L'élimination du travail des enfants, une responsabilité partagée nécessitant l'implication de toutes les parties prenantes


Libé
Vendredi 13 Février 2026

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La protection des enfants contre le travail précoce constitue une responsabilité partagée nécessitant l'implication de toutes les parties prenantes afin de garantir la mise en œuvre des politiques adoptées et d’obtenir des résultats concrets sur le terrain, ont souligné les participants à la 6ème Conférence mondiale sur l’élimination du travail des enfants, dont les travaux ont débuté mercredi à Marrakech.

Les intervenants dans le cadre de cette rencontre ont insisté sur l’importance d’élaborer des politiques efficaces de protection de l’enfance, dont l’objectif ne se limite pas à réduire le travail des enfants, mais vise également à leur assurer un enseignement de qualité, à préserver leur dignité et à leur garantir un avenir meilleur.

Dans ce contexte, la présidente de l’Organisation internationale des employeurs (OIE) et directrice générale et chef exécutif de la Fédération des employeurs du Kenya, Jacqueline Mugo, a indiqué que le travail des enfants n’est pas seulement une problématique locale, mais un défi mondial lié aux chaînes de production, au commerce international et aux choix économiques communs, soulignant l’impératif de la coopération entre gouvernements, employeurs et société civile pour y mettre fin.

De telles conférences représentent une occasion "précieuse" d’unifier la volonté politique, les efforts sociaux et l’engagement international, a-t-elle ajouté, appelant à des mesures "concrètes et décisives" pour protéger les enfants contre les conditions de travail dangereuses et garantir leur droit à l’éducation et à une vie digne.

De son côté, Amine Lamgari, membre du Parlement marocain de l’enfant, a affirmé que les enfants doivent être des partenaires dans la prise de décisions affectant leur vie et leurs droits, indiquant que les enfants sont des acteurs capables de formuler des recommandations pratiques pour la protection de l’enfance.

Il a précisé que la participation des enfants aux ateliers et aux rencontres nationales et internationales offre aux décideurs une vision réelle des problématiques liées à l’enfance, notamment l’éducation, la santé et l’environnement de travail, assurant que l’intégration de leurs visions contribue à l’élaboration de politiques plus efficaces et pertinentes pour protéger chaque enfant contre l’exploitation.

Pour sa part, la secrétaire générale adjointe de la Confédération syndicale internationale (CSI), Jordania Ureña, a mis en avant le rôle vital des syndicats dans la protection des enfants et le soutien aux familles, notant que la pauvreté et la faiblesse des systèmes de protection sociale poussent de nombreuses familles à prendre des décisions difficiles pouvant conduire à l’entrée des enfants sur le marché du travail.

Elle a expliqué que l’amélioration des conditions de travail des adultes, l’application des lois du travail et l’organisation de l’économie informelle peuvent réduire l’implication des enfants dans des activités dangereuses, précisant que l’engagement collectif des syndicats, des gouvernements et de la société civile est indispensable pour garantir un environnement sûr et éducatif à chaque enfant.

Le lauréat du Prix Nobel de la paix 2014, Kailash Satyarthi, a, de son côté, fait savoir que "la protection des enfants contre le travail n’est pas seulement un devoir juridique ou économique, mais une responsabilité morale et humaine", relevant que la compassion et la justice doivent être le principal moteur de l’action contre ce fléau.

Et d'ajouter que "chaque enfant contraint de travailler est privé d’éducation, de liberté et d’opportunités", estimant que la solution réside dans une action rapide et déterminée pour appliquer les lois, assurer le financement et le soutien international, et renforcer la sensibilisation au sein de la société.

Placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cette rencontre a permis de dresser le bilan des progrès réalisés et des défis persistants depuis la 5ème Conférence mondiale tenue à Durban en 2022 et de renforcer l’apprentissage par les pairs, la coopération internationale et la cohérence des politiques publiques aux niveaux national, régional et mondial.

Organisée par le ministère de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences en partenariat avec l’Organisation internationale du travail (OIT), cette conférence d’envergure internationale vise également à mettre en lumière les liens entre l’élimination du travail des enfants et les autres principes et droits fondamentaux au travail, à donner un nouvel élan à l’action menée en faveur des principes et droits fondamentaux au travail et à encourager de nouveaux engagements en ce sens, notamment grâce à la Coalition mondiale pour la justice sociale.

Libé
Vendredi 13 Février 2026
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