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​Le Maroc, loin du compte en termes d'égalité du genre

Le Royaume pointe à la 26ème place, derrière la Tunisie (17ème) et l’Algérie (21ème), selon l’indice de la BAD




​Le Maroc, loin du compte en termes d'égalité du genre
C’est un constat qui n’a échappé à personne : les enquêtes et les études menées ces dernières années sur l’égalité du genre se suivent et se ressemblent pour le Maroc.
La dernière en date concerne « l’Indice de l’égalité du genre en l’Afrique 2015 ». L’étude réalisée par la Banque africaine de développement (BAD) confirme, une fois encore, ce que plusieurs organisations ne cessent de souligner: le Royaume est à la traine en termes d’égalité du genre.
Dévoilé en début de semaine, à l’occasion des 50èmes Assemblées annuelles de l’institution  financière africaine, le nouvel Indice place le Maroc à la 26ème position sur une échelle de 52 pays étudiés. Avec un score global de 52,9 points seulement.
Un classement peu honorable pour le Maroc qui se situe au centre de l’échelle, derrière des pays comme le Burkina Faso (22è), le Nigeria (23è), la Gambie (24è) et l’Angola (25è). Et devant l’Erythrée (27è), le Gabon (28è et le Bénin (29è).
Dans ce classement, on notera aussi que le Royaume est largement devancé par deux pays maghrébins : la Tunisie, qui occupe la 17ème position et l’Algérie placée au 21ème  rang. Ces deux pays totalisent respectivement un indice global du genre de l’ordre de 60,4 et 57,6 points.
S’agissant de ces deux pays, les experts de l’institution africaine relèvent dans leur rapport que « la Tunisie a institué des services gratuits de planning familial pour améliorer la santé reproductive tandis que l'Algérie détient le meilleur taux d’Afrique pour les naissances assistées par un personnel qualifié».
Si la note globale attribuée au Maroc reste faible, elle l’est encore plus dans les détails. 
En effet, le Royaume n’obtient que 38,1 points en ce qui concerne les disparités économiques entre genres et se place au 48ème rang. La Tunisie l’emporte avec 53,6 points (34ème) alors que l’Algérie obtient 41,6 points (46ème).
Si le Maroc peut se targuer d’occuper le 13ème rang avec 79 points sur le volet « Développement humain »,  la Tunisie s’offre la aussi la deuxième place avec  93,5 points contre 88,9 points pour l’Algérie (7ème).
En ce qui concerne l’égalité du genre vis-à-vis des lois et des institutions, là aussi le Royaume campe derrière ses voisins de la région à la 26ème place (41,7 points). La Tunisie et l’Algérie se placent respectivement au 33 ème et 25 ème rang (33,1 et 42,1 points).
A propos du nouvel indice, la BAD précise que celui-ci « a pour objectif d’éclairer les politiques visant à transformer les économies et  pousser les gouvernements à adopter un ordre du jour ambitieux, à même de faire de l’égalité des genres une réalité sur l’ensemble du continent ».
Moins lotie que le Maroc, l’Egypte occupe également une position peu intéressante dans ce classement. Elle se situe au 35è rang avec un indice global de genre de 49,3 points seulement.
Notons que ce classement est largement dominé par l’Afrique du Sud (1ère, 74,5 points) qui détient l’un des meilleurs taux d’égalité du genre en Afrique pour l’emploi salarié, (hors agriculture), selon la BAD. La nation arc-en-ciel est suivie du Rwanda (2ème), considéré comme le premier et le seul pays au monde dans lequel plus de la moitié des parlementaires sont des femmes. Vient ensuite la Namibie (3ème) dont la Constitution garantit l’égalité devant la loi et le droit à la non-discrimination sur la base du genre. Le rapport rappelle d’ailleurs que «c’est une des rares constitutions à utiliser un langage neutre». Notons que ces deux derniers pays ont chacun 74,3 points.
Le peloton de tête est suivi par l’Ile Maurice (4ème), le Malawi (5ème) et le Lesotho (6ème). Quatre autres pays complètent le top 10 de ce classement. Il s’agit du Botswana (7ème), du Zimbabwe (8ème), du Cap-Vert (9ème) et de Madagascar (10è).
Les trois dernières places sont attribuées au Mali (33,4 points), au Soudan (31,9) et à la Somalie (15,8 points). Ces trois pays occupent respectivement la 50ème, 51ème  et 52ème place du classement.
« Nous savons qu’en Afrique, les femmes interviennent de manière plus active dans le secteur de l’économie -à titre d’agricultrices, d’employées et d’entrepreneurs - que partout ailleurs dans le monde. Elles constituent le rouage incontournable du bien-être de leurs familles et la pièce maîtresse de l’avenir de leurs enfants. Leur avis pèse très lourd dans la gouvernance de leurs communautés et de leurs nations. Cependant, elles sont encore confrontées à toute une série d’obstacles qui les empêchent de jouer pleinement leur rôle potentiel », a relevé dans son avant-propos Geraldine J. Fraser-Moleketi, envoyée spéciale sur le genre de la Banque africaine de développement. 
«Ces obstacles à la pleine participation des femmes sont fondamentalement injustes. Pire encore, ils constituent des freins à la réalisation du potentiel de développement de l’Afrique. L’adoption de mesures visant à combler les disparités fondées sur le genre pourrait générer des retombées profondes et durables», a-t-elle poursuivi.  Ainsi, explique-t-elle, « pour aider à comprendre les dimensions de cette disparité, la Banque africaine de développement publie pour la première fois son Indice de l’égalité du genre. L’indice, qui couvre 52 des 54 pays africains et qui rassemble un grand nombre de données, offre un aperçu des disparités légales, sociales et économiques entre les hommes et les femmes. Ses conclusions vont fournir aux dirigeants, aux décideurs politiques et aux économistes africains, de même qu’à la société civile, les preuves dont ils ont besoin pour commencer à lever les barrières qui empêchent les femmes de contribuer pleinement au développement du continent.»
Si l’Indice est un point de départ en matière de mesure de l’égalité du genre, la Banque africaine de développement « entend associer de nouveaux experts et décideurs politiques, pour continuer d’enrichir et améliorer cet outil à l’occasion des Assemblées annuelles et d’autres événements à venir», assure-t-elle sur son site Internet. 

Alain Bouithy
Samedi 30 Mai 2015

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