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L’affaire de l’agression mortelle du militant d’extrême droite Quentin Durank, battu à mort par des éléments proches de l’ultragauche dans la ville de Lyon, est passée d’un fait divers à dimension pénale et locale à une polémique internationale.
Depuis l’Inde, où il effectue une visite officielle, le président français Emmanuel Macron a appelé la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, à cesser de «commenter ce qui se passe chez les autres», après qu’elle a pris position sur la mort d’un militant d’extrême droite tué à la suite d’une agression par des adversaires politiques radicaux. Jeudi dernier, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé que Paris convoquerait l’ambassadeur américain Charles Kushner afin de protester contre la position de son pays concernant la mort du jeune homme.
Ces développements étaient attendus. «Nous refusons toute exploitation politique de cette tragédie. Nous n’avons pas besoin de recevoir de leçons, notamment en matière de violence, de la part des courants réactionnaires sur la scène internationale», a déclaré le chef de la diplomatie française.
L’administration américaine avait condamné, vendredi, le «terrorisme» en France et mis en garde contre la violence de gauche après que le militant d’extrême droite Quentin Durank a été battu à mort. La sous-secrétaire d’Etat à la diplomatie publique, Sarah Rogers, a affirmé que la mort de Durank montre «pourquoi nous traitons la violence politique et le terrorisme avec fermeté ».
Agé de 23 ans, Durank est décédé des suites de blessures à la tête après avoir été attaqué par au moins six personnes en marge d’une manifestation contre une conférence à laquelle participait l’eurodéputée Rima Hassan, du parti de gauche La France insoumise, dans la ville de Lyon la semaine dernière.
L’incident a provoqué un bras de fer diplomatique entre la France et les Etats-Unis d’un côté, et entre la France et l’Italie de l’autre, la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni entretenant des relations cordiales avec Donald Trump.
Jeudi, Emmanuel Macron a appelé la présidente du Conseil italien à cesser de «commenter ce qui se passe chez les autres», après sa prise de position sur la mort d’un militant d’extrême droite tué à la suite d’une agression par des adversaires politiques. Mercredi, Meloni a écrit sur la plateforme X que «le meurtre d’un jeune homme d’une vingtaine d’années par des groupes liés à l’extrémisme de gauche, dans un climat de haine idéologique répandu dans plusieurs pays, est une blessure pour toute l’Europe».
En visite officielle en Inde, Macron a déclaré: «Que chacun s’occupe de ses affaires et tout ira bien. Je suis toujours étonné de voir des nationalistes qui ne veulent pas que l’on s’ingère dans les affaires de leur pays, alors qu’ils sont les premiers à commenter ce qui se passe chez les autres».
Réagissant aux propos de Macron, le bureau de Meloni a exprimé sa «surprise», affirmant que ses déclarations constituaient «un signe de solidarité avec le peuple français affecté par cet événement terrible».
Dans un entretien avec des médias italiens, Meloni a indiqué: «Je vois un climat qui ne me plaît pas; je le vois en Italie, je le vois en France et je le vois aux Etats-Unis». Elle a évoqué les «années de plomb» en Italie entre 1969 et 1980, période durant laquelle le pays a subi des attaques menées par l’organisation marxiste radicale des Brigades rouges.
A l’époque, de nombreux anciens membres des Brigades rouges s’étaient réfugiés en France, ce qui était devenu un point de discorde entre les deux pays. «Les élites dirigeantes doivent réfléchir à la manière de combattre un climat qui pourrait nous ramener plusieurs décennies en arrière, une histoire que l’Italie connaît bien et que la France connaît aussi, après avoir accordé l’asile politique à des membres des Brigades rouges», a précisé Mme Meloni.
Elle faisait ainsi allusion à une controverse entre les deux pays concernant l’accueil en France d’anciens membres des Brigades rouges. L’exploitation internationale de la mort de ce jeune Français a été précédée d’une instrumentalisation interne par la droite et l’extrême droite françaises. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a évoqué « les mots qui tuent », tandis que Jordan Bardella, dirigeant de l’extrême droite, a estimé que la violence venait de l’ultragauche et devait être combattue, en référence à La France insoumise. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a lui aussi imputé la responsabilité de l’incident à l’extrême gauche.
Cet événement tragique a également servi de prétexte à des attaques politiques contre La France insoumise, devenue un concurrent de poids et porteuse d’un discours distinct de celui du consensus dominant dans la scène politique.
Même la gauche apparaît divisée. François Hollande, ancien président et membre du Parti socialiste, a souligné qu’il n’y aurait pas d’alliance avec le parti de Jean-Luc Mélenchon, même au second tour des élections municipales, estimant que le mouvement avait failli à son rejet de la violence dans le débat politique, ce qui révèle une fracture sérieuse au sein de la gauche.
A la suite de ce drame, Emmanuel Macron a appelé les Français au calme et au respect des principes républicains, s’adressant à la fois aux «mouvements d’extrême gauche» et aux «mouvements d’extrême droite qui comptent parfois des militants justifiant des actes de violence».
Jean-Luc Mélenchon a réagi vivement lors d’un rassemblement à Montpellier, déclarant: «Nous n’avons rien à voir avec cette histoire. Quiconque prétend le contraire est un menteur!», évoquant également des dégradations commises contre des permanences durant le week-end.
Au-delà de cet incident, des statistiques publiées par certains médias français indiquent que depuis 2022, six homicides à caractère politique ont été recensés: un attribué à l’extrême gauche et cinq à l’extrême droite. Un ouvrage consacré à la violence politique en France depuis 1986, dirigé par la sociologue Isabelle Sommier, recense 57 actes de violence politique ayant entraîné la mort, dont 52 imputés à l’extrême droite et cinq seulement à l’extrême gauche, ce qui met en évidence l’écart dans le recours à la violence meurtrière.
Cependant, ces événements locaux et isolés ont pris une dimension internationale à travers les interventions de l’Italie et des Etats-Unis concernant la violence en France et la menace qu’elle représenterait, ainsi que l’amplification de ce drame. Cela apparaît comme le signe d’un large alignement de partis et de gouvernements radicaux à l’égard de pays démocratiques, ce qui pourrait préfigurer ce qui attend les Français lors de l’élection présidentielle de 2027, laquelle ne sera pas épargnée par les ingérences extérieures.
Paris : Youssef Lahlali
Depuis l’Inde, où il effectue une visite officielle, le président français Emmanuel Macron a appelé la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, à cesser de «commenter ce qui se passe chez les autres», après qu’elle a pris position sur la mort d’un militant d’extrême droite tué à la suite d’une agression par des adversaires politiques radicaux. Jeudi dernier, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé que Paris convoquerait l’ambassadeur américain Charles Kushner afin de protester contre la position de son pays concernant la mort du jeune homme.
Ces développements étaient attendus. «Nous refusons toute exploitation politique de cette tragédie. Nous n’avons pas besoin de recevoir de leçons, notamment en matière de violence, de la part des courants réactionnaires sur la scène internationale», a déclaré le chef de la diplomatie française.
L’administration américaine avait condamné, vendredi, le «terrorisme» en France et mis en garde contre la violence de gauche après que le militant d’extrême droite Quentin Durank a été battu à mort. La sous-secrétaire d’Etat à la diplomatie publique, Sarah Rogers, a affirmé que la mort de Durank montre «pourquoi nous traitons la violence politique et le terrorisme avec fermeté ».
Agé de 23 ans, Durank est décédé des suites de blessures à la tête après avoir été attaqué par au moins six personnes en marge d’une manifestation contre une conférence à laquelle participait l’eurodéputée Rima Hassan, du parti de gauche La France insoumise, dans la ville de Lyon la semaine dernière.
L’incident a provoqué un bras de fer diplomatique entre la France et les Etats-Unis d’un côté, et entre la France et l’Italie de l’autre, la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni entretenant des relations cordiales avec Donald Trump.
Jeudi, Emmanuel Macron a appelé la présidente du Conseil italien à cesser de «commenter ce qui se passe chez les autres», après sa prise de position sur la mort d’un militant d’extrême droite tué à la suite d’une agression par des adversaires politiques. Mercredi, Meloni a écrit sur la plateforme X que «le meurtre d’un jeune homme d’une vingtaine d’années par des groupes liés à l’extrémisme de gauche, dans un climat de haine idéologique répandu dans plusieurs pays, est une blessure pour toute l’Europe».
En visite officielle en Inde, Macron a déclaré: «Que chacun s’occupe de ses affaires et tout ira bien. Je suis toujours étonné de voir des nationalistes qui ne veulent pas que l’on s’ingère dans les affaires de leur pays, alors qu’ils sont les premiers à commenter ce qui se passe chez les autres».
Réagissant aux propos de Macron, le bureau de Meloni a exprimé sa «surprise», affirmant que ses déclarations constituaient «un signe de solidarité avec le peuple français affecté par cet événement terrible».
Dans un entretien avec des médias italiens, Meloni a indiqué: «Je vois un climat qui ne me plaît pas; je le vois en Italie, je le vois en France et je le vois aux Etats-Unis». Elle a évoqué les «années de plomb» en Italie entre 1969 et 1980, période durant laquelle le pays a subi des attaques menées par l’organisation marxiste radicale des Brigades rouges.
A l’époque, de nombreux anciens membres des Brigades rouges s’étaient réfugiés en France, ce qui était devenu un point de discorde entre les deux pays. «Les élites dirigeantes doivent réfléchir à la manière de combattre un climat qui pourrait nous ramener plusieurs décennies en arrière, une histoire que l’Italie connaît bien et que la France connaît aussi, après avoir accordé l’asile politique à des membres des Brigades rouges», a précisé Mme Meloni.
Elle faisait ainsi allusion à une controverse entre les deux pays concernant l’accueil en France d’anciens membres des Brigades rouges. L’exploitation internationale de la mort de ce jeune Français a été précédée d’une instrumentalisation interne par la droite et l’extrême droite françaises. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a évoqué « les mots qui tuent », tandis que Jordan Bardella, dirigeant de l’extrême droite, a estimé que la violence venait de l’ultragauche et devait être combattue, en référence à La France insoumise. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a lui aussi imputé la responsabilité de l’incident à l’extrême gauche.
Cet événement tragique a également servi de prétexte à des attaques politiques contre La France insoumise, devenue un concurrent de poids et porteuse d’un discours distinct de celui du consensus dominant dans la scène politique.
Même la gauche apparaît divisée. François Hollande, ancien président et membre du Parti socialiste, a souligné qu’il n’y aurait pas d’alliance avec le parti de Jean-Luc Mélenchon, même au second tour des élections municipales, estimant que le mouvement avait failli à son rejet de la violence dans le débat politique, ce qui révèle une fracture sérieuse au sein de la gauche.
A la suite de ce drame, Emmanuel Macron a appelé les Français au calme et au respect des principes républicains, s’adressant à la fois aux «mouvements d’extrême gauche» et aux «mouvements d’extrême droite qui comptent parfois des militants justifiant des actes de violence».
Jean-Luc Mélenchon a réagi vivement lors d’un rassemblement à Montpellier, déclarant: «Nous n’avons rien à voir avec cette histoire. Quiconque prétend le contraire est un menteur!», évoquant également des dégradations commises contre des permanences durant le week-end.
Au-delà de cet incident, des statistiques publiées par certains médias français indiquent que depuis 2022, six homicides à caractère politique ont été recensés: un attribué à l’extrême gauche et cinq à l’extrême droite. Un ouvrage consacré à la violence politique en France depuis 1986, dirigé par la sociologue Isabelle Sommier, recense 57 actes de violence politique ayant entraîné la mort, dont 52 imputés à l’extrême droite et cinq seulement à l’extrême gauche, ce qui met en évidence l’écart dans le recours à la violence meurtrière.
Cependant, ces événements locaux et isolés ont pris une dimension internationale à travers les interventions de l’Italie et des Etats-Unis concernant la violence en France et la menace qu’elle représenterait, ainsi que l’amplification de ce drame. Cela apparaît comme le signe d’un large alignement de partis et de gouvernements radicaux à l’égard de pays démocratiques, ce qui pourrait préfigurer ce qui attend les Français lors de l’élection présidentielle de 2027, laquelle ne sera pas épargnée par les ingérences extérieures.
Paris : Youssef Lahlali