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​La peine de mort s’accroche à la vie malgré les moratoires et pressions des ONG

Amnesty International profondément préoccupée par la hausse des condamnations en 2014




​La peine de mort s’accroche à la vie malgré les moratoires et pressions des ONG
Amnesty International s’est déclarée préoccupée par la hausse du nombre de condamnations à mort dans le monde, dans son nouveau rapport mis en ligne hier.  «A la connaissance d’Amnesty International, au moins 2.466 personnes ont été condamnées à mort, en 2014, dans 55 pays. Ce chiffre représente une hausse de 28 % par rapport à 2013, année où 1925 condamnations à mort avaient été recensées dans 57 pays», a souligné le rapport. Et d’ajouter que «cette progression s’explique en grande partie par la recrudescence sévère du nombre de peines de mort en Egypte (où elles sont passées de 109 en 2013 à 509 en 2014) et au Nigeria (141 en 2013 contre 659 en 2014), deux pays où, dans certaines affaires, les tribunaux ont prononcé des condamnations en série ». S’agissant des pays du Maghreb et du Moyen-Orient, Amnesty International s’est dit profondément préoccupée par la situation et a recensé au moins 785 condamnations à mort au cours de l’année écoulée, soit une augmentation de plus de 100% par rapport à 2013, année où l’organisation avait recensé le prononcé de 373 peines capitales.
L’ONG a ainsi enregistré des condamnations à mort dans 16 pays arabes, à savoir le Maroc (9), l’Algérie (16), l’Arabie Saoudite (44), Bahreïn (5), l’Egypte (509), les Emirats arabes unis (25), l’Irak (38), l’Iran (81), la Jordanie (5), le Koweït (7), le Liban (11), la Libye (1), la Palestine (4), Qatar (2), la Tunisie (2) et le Yémen (26).
Par ailleurs, Amnesty International a recensé des exécutions dans 22 pays en 2014, soit autant qu’en 2013. Son rapport précise que sept pays ayant appliqué la peine de mort en 2013 ne l’ont pas fait en 2014 (Bangladesh, Botswana, Inde, Indonésie, Koweït, Nigeria et Sud-Soudan), alors que sept autres ont repris les exécutions (Belarus, Egypte, Emirats arabes unis, Guinée Equatoriale,  Jordanie,  Pakistan et Singapour). Par ailleurs, elle  n’a pas été en mesure de confirmer si des exécutions avaient bien eu lieu en Syrie.
Même si le rapport d’Amnesty International range le Maroc parmi les pays abolitionnistes en pratique, c’est-à-dire «des pays dont la législation prévoit la peine de mort pour des crimes de droit commun tels que le meurtre, mais qui peuvent être considérés comme abolitionnistes en pratique parce qu’ils n’ont procédé à aucune exécution depuis au moins 10 ans», le gouvernement Benkirane tergiverse pour mettre fin à cette situation comme en atteste son abstention lors du vote à l’Assemblée générale des Nations unies le 18 décembre 2014 du « Moratoire sur l’application de la peine de mort». Le président du Collectif marocain contre cette dernière, Abderrahim El Jamai, avait d’ailleurs  critiqué cette position du gouvernement marocain qui «ne l’honore pas ». Le secrétaire général du Conseil national  des droits de l’Homme (CNDH), Mohamed Sebbar a, lui aussi, réitéré la position ferme de cette instance  concernant cette peine. Il a dit, en substance que le CNDH est « parfaitement conscient  que cette question est l’objet d’un  débat et de prises de position contradictoires au sein de la société,  particulièrement face à l’horreur de certains crimes et à leurs séquelles chez  les victimes et leurs proches ». Et d’ajouter que le CNDH « réaffirme sa position appelant notre pays à adhérer au second Protocole additionnel au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, à l’abolition de la peine de mort et à voter en faveur de la résolution de  l’Assemblée générale des Nations unies appelant à un moratoire sur la  suspension de l’exécution de la peine de mort dans la perspective de son  abolition ».  

Mourad Tabet
Vendredi 3 Avril 2015

Lu 473 fois


1.Posté par Belhajilali le 03/04/2015 12:36
La peine de mort est à abolir dans le seul cas des délits politiques où l'atteinte à la sûreté de l'état n'est pas retenue par le parquet.
Pour le reste,terrorisme politique ,islamiste;terrorisme civil...cette peine doit être maintenue.Quiconque tue ou bien a l'intention de tuer ,doit périr... légalement.Tiens! L'expression sonne déjà mal à l'oreille mais la loi doit protéger les citoyens et pour ce faire,il faut bien passer sur quelque chose.
Dés leur deuxième récidive,les narcotrafiquants,les agresseurs,les violeurs ,les pédos...

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