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Driss Lachguar : L’USFP est déterminée à faire face à toutes les décisions antisociales


L’Exécutif actuel ne fait que parler de réformes sans jamais traduire son discours en actes concrets



En leader politique chevronné et en orateur hors pair, le Premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachguar, a marqué, vendredi dernier, son passage à «Mounazarat», la célèbre émission-débat de MFM, en livrant une analyse  pertinente des  principales questions d’actualité politique. La piètre prestation du gouvernement actuel, les prochaines élections et leur timing inapproprié, la transhumance politique, la réforme de la Caisse marocaine de retraite, ou encore la décision du leader ittihadi de se présenter ou non aux prochaines élections communales ont été les principaux thèmes traités  au cours de cette émission. 
De prime abord, Driss Lachguar a tenu à souligner que la prestation du gouvernement et son approche de gérer nombre de dossiers et questions  à caractère social et économique demeurent en deçà des attentes. Le Premier secrétaire a, à cet égard, fait savoir que le parti de la Rose est déterminé à faire face à toutes les décisions antisociales qui affectent profondément de larges franges de la société. Et  ce conformément à ses convictions  politiques et idéologiques, à son militantisme, à sa proximité avec la société et à son rôle de défenseur des couches sociales les plus défavorisées.
Concernant la réforme des Caisses de retraite,  il a tenu à indiquer  que celle-ci exige la participation du patronat, du gouvernement et des employés et des fonctionnaires et qu’aucune réforme ne peut se faire au détriment de ces derniers. Et de préciser que,  dans le souci de  sauver lesdites caisses, le  gouvernement d’alternance y avait injecté quelque 11 milliards de DH. Alors que l’Exécutif actuel ne fait que parler de réforme sans jamais parvenir à traduire son discours par des actes concrets. «Il aurait été préférable  pour le gouvernement d’annoncer l’enveloppe de sa contribution financière  visant à couvrir une partie dudit projet de réforme au lieu d’augmenter le nombre d’années de travail et de baisser les salaires comme décidé par Benkirane», a conclu Driss Lachguar. 
Le leader ittihadi n’a pas manqué de rappeler que « le gouvernement d’alternance avait trouvé nombre d’établissements publics et différentes caisses de l’Etat au bord de la faillite  et que c’est grâce aux réformes qu’il avait menées malgré la crise que ces caisses se sont transformées aujourd’hui en véritables leviers de développement et en principaux investisseurs du pays ». Ce qui a permis à l’Etat de ne plus recourir aux injections ponctuelles de capital pour assurer leur pérennité. L’Exécutif en place  a trouvé ces établissements, offices et caisses de l’Etat en bonne santé grâce aux efforts déployés par le gouvernement d’alternance qui s’est employé à redresser la situation. Ce fut  le cas pour l’Office chérifien des phosphates», a-t-il ajouté à titre d’exemple, avant de rappeler que le gouvernement d’alternance avait hérité de dossiers de loin plus complexes que ceux d’aujourd’hui. «Nous nous sommes alors penchés sur le traitement de ces dossiers à l’opposé de ceux qui, actuellement, gavent le peuple de discours truffés de promesses». Et ce n’était pas là la moindre des défaillances de la majorité actuelle que Driss Lachguar a mises à nu, l’espace d’une émission où la voix de l’opposition s’est montrée forte et engagée. Il faut, par ailleurs, souligner que, comme l’a si bien rappelé le leader ittihadi, le gouvernement d’alternance s’était attelé, d’entrée de jeu, à la tâche pour redresser la situation des établissements publics qui étaient au bord de la faillite, et ce sans tambour ni trompette. 
Sur un tout autre registre, il a condamné la transhumance politique qui a induit certaines pratiques portant atteinte à la loi relative aux partis politiques et au rôle de ces derniers dans l’organisation de la société.  «Ce sont des pratiques qui vont à l’encontre de l’esprit des transitions démocratiques qu’a connues le Maroc», a-t-il souligné. Et d’ajouter : «La loi relative aux partis politiques a connu un échec cuisant face à ce phénomène politique des plus dangereux. La structure générale des clauses de l'article 5, en dépit de son importance, le rend facultatif. Surtout que les sanctions qu'il stipule se limitent à des amendes symboliques dans leur portée». Driss Lachguar a également exprimé son regret quant au fait que «l'opposition n'a pas été autorisée à présenter des propositions de lois organiques, sous prétexte que cette tâche revenait exclusivement au gouvernement», ainsi que du fait que les décrets fixant le calendrier électoral ont été élaborés sans prendre en compte les propositions de l'opposition.
Pour ce qui est du timing des prochaines échéances électorales, le Premier secrétaire a précisé que ce dernier est inapproprié puisqu’il intervient en  période estivale et que certaines contraintes risquent d’en altérer le bon déroulement. Il a, dans ce sens, donné l’exemple concret de la ville de Martil. « Le corps électoral de cette ville s’élève normalement à 10.000 votants  alors qu’en période estivale, Martil compte 1 million de résidents dont les estivants. Les candidats aux élections doivent-ils distribuer leurs prospectus aux 10.000 votants ou au million de résidents ?», s’est-il exclamé. 
Evoquant les chances de l’USFP concernant les prochaines échéances, le Premier secrétaire a précisé que le parti demeure raisonnablement optimiste, avant de préciser que ce dernier est un parti d’institutions, lui qui s’est adjugé à l’issue des élections des Chambres professionnelles 163 sièges sur 860 candidats présentés et que l’opposition a supplanté la majorité actuelle qui ne totalise que 38% de sièges. «Ces résultats ont permis au parti d’envisager les prochains scrutins avec optimisme», a expliqué le dirigeant socialiste qui a également rappelé que l’’USFP est en train de s’enraciner davantage au sein de la société et d’être plus à l’écoute des préoccupations des citoyens, comme il l’a  bien fait depuis des décennies.
Au terme de l’émission, Driss Lachguar a livré un scoop de taille, en affirmant que, contrairement à ce qu’avancent certains médias, il ne se présentera pas aux prochaines élections communales. «Il m’est difficile de me présenter à ces élections, vu les différentes tâches qui m’attendent, de Dakhla à Tanger en passant par Oujda, et celles induites par la poursuite du combat mené par notre parti», a-t-il conclu.   
 

Mehdi Ouassat
Lundi 17 Août 2015

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