Economie américaine : Le FMI prévoit une croissance de 2,6% en 2026


Libé
Mercredi 4 Mars 2026

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La croissance du produit intérieur brut (PIB) aux Etats-Unis devrait connaître une expansion de 2,6% en 2026, contre 2,2 un an auparavant, selon les dernières estimations du Fonds monétaire international (FMI).

Dans la déclaration finale publiée mercredi à l’issue de la mission de consultations pour l'année 2026 au titre de l'article IV avec les Etats-Unis, le FMI a relevé que les décideurs politiques américains se sont lancés dans une réorientation systémique de l'économie américaine avec pour objectif global d'accroître l'autonomie économique et, ce faisant, d'améliorer le niveau de vie des travailleurs américains.

Cette stratégie, indique l’institution financière basée à Washington, s’est traduite par des efforts visant à renforcer la capacité de production nationale, réduire le déficit commercial et la dépendance à l’égard des produits étrangers, accroître la production énergétique domestique, limiter le recours aux travailleurs immigrés clandestins et réduire le rôle du gouvernement fédéral dans l’économie.

S’agissant de la conjoncture récente, le FMI relève que l’économie US a affiché de bons résultats en 2025, conformément aux prévisions contenues dans le rapport Perspectives de l’économie mondiale (WEO) de janvier 2025, rapporte la MAP.

Ainsi, précise-t-on, la croissance a atteint 2,2% en 2025 (en glissement trimestriel), portée par une forte croissance continue de la productivité, malgré l’impact négatif de la fermeture partielle des administrations publiques au quatrième trimestre.

L’inflation mesurée par l’indice des dépenses de consommation personnelles (PCE) a stagné au cours de l'année, les droits de douane ayant soutenu l’inflation des biens tandis que celle des services poursuivait sa décrue, note l’institution de Bretton Woods.

Par ailleurs, la croissance de l’emploi a nettement ralenti. Toutefois, précise le FMI, le marché du travail demeure proche du plein emploi, avec un taux de chômage de 4,3% en janvier 2026.

Abordant les politiques d’immigration, le FMI indique que le renforcement des contrôles aux frontières et l’augmentation des expulsions devraient réduire la taille de la main-d’œuvre étrangère dans les prochaines années, ce qui se traduirait par un ralentissement de la croissance de l’emploi, une légère hausse des pressions inflationnistes et une diminution de l’activité d’environ 0,4% d’ici 2027.

En matière de réglementation, note le Fonds, la nouvelle administration américaine a engagé un réexamen d’ampleur, en conditionnant toute nouvelle réglementation à la suppression de dix réglementations existantes, soulignant qu’un accent particulier a été mis sur le secteur énergétique, notamment à travers la facilitation du développement des actifs liés aux combustibles fossiles, à la géothermie, aux biocarburants, au nucléaire et à l’hydroélectricité.

Des mesures sont également en cours pour recalibrer ou éliminer certaines exigences réglementaires financières, adapter la supervision au risque sous-jacent de l'activité et introduire un cadre réglementaire pour les actifs numériques, observe le FMI.

Tenant compte de l’ensemble de ces évolutions, les services du FMI anticipent une accélération de la croissance en 2026, autour de 2,4% en glissement trimestriel.
En outre, l'impulsion inflationniste exercée par les droits de douane devrait s'atténuer au cours des prochains mois, permettant à l'inflation sous-jacente mesurée par l'indice PCE de revenir à 2% d'ici début 2027.

La croissance de l’emploi devrait néanmoins rester inférieure de moitié à celle observée durant les cinq années précédant la pandémie. Dans un contexte de ralentissement démographique, le taux de chômage devrait toutefois se maintenir autour de 4% en 2026-2027.

En matière de politique monétaire, l’institution financière estime qu’il était approprié que la Réserve fédérale américaine (Fed) assouplisse sa politique en 2025, compte tenu du ralentissement de l’emploi et de l’absence d’effets inflationnistes secondaires significatifs liés aux droits de douane.

Sur le plan budgétaire, le déficit public devrait se maintenir entre 7% et 8% du PIB, portant la dette publique à environ 140% du PIB à l’horizon 2031. Si le risque de crise souveraine demeure faible, la trajectoire ascendante de la dette constitue, selon le FMI, un facteur de vulnérabilité croissant pour l’économie américaine et mondiale.

Libé
Mercredi 4 Mars 2026
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