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L'hôtellerie ballottée entre espoir et inquiétude

La crise mène la vie dure à des milliers de maisons d'hébergement




L'hôtellerie ballottée entre espoir et inquiétude
Le coup brutal causé par le Covid-19 à des pans entiers de l'économie, notamment l'industrie hôtelière qui semble le plus à même de chavirer dans la détresse, risque de mettre du temps à se dissiper face à une situation épidémiologique où la vigilance reste toujours de mise, bien que des indicateurs récents prêtent à l'optimisme.
Depuis la propagation du coronavirus, rebaptisé Covid-19 à travers le monde, l'industrie hôtelière est secouée par une crise inédite aux proportions gigantesques. Au Maroc, cette crise mène la vie dure à des milliers de maisons d'hébergement (hôtels et auberges) qui ont vu leur activité en arrêt pendant 3 mois, dicté par le confinement et la fermeture des frontières.
Cela n'a pas pour autant empêché un grand nombre d'hôteliers de rejoindre l'élan de solidarité en proposant l'hébergement gratuit aux touristes bloqués au Maroc, en raison de la fermeture des frontières, et en offrant gracieusement des chambres au sein des hôtels en vue d'abriter les corps médicaux et soignants dans les différentes régions du pays.
La Fédération nationale de l'industrie hôtelière (FNIH), sans une visibilité quant à une reprise tant espérée de ses activités, n'a pas tardé à formuler et proposer au début de la pandémie des mesures urgentes à la Confédération nationale du tourisme (CNT), au ministère du Tourisme et à la CGEM afin d'aider les hôteliers à amortir l'effet de la crise sur leur secteur, notamment en matière de report des échéances sociales, fiscales et bancaires.
Sur le plan bancaire, la FNIH avait suggéré la prorogation, jusqu'au 31 décembre, du moratoire afférent au remboursement des échéances de crédit et sur le plan fiscal, les hôteliers avaient proposé l'exonération des impôts et des charges sociales durant la période de la crise, la réduction de la TVA pour la porter à 5%, la baisse des taxes locales et communales, ainsi que l'activation du remboursement des crédits de TVA, indique la fédération.
S'agissant des mesures post-Covid-19 pour relancer ladite activité, les membres de la fédération se sont mis d'accord sur la nécessité de mettre en place un fonds de soutien dédié au secteur touristique, notamment aux établissements d'hébergement en difficulté, sachant que le tourisme est l’un des premiers secteurs immédiatement atteints par la crise, ce qui se traduit du jour au lendemain par un effondrement des voyages et déplacements, avec une conséquence "évidemment directe" pour l'hôtellerie.
Dans le même sillage, la fédération a conçu un recueil des mesures sanitaires post-Covid-19, qui permettra à tous les établissements de disposer d'une feuille de route pratique pour la sécurité sanitaire des clients et du personnel. Ce guide opérationnel, qui a pris en considération les recommandations de l'OMS et des autorités locales, renseigne les établissements sur les procédures et les protocoles permettant une gestion sanitaire efficace à même d'assurer des prestations de qualité.
Ce guide, constitué sur la base des informations recueillies auprès des ministères de la Santé, du Tourisme, de l'Artisanat et du Transport aérien, du Travail et de l'Insertion professionnelle et celui de l'Intérieur, dotera les établissements d'hébergement d'un support permettant une gestion sanitaire appropriée et facilitant une reprise progressive de leurs activités, précise-t-on auprès de la fédération.
Evoquant l'importance de favoriser le tourisme interne en cette période cruciale marquée, notamment, par l'impossibilité de la reprise, au moins dans l'immédiat des vols internationaux, la fédération a indiqué que des orientations ont été données afin d'assurer au client marocain le meilleur accueil ainsi que des tarifs préférentiels pour que les hôtels puissent travailler aussi et couvrir les différentes charges fixes.
"Il faut reconnaître que jusqu'ici, on ne maîtrise pas le sujet", a relevé une source de la FNIH. Pour autant, cette situation est "difficilement tenable pour nos professionnels qui ont besoin d'une lueur d'espoir, d'un horizon de reprise", et la réticence du client à venir passer ses vacances directement après le confinement constitue un enjeu majeur quant à la relance du secteur.
A date, nul ne peut prévoir la sortie réelle de cette crise, en raison des nombreuses incertitudes qui pèsent sur le secteur du tourisme et de l'hôtellerie en particulier. Néanmoins, les professionnels de ce secteur gardent plein espoir pour l'avenir et font part de leur ténacité pour assurer une reprise d'activité efficiente.

Par Samia Boufous (MAP)
Jeudi 11 Juin 2020

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