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​Sacré charivari gouvernemental




​Sacré charivari gouvernemental
Il aura fallu l’intervention du ministère de l’Intérieur pour refréner momentanément la colère des professionnels du secteur du transport routier qui ont menacé de mener une grève de trois jours en guise de protestation contre les décisions «arbitraires» du ministre délégué auprès du ministre de l’Equipement, du Transport et de la Logistique, chargé du Transport.
Selon Younes Boulaq, secrétaire général du Syndicat national des petits et moyens investisseurs du transport routier de voyageurs, ces derniers ont décidé de geler leur action en attendant les démarches que le ministère de l’Intérieur compte entreprendre pour débloquer la situation et régler le problème de près de 500 autocars de transport interurbain mis à l’arrêt par le département de Mohamed Najib Boulif.
Ce report, selon ce syndicaliste, est un signe «de bonne foi» de la part des transporteurs qui «sont conscients de la nécessité de préserver la paix sociale» surtout durant cette période de vacances où la demande sur le transport routier interurbain devient de plus en plus croissante.
«On nous a promis de régler ces problèmes dans les plus brefs délais. On va attendre, donc, 72 heures pour voir ce qui va se passer. Après quoi, on décidera de l’action qu’on va prendre en conséquence», nous a-t-il affirmé. Cette déclaration est on peut plus claire. Si le ministère de l’Intérieur échoue dans sa «médiation», les transporteurs routiers sont déterminés à mener leur action de prestataire contre le gouvernement.
A rappeler que la Fédération marocaine de l'Union des transporteurs routiers, la Fédération nationale des patrons du transport routier public, la Fédération nationale des syndicats des patrons du transport routier public, la Fédération nationale du transport routier au Maroc, le Syndicat national des investisseurs dans les petites entreprises de transport routier de voyageurs au Maroc et le Syndicat national des professionnels du transport public, avaient décidé lors d’une rencontre tenue récemment à Bouznika, de déclencher une grève de 72 heures à partir du 2 février, d’organiser une marche nationale à Rabat et une manifestation devant le siège du ministère délégué auprès du ministre de l’Equipement, du Transport et de la Logistique, chargé du Transport. Mais le ministère de l’Intérieur est intervenu et a confié au wali de Casablanca, Mohamed Safir, la tâche de trouver une solution aux problèmes qu’un autre département ministériel avait créés. De fait, cette intervention pose plus de problèmes qu’elle n’est censée en avoir résolu. Elle est la seconde de même nature que ce département a initiée pour assainir le climat dans un secteur placé sous la houlette d’un autre ministère. Et dans un cas comme dans l’autre, le ministère de l’Intérieur arrive à mettre d’accord des intervenants dont il n’est censé régir le fonctionnement qu’au niveau sécuritaire en tant que tuteur de l’une des parties, en l’occurrence la DGSN, auxquelles le Code de la route a conféré le droit de contrôler le respect de ses dispositions et de sévir en cas de manquement. En toute logique, lorsqu’il y a un problème auxquel deux départements ministériels se trouvent confrontés, il y a automatiquement arbitrage direct de la présidence du gouvernement, ce qui n’a jamais été le cas jusqu’à présent en ce qui concerne ce secteur névralgique qu’est le transport dans toutes ses composantes. Le fait que cet arbitrage  fasse défaut peut conduire à toutes les issues possibles, voire comporter un risque certain. Ne serait-ce qu’au niveau de la symbolique puisque chaque intervention du département de Hassad dans des dossiers qui ne le concernent pas directement fait accroire que ce dernier ne s’est pas encore mis à l’heure de ce Maroc nouveau que la Constitution de 2011 compte édifier et du nouveau concept de l’autorité que le règne de S.M Mohammed VI a érigé comme règle de conduite incontournable. 
L’apathie de Benkirane et son manque de réactivité reposent donc le problème de la gouvernance au sein de l‘Exécutif avec une acuité jamais égalée.

Mourad Tabet
Mardi 3 Février 2015

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