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​Les ONG pointent du doigt la vacuité de l’évaluation du Plan gouvernemental de l’égalité

Dénonciation du bilan présenté par Bassima Hakkaoui




​Les ONG pointent du doigt  la vacuité de l’évaluation du  Plan gouvernemental de l’égalité
Les associations des droits de l’Homme et des droits des femmes  sont montées au créneau pour critiquer l’évaluation à mi-parcours de la mise en œuvre du Plan gouvernemental de l’égalité, présenté récemment par la ministre islamiste de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du  Développement social, Bassima Hakkaoui, à l’occasion de la Journée nationale de la femme. 
Il s’agit de l’Association démocratique des femmes du Maroc, du Conseil régional des jeunes de Rhamna, de l’Espace associatif-Rabat, de l’Association Al Hadaf de  Boulmane, du Pôle associatif pour le développement de Ouarzazate, de l’Association des amies des écoles de Marrakech, de l’Association Azilal pour l’environnement, le développement et la communication, de l’Association Initiatives pour les droits de la femme de Meknès, de l’Association Widad pour la femme et l’enfant de Marrakech, de l’Association Mains-solidaires de Larache, et de l’Association Anir d’aide aux enfants en situation difficile d’Agadir.
Elles ont donné à la ministre une leçon magistrale dans l’art d’élaboration des évaluations sur la base scientifique, c’est-à-dire sur la base des indicateurs tangibles et mesurables, soulignant que la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation d’une politique publique intégrée de l’égalité entre les femmes et les hommes nécessitent une approche globale et concertée, des ressources et budgets avec des indicateurs quantitatifs et qualitatifs mesurables ; des mécanismes institutionnels opérationnels et un circuit d’information et de communication accessible aux citoyens et citoyennes.
Ces associations qui avaient assisté à la rencontre organisée en l’occasion par la ministre pjdiste, ont été déçues par cette évaluation qui, selon elles, ne porte de l’évaluation que le nom puisqu’elle n’est pas basée sur « l’approche résultats et de principes de base d’une évaluation à mi-parcours », a souligné un communiqué conjoint. En fait, il ne s’agit, selon les associations signataires, que d’« un bilan  médiocre, caractérisé par l’aspect descriptif et par l’absence de données ventilées par sexe. Aucune mention n’a été faite de mesures et procédures structurantes censées réduire les discriminations et les inégalités et permettre aux femmes de jouir pleinement de leurs droits tels que consacrés par l’article 19 de la Constitution ». 
Les signataires estiment également que faute de « référence » et d’« indicateurs mesurables », il est pratiquement impossible de procéder à l’évaluation du rendement des départements gouvernementaux. La même source indique également que « les activités énoncées par ces derniers pour lutter contre les problèmes de vulnérabilité, de pauvreté, de discrimination et de violence s’inscrivent dans une approche caritative au lieu de l’approche-droit prônée par la Loi suprême ». « Le faible niveau de coordination » entre les départements gouvernementaux responsables de la mise en œuvre du PGE a été notable lors des ateliers organisés durant cette rencontre et a été vivement critiqué par les signataires de ce communiqué conjoint. Ces derniers ont également pointé du doigt « l’absence de mécanismes institutionnels pour le suivi, l’évaluation et l’accompagnement des programmes et des projets inscrits dans le plan gouvernemental de l’égalité », ou encore l’absence du rapport du ministère de l’Economie et des Finances concernant « le budget sensible au genre et le financement public alloué pour la mise en œuvre des huit domaines du plan gouvernemental de l’égalité ».
Les associations signataires ont, par ailleurs, exhorté le gouvernement Benkirane à « adopter une approche participative axée sur les résultats et la redevabilité, à respecter le droit à l’information de la société civile, à renforcer les mécanismes de gouvernance du PGE, à mettre en place les outils et procédures institutionnels requis pour la mise en œuvre, le suivi, l’évaluation et l’accompagnement des actions découlant des huit domaines du PGE, et à réviser les indicateurs et les actions clés du plan en vue de les adapter à l’esprit de la Constitution en matière de besoins pratiques et d’intérêts stratégiques des femmes aux niveaux national, régional et local ».

Mourad Tabet
Mardi 21 Octobre 2014

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