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​Par amour pour une Tunisie libre et démocratique

Un millier de kilomètres et seize heures de voyage




​Par amour pour une Tunisie libre et démocratique
Comment les Tunisiens sont-ils arrivés au résultat de ce dimanche 27 octobre 2014? Bien évidemment, il a fallu un sursaut d’honneur pour chasser Zin Elabidin Ben Ali. Il a aussi fallu qu’un jeune Tunisien s’immole en pleine rue, en guise de protestation contre la « hogra » d’un système. Mais, surtout, grâce à cette prise de conscience collective dont a fait montre le peuple tunisien. Depuis le Maroc, l’histoire de Haifa, l’une des jeunes de cette nouvelle génération qui en a ras-le-bol de tout un système, nous apporte la preuve que la démocratie se construit pas à pas. Il faut un peu de tout pour faire toute une… Tunisie. La génération de Haifa a rendu le rêve possible. Grâce à elle et ses semblables, la Tunisie est aujourd’hui un exemple à respecter et soutenir.  Qui est Haifa et que fait-elle au Maroc ? Elle a 29 ans et habite Tinjdad, au Sud-est du pays, où elle assure la fonction de chargée de projet auprès d’une ONG d’environnement. Les réseaux sociaux lui ont rendu un grand service, sa relation avec son pays, ses amis et sa famille étant restée solide et directe. Grâce aux groupes de discussions, elle a pu se faire une idée claire de la situation de son pays. Abstraction faite de ses positions, elle est l’exemple même de la nouvelle citoyenneté qui veut dire : servir son pays comme on peut et de là où on vit! 
Une citoyenneté qui est allée même au patriotisme, lorsqu’elle est mise à rude épreuve. Comment ? Pour voter ou plus précisément pour apporter sa pierre à l’édifice, Haifa devait se rendre à Rabat ou à Marrakech. Elle a dû choisir la destination la plus proche, à savoir la cité ocre. Elle a parcouru un millier de kilomètres, aller-retour, en passant par l’inévitable col du «Tizi N’Tichka». Aussi bien la distance que le relief escarpé refroidiraient l’ardeur des plus téméraires.  La jeune Tunisienne a relevé le défi. Armée de volonté et d’amour pour son pays, elle a pris son bus. Huit heures de voyage, pour marquer de sa fibre patriotique toute une identité, toute une appartenance et toute une volonté de contribuer à l’avenir de son pays. Seize heures en tout, avec l’intention de retourner juste après le vote, son travail l’attendait lundi matin. Elle est en fin de mission au Maroc. Cette semaine est la dernière de son contrat. Mais le sens du devoir est aussi grand chez elle qu’elle a bataillé pour être présente lundi à 8h au bureau. 
Et ce n’est pas tout. Sur Facebook, elle a  suivi l’ambiance de la campagne, du vote, des débats et des polémiques ainsi que l’annonce des résultats. Elle est pour le changement. Elle ne le cachait point. Elle n’avait jamais vu ni connu auparavant son «candidat». Haifa avait juste donné sa voix au programme qui l’avait le plus attirée, comme elle voyait utile de propulser les jeunes pour impulser un nouveau souffle à la Tunisie d’aujourd’hui. Tout compte fait, elle était relativement à l’aise après l’annonce des résultats, attendant de se faire une idée sur la phase post-électorale !  

Mustapha Elouizi
Samedi 1 Novembre 2014

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