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​Le gouvernement palestinien sur le départ

Le président Mahmoud Abbas court-circuité par des contacts secrets entre le Hamas et l'ennemi israélien




​Le gouvernement palestinien sur  le départ
Le gouvernement d'union palestinien devait présenter sa démission hier devant la fracture grandissante entre la Cisjordanie et la bande de Gaza, et le défi représenté pour le président Abbas par les discussions que le Hamas mènerait secrètement avec Israël.
Le président Mahmoud Abbas devait rencontrer le Premier ministre Rami Hamdallah à Ramallah, ce dernier devant à l’occasion lui remettre la démission de son gouvernement.
Si elle venait à être confirmée, la démission du gouvernement d'union formé en 2014 et censé consacrer la réconciliation entre les grands rivaux du Fatah et du Hamas risque d'ajouter aux profondes incertitudes du moment.
Les perspectives de création prochaine d'un Etat palestinien ont rarement paru plus sombres. La réconciliation proclamée est restée un vœu pieux, la bande de Gaza est un "baril de poudre" selon les mots du chef de la diplomatie allemande et sous la coupe du Hamas, elle paraît s'éloigner toujours davantage politiquement de la Cisjordanie, dont elle est séparée physiquement par le territoire israélien. 
Le Hamas, le mouvement islamiste aux commandes dans la bande de Gaza, a dit refuser la dissolution du gouvernement auquel il est associé, à la seule instigation du président Abbas. 
"Le Hamas rejette tout changement unilatéral de gouvernement sans le consentement de toutes les parties", a dit à l'AFP Sami Abou Zouhri, porte-parole du Hamas.
Au-delà des déclarations de principe, un haut responsable du Hamas, Ziad al-Zaza, a laissé une porte ouverte. Il a appelé le président Abbas à remplacer un gouvernement - délibérément composé à sa conception de technocrates soutenus par le Fatah et le Hamas - par un gouvernement plus politique, "avec tous les mouvements nationaux et islamiques pour faire face à l'occupation israélienne".
Associerait-il le Hamas ? Ziad al-Zaza a laissé entendre que le Hamas y était prêt. Il y trouverait son intérêt si ce gouvernement était l'interlocuteur de la communauté internationale. Mais une grande partie de la communauté internationale refuse de traiter avec le Hamas, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne ou Israël. 
La démission annoncée du gouvernement sanctionne l'incapacité d'agir du gouvernement d'union formé en 2014 pour mettre fin à des années de dissensions qui ont quasiment tourné à la guerre civile en 2007 entre les deux principales formations palestiniennes, le Fatah laïc et modéré de M. Abbas, et le Hamas islamiste.  Mais le président Abbas se serait surtout alarmé de contacts indirects que le Hamas, court-circuitant l'Autorité palestinienne, aurait avec l'ennemi israélien pour tenter de conclure une trêve durable dans la bande de Gaza.
Des contacts ont eu lieu grâce à des intermédiaires arabes et européens pour consolider le cessez-le-feu informel qui a mis fin à la guerre de l'été 2014, ont indiqué mardi des sources au sein du Hamas.
Si l'Autorité accepte la possibilité d'un accord qui lui échapperait entre le Hamas et Israël, "c'est toute l'idée d'un Etat palestinien qui disparaît complètement", dit un responsable de l'OLP.

Jeudi 18 Juin 2015

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