Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

​Les parlementaires se retrouvent pour une session pas comme les autres

Les élections phagocytent tous les débats




​Les parlementaires se retrouvent pour une session pas comme les autres
C’est aujourd’hui vendredi 10 avril que députés et conseillers reprennent le chemin du Parlement et retrouvent les travées de l’Hémicycle. Les parlementaires se retrouvent pour la session de printemps. Une session forcément pas comme les autres. « Cette session de printemps est la dernière avant les élections locales, provinciales et régionales. Ces élections vont déboucher sur une nouvelle composition de la Chambre haute, conformément à ce que prévoit la Constitution. Il ne faut sûrement pas s’attendre à une session ordinaire », prévient ce député de l’Union socialiste des forces populaires. 
Une session printanière  différente. D’un bout à l’autre de l’échiquier politique, le rendez-vous électoral est dans toutes les têtes.  Pour ce parlementaire  istiqlalien, le scrutin est un test et en particulier pour la majorité gouvernementale. « Il ne faut pas s’y tromper, le chef du gouvernement est déjà en campagne. Il harangue les foules, invoque le Roi, insulte l’opposition et les femmes, promet des châteaux …au paradis. Cela annonce la couleur quand la vraie campagne électorale va réellement commencer ! », s’exclame-t-il.
Les textes organiques relatifs aux collectivités territoriales –régions, préfectures, provinces et collectivités- sont en discussion en commission parlementaire. Rachid Talbi Alami, le président de la Chambre des représentants, s’en félicite. « Ces textes électoraux sont éminemment importants et ils seront adoptés au cours de cette session.  Le rythme est pris. Lors de la dernière session parlementaire, pas moins de 62 textes de lois ont été adoptés », rappelle-t-il.
Dans les rangs de l’opposition, le scepticisme est de mise. Le temps législatif est long, constate ce ténor du parti de la Rose. Un temps législatif qui est loin de correspondre au temps politique. L’explication est à chercher du côté de l’approche adoptée par le gouvernement Benkirane. « Les textes de lois organiques relatifs aux élections n’ont pas été conçus sur la base d’une concertation. L’esprit dominant a été le fait accompli. C’est pourquoi l’opposition a adopté une ligne de conduite qui a pris la forme d’un constant rappel à l’ordre », fait valoir notre interlocuteur.
« Les prochaines élections ne constitueront pas un nouveau point de départ »
Le dernier exemple n’est pas des moindres et résume à lui seul l’ampleur des dégâts à venir.  Le calendrier électoral proposé va nuire à la valeur ajoutée apportée par la Constitution adoptée en 2011. On le sait, le prochain scrutin aura lieu immédiatement après la trêve estivale qui elle-même est précédée du mois de Ramadan. « Et comment, surtout, peut-on se targuer de préparer les élections alors que les textes ne sont pas encore prêts ? C’est la charrue avant les bœufs. Une telle démarche est devenue la marque de fabrique de cet Exécutif. Il faut en prendre conscience, les prochaines élections ne constitueront certainement pas un nouveau point de départ comme attendu. Et on se demande où est  le chef du gouvernement par rapport au dossier électoral ! », s’exclame cette figure en vue du Parti authenticité et modernité.
Une dernière session avec les élections locales et régionales qui sera pourtant chargée. Des projets de lois éminemment importants devraient y être en principe adoptés : Code pénal, statut des juges, pouvoir judiciaire. « Et dès la première séance de cette session, les députés devront voter la loi organique des finances et celle relative aux nominations aux postes stratégiques », conclut le président de la Chambre basse. 

Narjis Rerhaye
Vendredi 10 Avril 2015

Lu 385 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Archives | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | Rebonds | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito












Mots Croisés