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​Un Conseil des ministres sans les ministres au bad buzz

Dans les coulisses d’un remaniement au goût amer




​Un Conseil des ministres sans les ministres au bad buzz
Premier Conseil de gouvernement ce jeudi sans les trois  ministres « déchargés » il y a 48 heures. La réunion a été plutôt courte et l’ambiance morose. « Personne n’a vraiment parlé de cela. Mais tous les ministres n’avaient que cela en tête. Le gouvernement est comme un train avec des arrêts et des personnes qui descendent et d’autres qui montent », commente ce ministre au sortir du Conseil de gouvernement. 
Depuis que la triple nouvelle est tombée, les téléphones portables n’en finissent pas de crépiter dans les QG de la majorité.  Les questions se bousculent. Les demandes d’explication aussi.  Au sein du gouvernement, personne ne s’attendait vraiment à ce que  trois ministres soient déchargés de leurs fonctions, comme l’a annoncé mardi un communiqué du Cabinet Royal.  Dans la soirée de ce mardi mémorable, des poids lourds de la majorité ont bien essayé de faire bonne figure en tentant de minimiser cette «fin de la récréation ». « Il était attendu que Habib Choubani et Soumia Benkhaldoun soient débarqués. Il y a eu trop de dégâts avec leur projet de mariage. Et même s’ils l’avaient reporté, le coup était déjà parti », justifie ce responsable de la majorité.
Problème,  à la réunion de la majorité tenue samedi 9 mai, la démission des deux ministres islamistes n’a à aucun moment été évoquée. « Il est clair que le départ de ces deux hauts responsables n’était pas du tout à l’ordre du jour. Pour le chef du gouvernement, le problème était réglé. Ils allaient mettre à exécution leur projet de mariage  à la fin de leur mandat gouvernemental. Lors de la séance d’interpellation mensuelle, tout le monde avait vu que M. Benkirane avait appelé Mme Soumia Benkhaldoun pour qu’elle prenne place près de lui. C’était à l’évidence un signe manifeste de soutien », fait valoir ce ministre du Rassemblement national des indépendants.

Le limogeage du ministre 
El Guerrouj

Selon des sources dignes de foi, le chef du gouvernement aurait demandé à ses deux ministres, ceux-là mêmes dont la relation amoureuse a défrayé la chronique, de présenter leur démission. Histoire d’éviter l’humiliation d’un limogeage. 
La destitution d’Abdelaadim El Guerrouj, le jeune ministre délégué auprès du ministre de l’Education nationale chargé de la Formation professionnelle, pose elle encore plus de questions. Ce responsable gouvernemental appartenant au Mouvement populaire n’a pas démissionné. C’est Abdelilah Benkirane qui en a demandé le départ comme l’y autorise d’ailleurs la Constitution. 24 heures avant le limogeage de son ministre, Mohand Laenser, le patron du Mouvement populaire, n’en savait strictement rien. « Le seul ministre du MP qui sera désigné lors du remaniement sera le remplaçant de Mohamed Ouzzine au département de la Jeunesse et des Sports »  a déclaré en substance celui qui est ministre de l’Urbanisme et de la Régionalisation au cours d’une conférence de presse donnée lundi au siège du parti. El Guerrouj serait-il tombé à cause de l’affaire des chocolats qui a éclaté en janvier 2014 mettant en cause ce ministre qui aurait fait payer ces sucreries destinées au baptême de son fils avec de l’argent public ? Difficile d’accréditer une telle thèse d’autant que le chef dugouvernement avait classé le dossier et que le MP avait, après une enquête menée en interne, disculpé A. El Guerrouj. « Les mauvaises relations entre M. Belmokhtar et son ministre délégué ne sont pas un mystère. Il n’est pas exclu qu’il ait eu gain de cause et obtenu sa tête », affirme ce cadre du ministère de l’Education nationale.
Dans les rangs de l’opposition, on est formels. Tous ces non dits d’une double démission et d’un limogeage posent un problème sérieux de gouvernance. M. Benkirane n’a pas informé ses pairs de la majorité de ces décisions qui sont loin d’être anodines. Il a fait cavalier seul, mettant ses alliés devant le fait accompli. 
Au pays de la symbolique et en l’absence d’informations transparentes, il faut s’accrocher au décryptage des signaux forts. Le prochain Conseil des ministres devrait en principe avoir lieu ce vendredi 15 mai au Palais Royal de Casablanca. Un Conseil des ministres que le Roi a voulu sans ces trois ministres qui ont fait un « bad buzz ». 
En attendant, le remaniement aura bien lieu.  Les noms des ministrables ont été transmis. Au Mouvement populaire, M  Merjaoui, doyen de Faculté et M. Maroune, ancien président du groupe parlementaire haraki à la deuxième Chambre  auraient été respectivement proposés aux postes de la formation professionnelle et de la Jeunesse et des Sports.
Quant aux noms des remplaçants  de Habib Choubani et Soumia Benkhaldoun, c’est aujourd’hui  le secret le mieux gardé du PJD.  

Les partis de l’opposition demandent la reprise 
de la séance mensuelle 
du Parlement


Les partis de l’opposition  à la Chambre des représentants ont saisi  mercredi le président Rachid Talbi  à propos de la suspension de la séance mensuelle du 28 avril  sur la politique générale suite aux propos injurieux du chef du gouvernement  envers les députés de l’opposition.
Les présidents des groupes de l’opposition au Parlement, à savoir Driss Lachguar, Noureddine Madiane, Milouda Hazib et Chaoui Belassal demandent dans cette lettre la reprise de cette séance consacrée aux réponses du chef du gouvernement.  

Narjis Rerhaye
Vendredi 15 Mai 2015

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