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Comment les Lions de l’Atlas ont étouffé les Super Eagles et gagné la bataille tactique

Vendredi 16 Janvier 2026

Comment les Lions de l’Atlas ont étouffé les Super Eagles et gagné la bataille tactique
Cette demi-finale ne s’est pas jouée sur un éclair individuel ni sur un coup du sort. Elle s’est jouée sur le terrain de la structure, du positionnement et de la lecture du jeu. Le Maroc n’a pas seulement résisté au Nigeria. Il l’a méthodiquement neutralisé. Pour comprendre comment les Lions de l’Atlas ont atteint la finale, il faut entrer dans le détail de leur organisation tactique, pensée pour répondre précisément aux forces nigérianes.
 
Organisation de départ : un 4-1-4-1 évolutif

Le Maroc s’est présenté avec une base en 4-1-4-1, un système qui a servi de point d’équilibre tout au long de la rencontre. En phase défensive, ce dispositif se transformait naturellement en 4-5-1, avec des ailiers très impliqués dans le repli. En phase offensive, il pouvait basculer vers une organisation plus ambitieuse, proche d’un 3-2-5, notamment lorsque les latéraux se projetaient plus haut.
Ce choix a permis au Maroc de conserver une structure claire sans jamais se figer. Les joueurs connaissaient leurs zones de responsabilité, mais avaient la liberté d’adapter leurs déplacements selon la situation. Face à une équipe nigériane habituée à exploiter le désordre, cette stabilité a été déterminante.
 
Pressing orienté : fermer l’axe, forcer les côtés

Plutôt que de presser haut de manière constante, le Maroc a opté pour un pressing dirigé. L’objectif n’était pas de récupérer le ballon immédiatement, mais d’empêcher le Nigeria de progresser dans l’axe. El Kaabi avait pour mission de couper la première relance centrale, pendant que les milieux marocains bloquaient les lignes de passe intérieures.
Le déclenchement réel du pressing intervenait lorsque le ballon était orienté vers les côtés. A ce moment-là, le latéral marocain sortait fort sur le porteur, l’ailier fermait la ligne de retour, et le milieu défensif venait couvrir derrière. Cette mécanique collective a souvent enfermé les Nigérians près de la ligne de touche, les contraignant à jouer sous pression ou à tenter des centres peu dangereux.
 
Rôle de la sentinelle : El Aynaoui comme point d’équilibre

Dans cette organisation, El Aynaoui a occupé un rôle central. Placé juste devant la défense, il n’a jamais été attiré trop haut, même lorsque le Maroc pressait. Sa mission principale était de protéger l’axe et de couper les transitions nigérianes dès leur naissance. 
Par ses déplacements latéraux constants, il a fermé les demi-espaces, empêchant le Nigeria d’exploiter la zone entre le milieu et la défense, pourtant essentielle à son animation offensive. Plus qu’un simple récupérateur, il a été le régulateur du bloc, celui qui donnait le signal du recul ou de l’avancée collective.

Défense centrale : gestion de la profondeur avant tout

Face à la vitesse et à la puissance des attaquants nigérians, le Maroc a fait un choix clair: refuser le duel dans le dos. La ligne défensive s’est positionnée légèrement plus bas qu’à l’accoutumée, avec une priorité donnée à la couverture de la profondeur plutôt qu’au piège du hors-jeu.
Aguerd et Massina ont constamment communiqué, ajustant leur positionnement en fonction du porteur du ballon. Ils ont cherché à orienter le jeu vers l’extérieur plutôt qu’à intervenir dans l’axe, limitant ainsi les possibilités de passes verticales dangereuses. Ce choix a considérablement réduit l’impact des appels tranchants nigérians.
 
Asymétrie des latéraux : équilibre et contrôle

L’un des aspects les plus fins du plan marocain résidait dans l’utilisation asymétrique de ses latéraux. Achraf Hakimi, côté droit, avait davantage de liberté pour se projeter, mais uniquement lorsque le bloc était installé et que les couvertures étaient assurées. A la perte du ballon, il redevenait rapidement un troisième défenseur.
A gauche, Mazraoui a adopté un rôle plus conservateur. Son positionnement plus bas a permis de sécuriser le couloir et de soutenir la relance, offrant une stabilité constante. El Aynaoui se chargeait de couvrir les espaces laissés par Hakimi, garantissant l’équilibre du système.
 
Animation offensive : contrôler sans se découvrir

Offensivement, le Maroc n’a jamais cherché à multiplier les attaques rapides. Le jeu s’est construit autour de la patience et de la fixation. El Kaabi a servi de point d’appui, non pas pour conclure systématiquement, mais pour fixer les défenseurs centraux et libérer des espaces.
Brahim Díaz a évolué entre les lignes, profitant de ces espaces pour recevoir le ballon et orienter le jeu. Abdé alternait entre largeur et jeu intérieur, créant des décalages sans déséquilibrer la structure. Cette animation a permis au Maroc de conserver le ballon dans le camp adverse tout en limitant les risques de transition.
 
Gestion du rythme : savoir ralentir le match

A mesure que la rencontre avançait, le Maroc a volontairement cherché à casser le rythme. Les temps de possession ont été allongés, les prises de risque réduites. Ce choix a progressivement frustré le Nigeria, habitué à des matchs plus ouverts.
Dans les prolongations, cette gestion s’est accentuée. Les changements opérés ont renforcé la densité axiale et apporté de la fraîcheur sur les côtés, sans jamais modifier l’équilibre défensif. Le Maroc a assumé l’idée que le match pouvait se décider sur des détails, voire aux tirs au but.       
 
Victoire de la maturité

Au final, le Maroc n’a pas battu le Nigeria par une supériorité technique éclatante, mais par une supériorité collective. Cette demi-finale illustre l’évolution profonde des Lions de l’Atlas. Une équipe capable de s’adapter, de souffrir, de contrôler et de décider quand accélérer ou temporiser.
Cette base tactique solide sera déterminante en finale face au Sénégal. Elle prouve surtout que le Maroc ne dépend plus d’un exploit isolé ou d’un moment de génie. Il dispose désormais d’un cadre de jeu clair, maîtrisé et assumé, à la hauteur de ses ambitions continentales.

M.O

M.O
Vendredi 16 Janvier 2026

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