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​Le cadeau empoisonné du gouvernement aux femmes à la veille du 8 Mars

Les ONG féminines appellent l’Exécutif à revoir le projet de loi relatif à l'Autorité de la parité




​Le cadeau empoisonné du gouvernement aux femmes à la veille du 8 Mars
A la veille de la Journée internationale de la femme et de la 59ème session de la Commission de la condition de la femme qui se déroulera du 9 au 20 mars 2015 au siège des Nations unies à New York, le gouvernement a rendu public son projet de loi relatif à l'Autorité de la parité et de la lutte contre toutes les discriminations. 
Ce projet de loi que le Secrétariat général du gouvernement a publié récemment sur son portail, a été rejeté par les associations féminines qui le considèrent comme « vide » et « décevant ». 
L’Association marocaine pour les droits des femmes l’a vivement critiqué en le qualifiant de «décevant» et en appelant le gouvernement Benkirane à revoir sa copie et à adopter les propositions des associations féminines démocratiques visant à garantir l’indépendance de cette instance et à la doter d’attributions réelles. 
Dans son communiqué, cette ONG affirme que le projet élaboré par le ministère de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social ne s’appuie nullement sur «les principes de Paris, et ne prend en considération ni la vision du Conseil national des droits de l’Homme, ni les propositions des associations féminines démocratiques, ni les expériences internationales et les propositions de loi relatives à cette Autorité déposées au Parlement par quelques groupes parlementaires».
Elle affirme également que cette instance ne disposera pas d’attributions qui  «sont à même de garantir les droits des femmes et l’égalité effective entre les deux sexes et de lutter efficacement contre la discrimination à cause du sexe ». Cette Autorité, ajoute la même source, n’aura qu’un rôle consultatif, car elle se contentera seulement de « donner des avis, des propositions et des recommandations qui ne pourraient avoir aucun impact sur les politiques publiques ». Elle ne pourra pas non plus « contrôler l’action du gouvernement ni les projets de loi pour garantir l’égalité et la parité, encore moins trancher les violations concernant la discrimination à cause du sexe ». Pire encore, le projet de loi a été élaboré sans concertation avec la société civile, notamment les associations féminines qui ont lutté durant plus de 20 ans pour l’égalité et contre la discrimination à l’égard des femmes.  
Dans ce sens, Najat Razi, ex-présidente de l’Association marocaine pour les droits des femmes et membre du Collectif «Printemps de la dignité» nous a affirmé que «les associations féminines ont déjà adressé un mémorandum dans ce sens au gouvernement en juin 2012, mais «on n’a reçu aucune réponse, et aucune rencontre avec ces associations n’a eu lieu». Pire encore, «le projet a été élaboré en catimini alors que nous avons droit à l’information, ce qui constitue un autre aspect de la régression ». 

Mourad Tabet
Vendredi 6 Mars 2015

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