A l'OM, la balle est dans le camp de Longoria et McCourt

Mardi 17 Février 2026

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Désormais sans coach ni directeur sportif, l'OM se retrouve avec des objectifs difficiles à atteindre et une gouvernance à rebâtir, le président Pablo Longoria et le propriétaire Frank McCourt, contestés samedi par le Vélodrome, étant désormais en première ligne.

L'entraîneur Roberto De Zerbi a quitté l'OM mardi et le directeur du football Medhi Benatia a suivi le mouvement dimanche. Pendant ce temps, l'OM n'a pas battu Strasbourg (2-2) et a vu Lyon et la troisième place s'éloigner un peu plus ce week-end.

A la Commanderie, c'est l'intérimaire Jacques "Pancho" Abardonado qui travaille et prépare le match de vendredi à Brest. Le nouveau coach était attendu pour ce début ou ce milieu de semaine, mais le départ de Benatia, arrivé à l'OM en novembre 2023, risque de ralentir le processus.

Au bout du compte, le navire marseillais semble à la fois prendre l'eau et naviguer à vue. Le club n'a pas communiqué officiellement sur le départ de Benatia et toutes les parties, contactées dimanche et lundi par l'AFP, se contentent officiellement de ne pas commenter.
Les départs conjugués de De Zerbi et Benatia marquent pourtant la fin prématurée du "cycle de trois ans" vendu par la direction et la situation est présentée comme "très délicate et très sensible" par une source au sein du club.
 
"Navire fantôme" 

Elle l'est d'autant plus que le dirigeant franco-marocain, lancé dans une entreprise de professionnalisation d'un club qu'il jugeait encore loin du Bayern Munich ou de la Juventus Turin, deux institutions fréquentées lors de sa remarquable carrière de joueur, avait écarté de nombreux responsables pour placer des éléments de confiance à tous les échelons (direction sportive, direction de la communication...).

Un autre interlocuteur de l'AFP, qui regrette de voir certains "abandonner le navire dès qu'il y a des problèmes", espère en tous cas désormais "une prise de position forte" de la part du propriétaire américain du club Frank McCourt.

Présent samedi au Vélodrome, le Bostonien, qui avait co-signé la veille dans le quotidien Le Monde une tribune invitant à "une réforme en profondeur de la gouvernance du football professionnel français", n'a en effet pas encore réagi à la crise que traverse son club.
Mais il a vu avant, pendant et après le match face à Strasbourg la colère des supporters marseillais qui, au moins nommément, n'ont épargné que Benatia.

"Longoria, McCourt, Cassez vous !", pouvait-on ainsi lire sur la plus virulente des banderoles de contestation, alors que d'autres présentaient McCourt comme un "investisseur invisible" ou comme le "capitaine d'un navire fantôme qui n'a jamais traversé l'océan". 
 
La révolution des cyprès

Après la rencontre, une cinquantaine de supporters ont aussi tenté d'entrer de force dans la zone des salons présidentiels et VIP. Quelques projectiles ont été lancés et quelques fumigènes allumés, mais les protestataires ont été rapidement contenus.

En 2021 déjà, l'OM de McCourt avait traversé une période de très fortes turbulences, qui avait culminé avec l'intrusion à l'intérieur de la Commanderie de dizaine de supporters cagoulés, fumigènes allumés à la main.

Plusieurs arbres avaient brûlé et l'évènement est depuis connu à Marseille comme "la révolution des cyprès". Il avait conduit McCourt à écarter Jacques-Henri Eyraud, président détesté par les supporters, pour le remplacer par un tout jeune dirigeant, à peine arrivé depuis quelques mois à l'OM en tant que directeur sportif: Pablo Longoria.

Le président marseillais, dont les relations avec Benatia s'étaient rafraîchies depuis l'automne, avait volontairement pris un peu de recul cette saison après avoir été très exposé lors de la précédente.

Il a ainsi laissé dans les instances de l'espace à Shéhérazade Semsar de Boisséson, vice-présidente du conseil de surveillance de l'OM, et le directeur général Alessandro Antonello a également gagné en influence.
Mais alors que l'OM n'a plus ni entraîneur, ni directeur sportif, Longoria est lui aussi désormais face à ses responsabilités.

Libé
Mardi 17 Février 2026
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