L’exposition "Mémoires vivantes" d’Imane Kamal Idrissi, une immersion dans la mémoire de la femme africaine

Mercredi 18 Mars 2026

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Le Centre culturel du Cap-Vert à Lisbonne a accueilli samedi soir le vernissage de l’exposition "Mémoires vivantes" de l’artiste plasticienne marocaine Imane Kamal Idrissi, une célébration visuelle mettant en lumière la voix artistique de la femme africaine, à l’occasion de la Journée internationale des femmes (8 mars).

Cette exposition, qui se poursuit jusqu’au 11 avril prochain, propose un voyage immersif à travers les différentes strates de la mémoire, personnelle et héritée, féminine et collective, dans une réflexion artistique sur l’identité transgénérationnelle et sur des récits qui ne se limitent pas aux pages de l’histoire, mais s’inscrivent également sur la peau, dans les silences et dans la volonté de survivre.

A travers l’utilisation de techniques mêlant huile sur toile et sur bois ainsi que des images en plexiglas, l’artiste compose des espaces visuels où le temps semble s’effacer. Transparence et opacité s’y répondent, à l’image des couches de mémoire qui contribuent à façonner l’identité et à traverser les générations.

Dans une déclaration à la MAP, l’artiste plasticienne Imane Kamal Idrissi a indiqué que l’exposition s’inscrit dans le cadre de la célébration du mois de mars dédié à la femme, soulignant qu’elle a eu l’honneur d’être choisie par le centre pour représenter la femme et l’artiste africaine lors de cet événement culturel.

L’exposition, qui rassemble tableaux, portraits et scènes humaines traduisant diverses émotions, constitue un voyage à travers plusieurs couches de mémoire — personnelle, héritée, féminine et collective, a expliqué Kamal Idrissi, y voyant également "une réflexion artistique sur l’identité qui traverse les générations et sur des récits qui ne s’inscrivent pas seulement dans les pages de l’histoire, mais aussi sur la peau, dans le silence et dans la volonté de survivre".

Ce travail artistique repose sur l’utilisation de techniques d’huile sur toile, auxquelles s’ajoutent des portraits composites réalisés à partir de plexiglas, a poursuivi l'artiste, notant que "certains visages apparaissent avec netteté, tandis que d’autres semblent fragmentés, recomposés ou partiellement dissimulés. Dans ce contexte, le plexiglas agit à la fois comme protection et comme barrière, reflétant les couches émotionnelles que les femmes portent au plus profond d’elles-mêmes".

Pour la plasticienne, les femmes marocaines présentes dans ces œuvres, avec leurs tatouages traditionnels, ne sont pas de simples figures artistiques, mais de véritables "archives vivantes". Les tatouages gravés sur leurs visages racontent ainsi des histoires d’héritage, d’appartenance, de résistance et de récits non exprimés, incarnant une mémoire culturelle qui perdure même lorsque certaines traditions commencent à disparaître.

À travers cette exposition, Imane Kamal Idrissi propose une vision artistique ouverte sur les questions d’identité et de condition féminine, mettant en lumière à la fois la fragilité des femmes et leur capacité de résilience. Elle le fait sans embellir la douleur, mais en la considérant comme une reconnaissance de la réalité de la souffrance et comme un témoignage vivant de l’existence.

Née à Casablanca, Imane Kamal Idrissi est une artiste plasticienne reconnue pour ses œuvres innovantes dans le portrait contemporain et pour ses installations artistiques fondées sur la multiplicité des perspectives. Elle a grandi dans un environnement artistique, influencée par son père, ce qui a contribué à façonner sa sensibilité créative dès son plus jeune âge.
 

Libé
Mercredi 18 Mars 2026
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