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​Le Conseil de Casablanca jette l'argent des contribuables par les fenêtres

1,7 million de DH pour soi-disant former 1.600 fonctionnaires communaux




​Le Conseil de Casablanca jette l'argent des contribuables par les fenêtres
Le chiffre donne le vertige : 1,7 million de DH sera consacré à une session de formation destinée aux   1.600 fonctionnaires du Conseil de la ville de Casablanca et 16 de ses annexes administratives.  Ces derniers bénéficieront d’une mise à niveau de 40 heures s’échelonnant sur deux mois dispensée par un cabinet de formation français dans le domaine des impôts locaux, des biens communaux, des prérogatives de la police administrative et de la gestion des projets.  En d’autres termes, la commune urbaine de Casablanca compte payer plus de 4.000 DH par heure et près de 10.000 DH par fonctionnaire. Des montants faramineux pour une commune qui emploie un effectif de 17.000 fonctionnaires dont une grande partie sont des fonctionnaires fantômes et qui accaparent 44% de son budget. 
Pour certains spécialistes de la gestion locale, cette formation sent le soufre vu les zones d’ombre qui entourent ce dossier. D’abord, son coût exorbitant. «On se demande pourquoi le Conseil de la ville a choisi de confier cette formation à un groupe privé étranger moyennant un prix faramineux alors qu’il aurait pu bénéficier d’une formation à titre gratuit grâce à ses partenariats et conventions avec les collectivités territoriales internationales ou avec l'Association internationale des maires francophones (AIMF) », s’est interrogé Abdelhamid Ennajih, directeur exécutif de l’Association nationale des collectivités locales au Maroc (ANCLM) avant de se demander : « Qu’en est-il de la  direction de la formation relevant du ministère de l’Intérieur qui dispense des formations de très bonne qualité moyennant une simple lettre du maire de la ville au ministre de tutelle pour en profiter ou des formations d’excellente qualité dispensées par l’OFPPT?». 
Ensuite, le timing du lancement de cette formation. « Normalement, les formations sont souvent établies selon les besoins de chaque commune et cela au début de chaque année conformément à un planning bien précis qu’on actualise annuellement. Le hic avec la commune de Casablanca, c’est que la formation en question sera dispensée à la fin de l’année et à quelques mois de la fin du mandat du Conseil de la ville », nous a précisé notre source. 
Enfin, la question de la mobilisation de 1.600 fonctionnaires pour une formation de deux mois se pose avec acuité. « Comment le Conseil compte-t-il gérer la mobilisation de ces fonctionnaires ? Qui va les remplacer ?  Mieux, qui va garantir la présence et l’assiduité de ces fonctionnaires tout au long de cette session de formation? Et qui va assurer le suivi et l’évaluation de cette formation?», s’est demandé Abdelhamid Ennajih. D’après lui, les sessions de formation destinées aux fonctionnaires se sont souvent transformées en lieux de détente et en occasions propices pour échapper à quelques heures de travail. En effet, nombreux sont les fonctionnaires qui pensent qu’ils n’ont plus besoin d’être formés particulièrement lorsqu’il s’agit de formateurs qui manquent d’expérience sur le terrain.  
« Il est clair qu’il y a anguille sous roche. Mais, les responsables du Conseil de la ville vont certainement jouer la carte de la bonne gouvernance et de la mise à niveau des ressources humaines pour donner plus de vraisemblance à leur initiative fort peu orthodoxe. Un argument qui risque de ne pas provoquer de levée de boucliers parmi leurs détracteurs vu que les dilapidations de deniers publics sont quasiment entrées dans la banalité au sein de cette commune », nous a confié un édile de la ville sous le sceau de l’anonymat.  

Hassan Bentaleb
Mardi 11 Novembre 2014

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