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Il est primordial de semer dès aujourd’hui les graines de la croissance et de la prospérité

Kristalina Georgieva en marge du huitième Forum arabe des finances publiques


Alain Bouithy
Mercredi 21 Février 2024

Il est primordial de semer dès aujourd’hui les graines de la croissance et de la prospérité
«En cette période de difficultés économiques, de tensions géopolitiques et de guerre, il est primordial de semer dès aujourd’hui les graines de la croissance et de la coopération, de la paix et de la prospérité», a déclaré la Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) soulignant le rôle de plus en plus important que joue la région arabe dans un monde en mutation rapide.
Les possibilités de stimuler la croissance sont limitées par des taux d’intérêt toujours élevés et par la nécessité de rétablir la viabilité des finances publiques, selon la DG du FMI
«Bien que les incertitudes demeurent élevées, alimentées par l’évolution tragique du conflit à Gaza et en Israël, nous sommes un peu plus confiants quant aux perspectives économiques», a-t-elle affirmé dans une allocution prononcée au huitième Forum arabe des finances publiques qui s’est tenu récemment à Dubaï, aux Emirats arabes unis.

L’économie mondiale se dirige vers un atterrissage en douceur en 2024

Etant donné que «l’économie mondiale fait preuve d’une résilience étonnante et dans la mesure où l’inflation ralentit de façon régulière, nous nous dirigeons vers un atterrissage en douceur en 2024 », a-t-elle poursuivi arguant que la croissance a dépassé les attentes l’an dernier et que l’institution financière internationale prévoit qu’elle s’établira à 3,1% cette année.

Bien que confiante au regard des évolutions observées, Kristalina Georgieva reste toutefois prudente estimant qu’« il est trop tôt pour crier victoire ».
Il faut dire que les perspectives de croissance à moyen terme restent en berne, à environ 3%, pour une moyenne historique d’environ 3,8% au cours des décennies d’avant-pandémie, comme elle l’a relevé dans son allocution.

De son avis, «les possibilités de stimuler la croissance sont limitées par des taux d’intérêt toujours élevés et par la nécessité de rétablir la viabilité des finances publiques après des années d’accroissement des dépenses publiques».

Mais pour la DG du FMI, cela ne devrait pas poser problème dès lors qu’elles peuvent être favorisées par les progrès technologiques, comme l’évolution de l’intelligence artificielle, à condition d’y être préparés.
Elle craint que de nombreux pays soient insuffisamment préparés à l’échelle et l’envergure de la transformation que vont connaître nos économies, alors qu’environ 40% des emplois sont exposés à l’IA, que ce soit à l’échelle mondiale ou dans le monde arabe.

Si certains pays comme les Emirats arabes unis font preuve de clairvoyance, en renforçant leur capacité à exploiter le potentiel de l’IA, il est évident que «les pays ne disposant pas d’infrastructures et de la main-d’œuvre qualifiée pour tirer parti de cette technologie pourraient se retrouver à la traîne».

Quoi qu’il en soit, s’agissant des perspectives immédiates pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, le Fonds monétaire international s’attend cette année à une croissance du PIB de 2,9%. Bien qu’il soit supérieur à l’an dernier, le niveau reste encore inférieur aux projections d’octobre de l’institution financière, d’après la patronne du FMI.

Pour le Fonds, cette variation résulte en grande partie des baisses de la production de pétrole à court terme, du conflit à Gaza et en Israël, et de la rigidité des politiques monétaires.
Selon les explications de l’organisation, la faible croissance en dehors du secteur des hydrocarbures chez les pays exportateurs de pétrole joue également un rôle.

De plus, souligne Kristalina Georgieva, «le déclin de la demande de pétrole va devenir un vent contraire de plus en plus fort à moyen terme», tandis que les pays importateurs nets d’énergie «sont freinés par des niveaux d’endettement et des besoins d’emprunt sans précédent, ainsi que par un accès limité aux financements extérieurs».

Les perspectives de l’économie palestinienne s’obscurcissent à mesure que le conflit persiste

Sur le plan économique, du fait du conflit en cours, Gaza a vu son activité chuter de 80% sur la période octobre–décembre par rapport à la même période un an plus tôt, tandis qu’en Cisjordanie elle a reculé de 22%.
Pour la DG, «les perspectives déjà sombres de l’économie palestinienne s’obscurcissent à mesure que le conflit perdure. Seules une paix et une solution politique durables pourront les infléchir réellement».

Entre-temps, dans le voisinage immédiat, le conflit impacte négativement «le tourisme, qui est pour beaucoup de gens une bouée de sauvetage. Dans la région et au-delà, les répercussions se traduisent par une augmentation des coûts de fret et une chute des volumes de transit dans la mer Rouge - en baisse de plus de 40% cette année d’après nos données PortWatch», a-t-elle noté rappelant que cela s’ajoute aux difficultés de pays qui se relèvent encore de chocs antérieurs.

Pour autant, Kristalina Georgieva assure que le monde arabe peut planter la graine d’un avenir meilleur et plus stable dans ce contexte difficile, et «répondre aux besoins de reconstruction à venir, renforcer sa résilience et ouvrir des possibilités que ses populations croissantes exigent».

Alain Bouithy


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