteignant 760 euros.
Pour réduire l'écart, M. Papin mise sur la "diversification des filières", notamment en poursuivant le développement de l'agrotourisme, où Espagne et Italie font référence, et l'oenotourisme.

Il a également rappelé le besoin de main d'oeuvre du secteur, avec 61.000 emplois non pourvus actuellement, notamment en raison du manque de logements pour héberger les saisonniers.
Et les besoins vont encore croître, avec "une projection de besoins de 350.000 emplois" d'ici trois à cinq ans.

Clientèles française et internationale confondues, la consommation touristique intérieure a atteint 222 milliards d'euros l'année dernière, portée par les Allemands (+9% de nuitées) devant les Italiens, les Espagnols, les Belges et les Néerlandais (+5%).

Hors Europe, les hôtels ont été beaucoup plus fréquentés par les touristes américains (+17%), tandis que la clientèle asiatique, bien qu'en hausse, reste en deçà des niveaux observés avant la pandémie de Covid-19, notamment la Chine.

Si la France reste la première destination, l'attrait pour le pays s'est légèrement infléchi (baisse de 5% des nuitées) au profit de voyages hors des frontières (+4%), notamment sur le pourtour méditerranéen.

D'ores et déjà, l'amorce de 2026 dessine des "perspectives encourageantes" avec des réservations aériennes "en forte hausse" au premier trimestre par rapport à 2025, relève le ministère, citant le Mexique (+19%), la Chine (+17%) et le Canada (+7%).

En Europe, les Espagnols sont également plus nombreux à choisir la France en ce début d'année, avec une hausse de 8% des réservations par rapport à la même période l'an passé.
Dans les stations de sports d'hiver, la saison 2025/2026 augure de "bons résultats" selon le gouvernement, avec des réservations qui laissent entrevoir une légère hausse des taux d'occupation.

Libé
Jeudi 19 Février 2026
Lu 275 fois
Dans la même rubrique :