Etat des stocks halieutiques en Méditerranée marocaine

Recul “préoccupant” et persistance de pratiques non durables


Libé
Lundi 19 Janvier 2026

Etat des stocks halieutiques en Méditerranée marocaine
Les résultats d’une étude scientifique, présentée vendredi à Al Hoceima, ont révélé un recul “préoccupant” des stocks halieutiques sur la façade méditerranéenne marocaine, ainsi que la persistance de certaines pratiques non durables.

L’étude, dont les résultats ont été présentés lors d’un colloque organisé par l’Association “Azir” pour la protection de l’environnement, est basée sur une recherche de terrain supervisée par le chercheur Zakaria Qobaa, spécialiste de l’environnement et du développement durable. Elle s’appuie sur des données officielles, une analyse statistique de la production halieutique, ainsi que sur des entretiens de terrain avec des professionnels du secteur dans plusieurs ports méditerranéens.

L’étude a montré que la production de la pêche côtière et artisanale en Méditerranée a connu une baisse notable ces dernières années, avec une diminution de plus de 30% des quantités pêchées par rapport à 2017. Le chercheur attribue cette situation à la surexploitation des ressources marines, notamment de certaines espèces, au non-respect du repos biologique des poissons pélagiques, ainsi qu’à l’impact des changements climatiques.

L’étude a également relevé la dégradation de la situation de plusieurs espèces marines constituant le pilier de l’activité de pêche dans la région, notamment la sardine, le poulpe et l’espadon. Les chiffres indiquent une contraction des zones de pêche traditionnelles connues pour leur abondance, ce qui a affecté les ressources des pêcheurs artisanaux qui recourent à des techniques de pêche durable.

L’étude a également mis en avant la nécessité d’intensifier les efforts visant à atténuer l’impact de la pêche non organisée et à mettre en œuvre les lois en vigueur, soulignant l’importance du renforcement de la surveillance maritime pour préserver les stocks halieutiques et consacrer un modèle de pêche efficace et durable respectant le cycle biologique des organismes marins concernés par les activités humaines.

La recherche a également mis en garde contre la dégradation des écosystèmes marins sensibles et la propagation de certaines espèces marines invasives, susceptibles de menacer la biodiversité marine dans la région méditerranéenne.

Dans une déclaration à la MAP, M. Qobaa a indiqué que ce travail est le fruit de deux années de recherche et d’étude le long du littoral méditerranéen marocain, de Saïdia à Tanger, expliquant que l’étude a porté sur un ensemble de documents, de lois et d’accords internationaux relatifs à la pêche maritime ratifiés par le Maroc, ainsi que sur le mode de fonctionnement des institutions chargées du secteur de la pêche.

L’étude a montré une baisse des débarquements de poissons de plus de 35% entre 2017 et 2023, a-t-il ajouté, soulignant l’importance de trouver des solutions en concertation avec les acteurs institutionnels afin de valoriser les ressources marines et de préserver la richesse halieutique.

Pour sa part, Mohamed Andaloussi, président de l’Association “Azir”, a mis en avant l’importance de cette étude qui met en lumière les contraintes auxquelles fait face le secteur de la pêche maritime, ayant conduit à la diminution des quantités de poissons pêchées.
Il a, dans ce sens, précisé que l’étude ne s’est pas limitée à des données chiffrées, mais s’est appuyée sur les résultats de rencontres intensives avec les professionnels du secteur.

L’association exploitera cette étude pour formuler des recommandations à l’intention des instances scientifiques et administratives concernées, dans le but d’accroître la productivité et de promouvoir les techniques de pêche durable, a-t-il fait savoir, notant que la pression croissante sur certaines espèces marines pourrait affecter l’équilibre marin et les activités de pêche.

L’Association “Azir” a ainsi appelé à la nécessité d’agir pour sauver la richesse halieutique, renforcer la surveillance, lutter contre la pêche illégale, soutenir la recherche scientifique et adopter une politique de gestion participative conciliant la protection de l’environnement et la pérennité de l’activité économique des pêcheurs.


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