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Insolite


Faits comme des rats?



Faits comme des rats?

Jakarta, la capitale indonésienne, l'une des mégalopoles les plus surpeuplées et polluées du monde, lance une nouvelle initiative pour se débarrasser de la vermine en offrant une récompense de 1,50 dollar par rat capturé.
Avec ce "Mouvement d'éradication des rats", les autorités espèrent réduire le nombre des rongeurs dans la ville de 10 millions d'habitants. A Jakarta, il est fréquent d'apercevoir des rats énormes dans les rues encombrées de détritus et dans les bidonvilles.
"Il y a de nombreux rats ici, et des gros", a dit le gouverneur adjoint de Jakarta Djarot Saiful Hidayat sur un site officiel, en lançant ce programme ces derniers jours.
C'est une rencontre avec un imposant spécimen qui lui a donné l'idée de la campagne, a-t-il expliqué, soulignant que les rats étaient dangereux et facteur de propagation de maladies.
"Pour chaque rat, nous paierons 20.000 roupies (environ 1,5 dollar)".
Il n'a pas précisé la manière dont les gens devaient s'y prendre ou si les rats devaient être morts ou vifs lorsqu'ils seront remis aux autorités.
Néanmoins, il a appelé les habitants à s'abstenir d'utiliser des armes à feu. "Si possible, n'utilisez pas s'il vous plaît d'armes à feu", a-t-il déclaré au Jakarta Post. "Si vous ratez votre cible, des gens pourraient être touchés".
Le responsable n'a pas précisé d'objectif chiffré pour mesurer le succès ou non de la campagne.
Une initiative similaire organisée à Hanoï à l'époque coloniale française avait échoué: les chasseurs de rats devaient présenter la queue de l'animal comme preuve de leur destin funeste mais ils se contentaient souvent de la trancher et de relâcher les rongeurs.


Les réseaux sociaux, un paradis pour toutes sortes d'espions

On y affiche ses opinions, on y relate ses déplacements... Les réseaux sociaux regorgent d'informations sur leurs utilisateurs et leur exploitation est devenue un vrai business, mais cette surveillance inquiète, surtout quand elle prend un visage policier.
"Il y a une étroite ligne de démarcation entre la surveillance des individus et le suivi à des fins de recherche", indique Jenny Sussin, analyste chez Gartner.
Même quand l'espionnage n'est pas l'objectif initial, "rien n'empêche quelqu'un de créer un flux contenant seulement les informations de gens sur une liste" et de les "localiser (...) quand ils publient sur les réseaux sociaux depuis une certaine région".
Geofeedia, une société qui, comme beaucoup d'autres, commercialise des services d'analyse en puisant dans la gigantesque base de données représentée par Twitter, Facebook ou sa filiale Instagram, vient d'être épinglée par l'organisme américain de défense des droits civiques ACLU: elle a aidé la police à pister des militants lors de mouvements sociaux dans plusieurs villes américaines où des hommes noirs avaient été abattus par des policiers.
Twitter et Facebook ont coupé l'accès de l'entreprise à leurs flux de données. Dans le passé, Twitter avait déjà interdit aux services de renseignement américains d'utiliser le logiciel d'analyse des tweets Dataminr.
L'ACLU réclame toutefois plus d'efforts des réseaux, et notamment le blocage des applications utilisées par les forces de l'ordre ou pouvant servir d'outils d'espionnage.
Les entreprises doivent "connaître leurs clients" et "il y a des questions spécifiques qu'elles peuvent poser" pour cela, argumente Sophia Cope, avocate spécialisée dans les libertés civiles et les technologies à l'Electronic Frontier Foundation (EFF).
L'éventuelle coopération du secteur technologique avec des services de renseignement est un débat récurrent.
La justice française s'est penchée dans le passé sur des sociétés comme Amesys ou Qosmos, dont les logiciels étaient soupçonnés de servir à surveiller des opposants au régime de Kadhafi en Libye ou d'Assad en Syrie. Et Yahoo Mail était encore accusé début octobre d'avoir scanné des courriels pour les autorités américaines.
Le cas des réseaux sociaux a toutefois ceci de particulier que les données exploitées sont généralement publiques.
Le gouvernement "a ses propres salariés qui surveillent les réseaux sociaux. Mais ça demande de la main-d'oeuvre. Qu'on ait des entreprises privées comme Geofeedia qui facilitent cette procédure et rendent plus simple la surveillance gouvernementale, c'est cela qui nous inquiète", indique Sophia Cope.
Les sociétés d'analytique ont souvent l'avantage d'être branchées directement sur des flux de données fournis par les réseaux aux développeurs d'applications ou aux médias. Cela permet un processus automatisé et appelé à s'améliorer avec l'essor de l'intelligence artificielle.
L'exploitation des données prend toutefois de multiples visages. A côté des espions des services de renseignement, on retrouve beaucoup d'annonceurs publicitaires souhaitant toucher un public précis, ou encore des chercheurs essayant d'en déduire des conclusions scientifiques ou sociologiques.
IBM avait ainsi annoncé cet été une coopération avec un centre de recherche brésilien pour suivre grâce à Twitter la propagation de maladies comme Zika, la dengue ou le Chikungunya.
Et à Los Angeles, le ministère de la Justice finance une étude menée depuis septembre par des chercheurs britanniques et l'ONG Rand: ils veulent vérifier si la police pourrait empêcher des crimes racistes en géolocalisant les commentaires haineux sur les réseaux afin de déterminer les quartiers les plus à risque.
"Ce n'est pas pour dire qu'il n'y a pas d'utilité mais il peut y avoir des abus", indique Sophia Cope. Pour elle, "toute sorte de surveillance ou de pistage est problématique" mais "la surveillance gouvernementale est pire" car elle enfreint des droits constitutionnels.







Libé
Vendredi 21 Octobre 2016

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